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Pourtant nous nous racontons qu’il nous faut du temps pour écrire, que nous avons besoin d’être immergés dans le projet, que sinon nous n’arrivons pas à entrer dedans. Alors bien sûr, c’est plus confortable d’avoir du temps (encore que, parfois, ça puisse se retourner contre nous) et c’est agréable de pouvoir voyager dans notre histoire pendant trois ou quatre heures d’affilées. Mais tenir quatre heures d’affilée la concentration nécessaire pour rester au plus proche de l’histoire et des personnages, ça demande un bon entraînement mental en amont. Et cet entraînement se fait en s’habituant à « entrer en écriture », c’est-à-dire se mettre dans un état de conscience favorable à la transe créative, et à y rester. En sortir et y revenir. Y rester 10 minutes, puis 15, puis 20 sans décrocher. Le problème des sessions longues, c’est qu’elles mettent notre acuité à l’épreuve. Écrire une histoire qui se tient, ce n’est pas qu’un exercice d’imagination. Cela demande de faire des allers-retours mentaux entre le passage que l’on imagine et la vision d’ensemble du projet. Ces mouvements nous permettent de vérifier que nous sommes bien en train d’organiser l’histoire et les informations d’une façon qui servira l’expérience de lecture plutôt que d’une façon complètement aléatoire qui exigera une réécriture majeure. Je ne suis pas en train de parler de structurer en amont, mais simplement de garder à l’esprit, pendant que nous écrivons, l’impression générale de l’ensemble, de notre fil conducteur, et de vérifier si les nouvelles informations qui nous viennent pendant l’écriture contribuent à un ensemble qui nous plaît et qui nous paraît logique et qui nous semble aller dans une direction qui nous convient. Cette double présence au texte que nous écrivons et à l’ensemble qu’il contribue à construire n’est pas facile à soutenir sur de longues périodes. Observez le moment où l’écriture vous hypnotise tellement que vous en oubliez votre vision d’ensemble. Observez, à l’inverse, les moments où vous vous préoccupez tellement du « livre » et de sa cohérence que vous perdez le sentiment d’immersion dans le passage que vous êtes en train d’écrire. L’objectifs, pour la majorité de nos sessions d’écriture, c’est de maintenir ensemble et en même temps les deux consciences : l’immersive et la globale. Tout texte est d’abord une expérience d’écriture pour vous, et de lecture pour vos lecteurs et lectrices à venir. Donnez-vous des objectifs clairs d’expérience(s) à vivre et faire vivre avant de vous lancer dans les mots. Ils contribuent à préciser votre vision d’ensemble et favorisent votre sentiment d’immersion. Plus d’infos dans ma vidéo ci-dessous (le texte continue après cet encart) Le bénéfice des sessions courtesEn visant 265 mots par session d’écriture, vous réduisez la friction face au passage à l’acte. Il y a moins à produire, donc moins à concevoir en amont, moins à planifier, moins à vous préoccuper de « réussir » votre session. Au pire, vous écrivez 265 mots qui tombent à plat. C’est plus facile de les ranger dans la catégorie « j’ai au moins appris où je ne voulais pas aller » que si vous aviez mille ou deux mille mots. En 265 mots, vous avez le temps d’explorer un décor et une action, de découvrir une intention de personnage, de rencontrer de nouvelles informations sur votre intrigue si vous créez en écrivant. Si vous structurez à l’avance, 265 mots vous permettent de déployer une puce de votre liste d’étapes. En travaillant par sessions courtes et régulières, vous normalisez le passage à l’acte d’écriture. Ce n’est plus un fantasme, ou quelque chose que vous ferez « quand vous aurez le temps », ça devient un automatisme. Vous écrivez vos 265 mots chaque jour. Parfois, vous n’avez pas de projet et ces 265 mots vous servent d’espace d’expression créative. Ils vous permettent de jouer avec la forme, ou avec des idées, de dessiner des personnages ou des décors, de tester des mini intrigues. Et quand vous avez un projet, ils vous permettent d’avancer et de révéler les questions auxquelles votre projet a besoin que vous répondiez. Dans Sillages, mon essai d’écriture qui vient de paraître, j’insiste sur la nécessité de penser l’écriture comme une pratique, au sens où le zen est une pratique, c’est-à-dire une activité ou un ensemble d’activités que l’on répète chaque jour et qui est sa propre fin. L’écriture cesse d’être un moyen pour atteindre une fin externe (un