Écrire pour réfléchir

En ces temps où des forces colossales s’unissent pour nous désapprendre à réfléchir, écrire se change en acte de résistance. Personnelle, d’abord, intime. Politique ensuite, parce que ce qui se joue dans nos intériorités est toujours éminemment politique. Ce n’est pas un hasard si les premiers espaces asservis par les totalitarismes sont les espaces de l’intime. Confesser ses démons au prêtre, au Dieu télévisé, à l’agent virtuel, cela revient au même. Celui qui contrôle nos récits intérieurs contrôle notre réalité. Alors que les technobros s’immiscent toujours plus profondément dans nos cerveaux et nos corps, construire une pensée qui nous soit propre, même maladroite, même incomplète, même fausse, vaut mieux que de se plier à l’algorithme et de laisser la promesse du moindre effort nous transformer en carburant pour leurs machines.

Alors j’écris. Je me contredis. Je cherche. Je ne vise rien en particulier, rien d’autre que l’acte même de penser et d’écrire. Parce que c’est le dernier rempart de ma dignité d’Homme et le dernier bastion de ma liberté dans ce monde sous surveillance. Du moins jusqu’à ce qu’ils rendent la pensée autonome illégale.

à lire : Cyberpunk, Asma Mhalla. Chez tous vos libraires indépendants.