Écrire avec l’envie de déverrouiller les portes et de laisser monter des profondeurs de son être, des profondeurs même les plus invisibles de son être, ce qui cherche à se dire et à vivre (parce que dire, c’est permettre d’exister).
Écrire pour (se) dévoiler ses désirs les plus secrets, ceux que l’on préfère soi-même garder dans l’ombre. Écrire pour se confronter à ses peurs les plus terrifiantes. Écrire pour embrasser l’impensable et l’impossible. Pour penser de nouveaux possibles et inventer l’avenir. Écrire pour fouiller dans nos tréfonds et y découvrir les indices de nos tiraillements et de nos espoirs les plus retenus. Pour que jaillisse la lumière sur ces vérités dont nous nous privons nous-mêmes.
Écrire pour mieux percevoir le monde. Pour prendre le temps d’observer toute la richesse des couleurs et des textures et des saveurs et des parfums et des mélodies de nos environnements et de nos rêves et de nos sensations et de nos émotions et de nos sentiments et de nos relations. Écrire pour mieux voir, toucher, goûter, sentir, entendre. Écrire pour mieux se rendre présent. Écrire pour mieux exister, et pour vivre mieux.
Écrire comme en résistance à un monde qui accélère au point d’en devenir invisible.