livre, une publication, un partage, une expression) et devient sa propre raison d’être. La raison pour laquelle j’insiste là-dessus … en fait, il y a plusieurs raisons, mais l’une des raisons, c’est que la pratique de l’écriture me procure un équilibre intérieur, du bien-être, du plaisir, et qu’en même temps le fait de maintenir ma pratique me force à l’engagement, m’oblige à rester conscient de ce qui est important pour moi, de pratiquer en conscience. Et rien que ça, c’est suffisant. Et si c’est comme ça pour moi, je n’ai aucune difficulté à penser (et j’observe) que ça soit comme ça pour certain·e·s d’entre vous. Alors bien sûr, et je le développe dans le livre, cette pratique est indissociable des objets qu’elle produit, mais le livre est comme le fruit de l’arbre, une composante, mais pas sa raison d’être. L’arbre pousse et vit pour lui-même et il se trouve que dans son cycle de vie, il produit des fleurs et des fruits et des branches et de l’écorce, mais même si on le dépouille de ces choses, il reste lui-même, vivant, un arbre traversé par une force vitale. La pratique de l’écriture, dans cette optique, c’est l’arbre. Les livres et les publications en sont les fruits. On peut avoir une pratique hivernale (je file la métaphore) pendant laquelle notre pratique se maintient au minimum, pendant laquelle on n’écrit aucun « livre » et on ne publie pas. Et on peut avoir une écriture printanière, pendant laquelle fleurissent des dizaines de projets, mais ce qui reste, c’est la pratique, qui est une expression de notre force vitale. Ces 265 mots tous les deux jours (j’encourage tous les jours, mais je sais que la vie a une fâcheuse tendance à s’en mêler) constituent une pratique. Oui, ils peuvent aboutir à un roman par an si vous écrivez sur le même projet à chaque session de 265 mots, mais ce n’est pas leur première finalité. Leur première finalité, c’est de vous engager dans votre pratique et d’en récolter tous les bénéfices. Essayez. Essayez pendant un an. Expérimentez d’abord avec la possibilité de ces 265 mots. Quand pouvez-vous les écrire ? Est-ce tous les jours à la même heure ? Est-ce de façon fragmentée ? Comment incluez-vous la réécriture et la réflexion sur leur contenu ? Alternez-vous un jour écriture un jour réflexion, ou est-ce plus mélangé ? Petit à petit, découvrez les obstacles qui s’élèvent, les résistances que vous rencontrez, les doutes, les négociations de votre mental qui ne veut pas de cette régularité (qu’est-ce qui le gêne ?) Au bout d’un an, si vous vous tenez à 265 mots tous les 2 jours, vous aurez écrit 48.362 mots. Je vous mets au défi de n’avoir rien appris sur vous-même, sur ce que l’écriture vous procure et vous apporte, sur ce que vous voulez ou ne voulez pas écrire. Vous pourrez alors décider de continuer ou pas. Mais rien de tout cela n’arrive par accident, il faut le décider, le mettre dans l’agenda, le décider à nouveau chaque jour, et vérifier et renouveler son engagement, ou décider d’arrêter mais sans le subir. Anaël « pas à pas » Verdier PS : Mercredi, sur Youtube, ma prochaine vidéo vous donnera d’autres détails sur ce nombre, comment je l’ai découvert, et comment vous pouvez jouer avec. cette newsletter est gratuite, financée par votre participation à mes formations et vos dons. N’hésitez pas à la partager avec vos amis auteur·ices ou à m’offrir un café. En ce moment Retrouvez mes autres conseils d’écriture sur Youtube. |
Catégorie : Ateliers d’écriture
Depuis 2007 j’accompagne les auteurs dans leurs projets d’écriture. Sur cette page, vous trouverez les différentes formations ou formules d’accompagnement que je propose ainsi que plusieurs articles présentant les principes qui sous-tendent ma pédagogie.
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[CDD] 265 mots
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Le « CDD », c’est le Conseil du Dimanche (qui peut arriver en cours de semaine, voire plusieurs fois par semaine), où je partage mes astuces, outils et anecdotes d’écriture pour vous aider à développer votre pratique singulière et arriver au bout de vos projets littéraires.
Pour finir un projet, il est quasi indispensable de se fixer des objectifs.
Je veux dire, vous pouvez tenter de finir un roman sans passer par cette case, mais ça va être un joli chaos. Vous n’aurez pas de ligne directrice pour vos sessions d’écriture, vous aurez une vision vague de votre progression, il y a de grandes chances que vous perdiez le fil plus d’une fois.
Résultat, vous finirez probablement votre livre, mais vous mettrez au moins trois fois le temps.
Vous fixer des objectifs vous permet de :
- nommer ce que vous cherchez à faire
- évaluer en temps réel comment vous vous en sortez
Nommer
Commencer un projet peut paraître accidentel. Vous avez une idée, vous accumulez quelques textes d’écriture libre, et au bout de quelques mois vous dites : « Hey ! Si j’écrivais un livre à partir de tout ça ! »
Alors vous faites un point plus ou moins vague sur ce que vous avez : quelques personnages et décors, une piste d’intrigue qui vous semble tenir la route et l’envie de passer du temps dans cet univers.
Si vous êtes un peu outillé, vous construisez une structure en trois actes ou une liste de chapitres correspondant aux événements par lesquels vous avez l’impression que votre histoire doit passer.
Et c’est parti.
Ce n’est pas une mauvaise manière de démarrer un projet, mais ce n’est ni la plus sûre ni la plus optimale ni la plus efficiente.
En vous fixant des objectifs, vous allez un peu plus loin. Vous nommez des étapes et chaque fois que vous nommez une étape, vous êtes en fait en train de faire connaissance avec le projet.
Vous dites : « je vais écrire 12 chapitres » et vous donnez un titre de travail à chacun (« la rencontre », « les beaux jours », « de l’eau dans le gaz », « la crise », « la tentative de sortir de la crise », « la rupture », par exemple).
Chacun de ces titres et à la fois une décision : vous voulez raconter cette étape de cette histoire, lui consacrer du temps et explorer ses nuances.
C’est aussi une évaluation : est-ce vraiment la direction que vous avez envie de donner à cette histoire ? Est-ce que ça vous réjouit de raconter ça ? Est-ce que ça vous paraît juste ?
Quand vous hésitez, que vous ne trouvez pas les mots, que vous commencez à vous dire, au septième chapitre « j’en ai déjà intitulé 6, je verrai pour les autres après », c’est l’indice d’une décision que vous n’arrivez pas à prendre et de la nécessité de regarder de plus près les questions que soulève, par exemple, le chapitre 7. Que vous manque-t-il pour prendre la décision ?
Un autre exemple, quand vous fixez votre planning d’écriture et que vous dites : « je vais écrire 1000 mots par jour », par exemple, c’est aussi la décision de votre engagement dans le projet (ce n’est pas anodin de se consacrer chaque jour à une pratique créative) et une évaluation (de votre envie, de ce qui résiste, du temps que ça vous demande de libérer, de vos ressources face aux imprévus du projet).
C’est à ça que ça sert de nommer des objectif : poser et évaluer une envie, la traduire en décision, et vous engager à respecter cette décision.
Pas facile, mais important. C’est un des socles de votre persévérance future.
Evaluer votre progression
Vous tenez un journal d’écriture dans lequel vous notez, pour chaque session, la quantité de texte que vous avez écrite et la façon dont vous avez vécu votre écriture, la façon dont votre perception de votre projet évolue, les questions qu’il vous pose.
Ce journal, vous le mettez en regard de vos objectifs.
Mettons que votre objectif soit d’écrire 1000 mots par jour. Votre journal vous dira si vous avez écrit 728 mots le lundi, 1204 le mardi, 310 le mercredi, 1002 le jeudi et 1011 le vendredi.
Vous verrez que la moyenne n’est pas celle que vous visiez. Ce n’est pas forcément la moyenne le problème, c’est peut-être que votre projet est plus complexe que prévu et que le mercredi vous avez eu besoin de revenir à votre carnet de recherche pour préciser un personnage ou un enjeu et questionner une scène.
L’écriture ne se fait pas que sur la page et s’astreindre à un nombre de mots arbitraire a peu de sens. C’est un outil, le wordcount, une manière de se forcer à dépasser l’inertie et la résistance et la procrastination et l’envie de faire autre chose dès qu’un bout de texte nous échappe.
Se dire « je veux arriver à mille », ça nous pousse à l’action mais il ne faut pas confondre la fin et les moyens.
Pourtant, il importe de mesurer et de confronter nos objectifs à la réalité de notre pratique, et de nous frotter aux questions que cette comparaison soulève. Pourquoi n’ai-je pas atteint mon quota ? Est-ce que j’ai travaillé mais pas sur la page ? Est-ce que j’ai esquivé une difficulté ? Est-ce que je reconnais une de mes stratégies d’évitement ?
Il arrive qu’il n’y ait rien eu d’autre qu’une mauvaise journée, mais souvent, il y a un inconfort face au projet, une direction artistique qu’on n’a pas encore prise, une hésitation qu’on n’a pas encore tranchée, une incertitude que l’on n’arrive pas à dépasser.
C’est à cela que sert d’évaluer notre progression.
Les objectifs d’expérience
Je spoile un peu ma vidéo de mercredi prochain, mais il existe un type d’objectif important, qui n’est pas quantitatif, et qui nous aide à augmenter notre capacité d’action sur la satisfaction que provoque notre écriture, c’est l’objectif d’expérience.
Il s’agit de répondre à la question : « quelle expérience ai-je envie de (faire) vivre ? »
Dans le texte, d’abord, c’est ce que l’on a envie de faire ressentir à nos lecteurs, l’émotion, l’atmosphère, la compréhension qui émanent du texte.
Dans notre pratique, aussi, c’est ce que nous voulons que l’acte d’écrire engendre en nous comme sensations, comme émotions, comme défis artistiques.
Je développe davantage le sujet dans ma vidéo de la semaine prochaine, mais vous pouvez dores et déjà expérimenter avec cette question, et vous appuyer sur vos lectures pour observer comment un texte, en particulier un texte de fiction, c’est d’abord une expérience de lecture.
Anaël « façonneur d’expériences » Verdier
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![[CDD] Découper l’histoire](https://anaelverdier.com/wp-content/uploads/kTScewuXDSmbZWhjqMRCr9.gif)
[CDD] Découper l’histoire
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Le « CDD », c’est le Conseil du Dimanche (qui peut arriver en cours de semaine, voire plusieurs fois par semaine), où je partage mes astuces, outils et anecdotes d’écriture pour vous aider à développer votre pratique singulière et arriver au bout de vos projets littéraires.
Vous connaissez : vous avez une super idée, des personnages et des décors en tête, une piste d’intrigue, vous vous lancez et rapidement il s’avère que l’histoire est plus ambitieuse que vous ne le pensiez.
Et c’est valable aussi bien pour une nouvelle que pour une saga de trois mille pages (même si je ne voudrais pas me confronter au casse-tête d’une saga de 3000 pages !)
Vous réalisez qu’enchevêtrer les différentes parties de votre projet pose des problèmes que vous n’aviez pas anticipés, vos personnages vous échappent, les décors s’effacent à l’arrière de l’arrière plan, et la chronologie commence à vous faire des nœuds dans la tête.
Ça nous arrive à tous !
Personnellement, j’imprime mes manuscrits et les étale sur le sol et les murs pour mieux voir la composition de mes histoires, sinon je ne m’en sors pas.
La technique qui aidera à y voir systématiquement plus clair, c’est le découpage.
C’est en cessant de considérer votre histoire uniquement comme un tout cohérent, et en la voyant comme une succession de segments reliés les uns aux autres, que vous pourrez retrouver un sentiment de maîtrise face à l’ampleur de votre projet.
Une forme connue de cette segmentation, c’est le chapitrage. Découper votre histoire en chapitres revient à créer des unités à l’intérieur du grand ensemble, mais qu’est-ce qui constitue un chapitre ? Comment choisit-on ce qu’on y met ou pas ? C’est souvent arbitraire et pas très aidant.
Je préfère penser en termes d’unités dramatiques, d’intrigues et de sous-intrigues, de séquences à l’intérieur d’une intrigue, autrement dit : en histoires dans l’histoire.
Vous pouvez y penser comme à des quêtes secondaires dans l’aventure de votre protagoniste. Ou des sous-tâches à accomplir pour réaliser son projet. Ou des facettes de sa vie, selon votre sensibilité.
Par exemple, si l’histoire raconte comment votre protagoniste change de vie en déménageant loin et en effectuant une reconversion professionnelle pour, disons, être plus près de la nature, vous savez qu’il aura plusieurs couches à traverser pour réaliser ce projet.
Trouver un lieu, s’adapter à un nouveau rythme et mode de vie, apprivoiser un nouveau métier, puis trouver un job et apprivoiser son nouvel environnement de travail, se faire une nouvelle vie sociale, etc. etc.
La manière dont vous choisissez de décliner l’axe principal éclaire la thématique de votre histoire et son ambiance, mais surtout, cela vous aide à voir les unités autonomes à l’intérieur de la grande histoire.
C’est plus utile que le découpage en chapitre parce qu’une unité dramatique peut être éparpillée dans tout le roman, tandis qu’un chapitre occupe une place fixe dans le livre.
Par exemple, si l’unité « se faire une nouvelle vie sociale » occupait un seul chapitre, disons le 6e sur 12, ce serait bizarre, ça ferait artificiel. Rencontrer de nouvelles personnes, lier une relation, vivre des choses ensemble, puis d’autres, cela demande du temps et de multiples rencontres qui débordent le cadre étroit d’un seul chapitre isolé au milieu du livre.
Relisez le paragraphe précédent : une fois que vous avez identifié les sous-couches de votre histoire, vous pouvez les décliner en situations concrètes. C’est ce que j’ai fait en détaillant ce qui me semblait nécessaire pour raconter avec vraisemblance l’axe « se faire une nouvelle vie sociale » de mon histoire.
Vous voyez comment cet axe est une histoire à part entière, avec ses personnages, ses lieux, ses situations et son potentiel dramatique. On peut créer de l’incertitude et de la tension et des rebondissements autour de n’importe quelle relation, a fortiori une nouvelle relation entre des locaux et un nouvel arrivant.
C’est comme ça que fonctionne le découpage que j’évoquais plus tôt : vous prenez l’ensemble et le regardez de plus près. Quelles parties distinguez-vous ? Lesquelles peuvent fonctionner comme des histoires dans l’histoire ?
Une fois que vous avez fait ça, traitez chacune indépendamment.
N’ayez pas peur de casser l’ensemble. Vous connaissez votre projet, vous saurez utiliser vos personnages et vos décors de sorte à créer du lien entre les différentes sous-parties du texte.
Vous pouvez écrire chaque « histoire dans l’histoire » indépendamment, en finir une avant d’écrire la suivante. Cela vous évite d’avoir des bouts d’histoires qui flottent et occupent votre espace mental créatif inutilement.
Dans mon exemple, je pourrais écrire la totalité de l’unité « vie sociale » avant de travailler sur « l’adaptation à un nouveau mode de vie ». Une fois celle-ci finie, je pourrais me consacrer à « découvrir un nouveau métier (formation) » puis finir avec « découvrir un nouveau métier (job) ».
Cette technique évite de vous embrouiller le cerveau en cherchant à tout faire en même temps, ce qui ne marche jamais très bien. Prenez des notes sur les détails que vous découvrez pendant l’écriture d’une partie pour en intégrer certains dans les autres parties.
Si dans « vie sociale », je découvre un lieu intéressant, je peux le revisiter dans « vie pro » ou « adaptation », selon ce qui est pertinent. Idem si je découvre un personnage. Et si vous êtes déjà à l’aise avec ces aspects-là, prenez en compte l’état émotionnel de votre protagoniste.
Pour ce qui est de la construction, une fois que vous avez les scènes de toutes vos unités, c’est un puzzle.
Pour une bonne partie, la chronologie suffira à dicter où va chaque segment de l’histoire. Certains événements succèdent de manière évidente à d’autres, ou les précèdent.
Pour le reste, ça peut devenir complexe si vous cherchez à façonner des effets narratifs comme des effets d’annonce, des révélations ou de la préparation-paiement. Si vous êtes familier de ces concepts, faites-vous plaisir. Sinon, concentrez-vous plutôt sur ce qui vous paraît le mieux, même si vous ne savez pas trop l’expliquer.
Je récapitule :
- Quelles sont les histoires dans votre histoire ?
- Quelles sont les étapes dont vous avez besoin pour raconter ces histoires ?
- Ecrivez une « histoire dans l’histoire » après l’autre.
- Réutilisez les éléments de chaque petite histoire quand c’est possible.
- Quand tout est écrit, mettez les segments dans l’ordre chronologique.
- Faites-vous confiance pour les autres.
Essayez ça la prochaine fois qu’un de vos projets vous paraît trop compliqué.
Vous pouvez aussi vous entraîner sur les histoires que vous lisez.
Ne surintellectualisez pas le truc, il s’agit au contraire de sortir de votre tête en vous fiant à la structure pour écrire plus librement.
Ne vous souciez pas des chapitres. Soit ils s’imposeront, soit pas. C’est très bien dans les deux cas.
Les avantages de cette technique sont multiples. En plus de ceux que j’ai déjà cités, vous terminerez plus tôt des sections importantes de votre projet, ce qui vous permettra de
- vérifier que votre idée fonctionne et qu’elle vous plaît
- faire lire des textes finis qui se suffisent à eux-mêmes et aller chercher vos premiers retours de lecture
- renforcer votre confiance dans votre capacité à finir le projet puisque vous enchaînerez les blocs achevés plutôt que d’avoir une grosse pelote dévidée qui n’en finit pas de donner du fil
- vous arrêter plus tôt si vous vous lassez du projet ou si vous découvrez qu’il n’avait pas d’être aussi complexe, tout en ayant un ensemble cohérent et achevé (et ça, c’est précieux !)
- vous permettre d’expérimenter plus librement avec la forme, les personnages, la langue, ce qui est plus périlleux sur un projet long
Notez que vous pouvez aussi bien segmenter à la réécriture pour faciliter vos prises de décisions. C’est ce que je fais avec quasiment tous mes romans pour reprendre de la distance par rapport à la matière.
Expérimentez et surtout, amusez-vous !
Anaël « sortez les ciseaux » Verdier
PS : Pour maîtriser le concept d’unité dramatique, commencez par la plus petite de ces unités, la scène. J’ai créé une formation à suivre en autonomie, à votre rythme, pour vous guider dans cet apprentissage. Maîtriser la scène, c’est déjà maîtriser l’histoire. Ça se passe ici : https://anaelverdier.thrivecart.com/ecrire-une-scene/
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[CDD] Continuer à écrire en temps de crise
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Le « CDD », c’est le Conseil du Dimanche (qui peut arriver en cours de semaine, voire plusieurs fois par semaine), où je partage mes astuces, outils et anecdotes d’écriture pour vous aider à développer votre pratique singulière et arriver au bout de vos projets littéraires.
J’ai beaucoup discuté ces jours-ci de la relation entre nos pratiques créatives et l’urgence des crises qui semblent vouloir s’enchaîner. Émotionnellement très affecté par les incendies qui ont ravagé nos forêts, très inquiet de l’avenir, je peux laisser la voix du désespoir me convaincre qu’écrire ne sert à rien et que c’est une activité de confort qui doit se mettre en retrait quand la vraie vie s’impose.
Il y a trop de choses qui ne vont pas avec ces discours pour que je les décompose toutes, mais en clair : bullshit.
Les pratiques créatives, et l’écriture en particulier, s’inscrivent dans le temps long.
Les idées prennent du temps à mûrir, les projets demandent du temps pour prendre forme sur la page, nos compétences demandent des années de pratique active pour être acquises et ne cessent jamais de se développer et de s’affiner.
Cette inscription dans la durée permet à l’écriture de penser le monde autrement que dans l’urgence ou la précipitation. À l’échelle individuelle, cela contribue à apaiser le mental et le corps dans les moments de crise.
En entrant en écriture, vous retrouvez un état plus apaisé.
Je dis « entrer » parce que ce n’est pas instantané.
Cela demande de franchir la première barrière de l’écriture de stress. Réactive, dispersée, dissipée et peu intéressante, elle commente l’actualité et votre stress. Traversez-la.
Ne cédez pas quand votre esprit demande à aller se distraire. Il veut se distraire parce que derrière le stress il y a votre fragilité : sentiment d’impuissance, tristesse, désespoir, colère, qui nous renvoient à votre vulnérabilité existentielle.
En traversant cette vulnérabilité, vous pouvez vous reconnecter avec la magie.
Ce que j’appelle la magie, c’est uniquement la part de votre inconscient, disons votre pensée onirique, qui s’exprime en symboles et en histoires. C’est tout ce que vous vivez intérieurement qui est important, qui est vivant, qui est essentiel, qui est vrai, et qui ne passe pas (ou pas encore) par le langage logique.
Ce sont tous les rêves, toutes les déceptions, toutes les blessures encore ouvertes, toutes les cicatrices émotionnelles et psychiques, tous les espoirs, toute la part de vous non verbale que le quotidien relégue à plus tard.
C’est là que se situe la source inépuisable de votre écriture. Il y a là la raison d’être de vos histoires, leur sens profond, et la raison pour laquelle écrire vous apaise.
Je ne m’attarde pas là-dessus aujourd’hui. Ce que je voulais dire c’est que :
- Écrire compte
- Écrire vous fait du bien
- Écrire vous relie à des parts de vous mieux équipées pour faire face à la vie que le stress ou les boucles d’affolement du mental (vous les connaissez, ces rosaires de pensées répétitives sur « si seulement… » ; « j’aurais dû… » ; « je ferai… », etc.)
Ce sont des réponses suffisantes au « à quoi bon ? »
Prenez du temps pour vous poser avec un bout de papier ou d’écran et écrivez. Observez si les premières minutes sont difficiles. Si vous sentez l’impulsion d’aller faire autre chose, persévérez. Ça peut être long de traverser cette première couche de défense mais c’est la clé.
Ensuite, écoutez la fragilité qui se présente de l’autre côté de l’agitation. Nommez la et basculez tranquillement vers un petit rêve.
Imaginez un lieu (connu ou inventé), un personnage (connu ou inventé), une action, et laissez-vous guider.
Ça peut être cosy, violent, mystérieux, féérique, hyperréaliste, quotidien, extraordinaire, ne portez aucun jugement sur ce qui sort. N’attendez pas ou n’exigez pas que cela se relie à un projet en cours. On est là, dans une écriture de soin.
Concentrez votre attention sur les connexions qui se refont en vous. N’hésitez pas à dire « bonjour » aux parties de vous qui se réveillent et s’étirent dans cet exercice.
Sentez la joie (elle peut être ténue) qui accompagne vos retrouvailles votre « espace d’écriture ».
Faites ça pour vous recentrer, vous rééquilibrer dans l’intensité du stress, ou simplement pour vous évader et penser à autre chose quelques instants et éviter que votre cerveau ne surchauffe à force de tragédies.
Et si l’état du monde ne vous affecte pas émotionnellement, faites-le juste pour le fun !
Si vous avez envie de passer un peu plus de temps avec votre écriture, je propose un atelier le 8 août à 15h pour travailler sur l’écriture de scènes.
La scène, c’est la brique de base, c’est ce qui est nécessaire à toute histoire, indépendamment de votre style d’écriture.
La scène répond à une question simple : comment je raconte mon idée ?
Pendant le stage de nouvelles de juillet, une participante a demandé : « je sais qu’il y a un mariage dans mon histoire, mais je raconte quoi ? »
Cette question se décompose en plein d’autres questions
- Quel(s) décor(s) je choisis ?
- Jusqu’où est-ce que je décris les détails du décor, de la cérémonie, des personnages autour ?
- Comment je garde mon point de vue narratif ?
- Quel protagoniste tient le fil conducteur de la scène ?
- Comment je rends l’action intéressante ?
- Quel rythme je donne à la scène ?
Ces questions se posent à chaque nouvelle scène de votre histoire.
Y répondre vous aide à raconter une scène captivante et chargée émotionnellement.
C’est ce que nous expérimenterons ensemble le 8 août prochain pour que vous vous sentiez plus solide dans vos prochaines histoires.
Lors d’un précédent stage, une participante est venue en me disant « je m’ennuie quand j’écris ». Nous avons travaillé une scène de son roman pour qu’elle ressente quelles décisions un texte exige.
Quand je l’ai revue pour un atelier, elle m’a appris avec joie : « Je ne m’ennuie plus quand j’écris ! »
Trouver de la joie dans l’écriture, croire à ce que l’on écrit parce que nous nous amusons nous-même en l’écrivant, c’est essentiel.
Si vous avez de nous rejoindre, les détails sont là : https://anaelverdier.thrivecart.com/ecrire-une-scene/
Anaël « le magicien » Verdier
PS : Réussir à regagner de la perspective dans les temps d’urgence, c’est ce dont nous avons le plus besoin collectivement. Regarder en face les défis et occuper notre place pour y répondre. Nous qui écrivons des histoires, nous avons la possibilité d’offrir de la perspective, de l’apaisement, de proposer des mondes alternatifs, d’alerter, de façonner des rêves collectifs qui ne soient pas que des évasions.
Chacun trouvera sa raison d’écrire, je crois pour ma part que la fiction offre cette opportunité de sortir du simple commentaire pour élargir le champ de réflexion, d’interprétation et d’action. Apprendre à écrire de meilleures fictions, c’est aussi acquérir les outils pour écrire avec plus de puissance dans un monde piraté par les trafiquants d’angoisse.
Autres actus :
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![[CDD] Ce que les pigeons nous apprennent de l’écriture](https://anaelverdier.com/wp-content/uploads/eBkRwbZF1R2sEygdvd558T.jpg)
[CDD] Ce que les pigeons nous apprennent de l’écriture
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Le « CDD », c’est le Conseil du Dimanche (qui peut arriver en cours de semaine, voire plusieurs fois par semaine), où je partage mes astuces, outils et anecdotes d’écriture pour vous aider à développer votre pratique singulière et arriver au bout de vos projets littéraires.
Des radiologues, pourtant experts, passent à côté d’un tiers des anomalies indicatrices d’un cancer du poumon. En cause, la manière dont les informations transitent de notre perception visuelle (la manière dont la lumière frappe notre rétine) à notre cortex préfrontal (où se construisent nos interprétations conscientes de ce que nous voyons).
Une équipe scientifique s’inspire de la vision des pigeons, meilleurs en perception et traitant l’information sans la filtrer. Plutôt que de limiter les informations visuelles qui montent à leur conscience, les pigeons trient en effet les données en grandes catégories abstraites (de type « nourriture », « danger », « rival », « abri », j’imagine).
Les scientifiques ont entraîné les pigeons à repérer les anomalies sur les radios et les pigeons se sont révélés être d’excellents détecteurs à affections pulmonaires. La prochaine étape, repérer les réactions subliminales des radiologues (en filmant leurs pupilles, notamment) pour les aider à prendre conscience de ce qu’ils voient mais que leur cerveau ne prend pas en compte.
Ce que les pigeons nous apprennent de l’écriture
Pourquoi je vous parle de cette étude ?
Parce qu’en écriture, il se passe la même chose.
Vous avez une connaissance subliminale de votre histoire. Vous avez suffisamment lu et entendu d’histoires pour reconnaître une histoire qui fonctionne, un texte qui emporte un lecteur.
Vous avez une intuition assez construite de l’histoire que vous voulez raconter, de ses personnages, de ses tenants et aboutissants, pour écrire un livre qui nous embarque.
Mais entre cette connaissance intuitive et votre conscience, un tri s’opère à votre insu, qui vous fait passer à côté d’une grande proportion des solutions d’écriture grâce auxquelles vous pouvez transformer un simple texte en texte satisfaisant.
Il y a, entre l’histoire que vous voulez raconter et le regard que vous portez sur vos textes, une myriade de couches de jugements, autocensures, comparaisons, doutes, qui ne servent pas l’écriture.
Passer d’un regard descendant sur le texte à regard remontant depuis le texte
Ma spécialité, depuis bientôt 20 ans que j’accompagne des auteurs et des autrices, c’est de déplacer le regard de vous vers le texte.
Quand le regard est fixé sur vous, la question subliminale à partir de laquelle vous travaillez, c’est « Qu’est-ce qu’on va penser de moi en lisant mon texte ? ».
La conséquence : vous regardez le texte de haut, à distance.
Le glissement de regard que je propose consiste à travailler à partir de la question : « Quelle décision d’écriture est le plus au service de ce texte ? »
Depuis cette posture, vous laissez le texte vous dire ce dont il a besoin, sans jugement ni distance.
En changeant la question, le regard s’ouvre. Vos intuitions cessent d’être bloquées à la porte de votre conscience, et vous pouvez écrire avec justesse et efficacité.
Ce dimanche 28 juin, de 15h à 19h, j’anime un atelier pour expérimenter ce glissement.
Nous partirons d’un texte que vous écrirez en début de séance ou avec lequel vous arriverez, et vous apprendrez à formuler ce qui ne va pas encore dans ce texte.
À partir de là, vous choisirez un axe de retravail, et un seul. Vous fixerez plusieurs éléments du texte et réécrirez à partir de l’axe que vous aurez choisi.
Quand votre texte ne vous satisfait pas, comment trouver le premier axe d’amélioration ? Comment gagner de la capacité d’action sans repartir d’une page blanche ?
Ce sera dimanche 28, de 15h à 19h. Vous repartirez avec une manière simple d’entrer dans vos textes. Inscriptions par retour de mail ou sur :
https://anaelverdier.thrivecart.com/entrer-dans-le-texte/
Anaël « tout est question de regard » Verdier
PS : même si vous ne participez pas à l’atelier, essayez de repérer les moments où vous vous placez en juge de votre texte, et ceux où vous laissez le texte vous souffler la direction à suivre.
Autres actus :
Retrouvez mes autres conseils d’écriture sur Youtube.
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Bonjour,
Écrire n’est pas une affaire de mental. Ce n’est ni la réflexion ni la logique qui font la puissance émotionnelle d’un texte. Ces aspects-là ont une importance si vous voulez créer un ensemble intelligible, mais ils ne sont pas déterminants.
Je n’ai jamais rencontré un auteur qui se soucie que son livre soit compréhensible. J’ai, en revanche, rencontré des centaines d’auteurs qui voulaient écrire des histoires qui touchent leurs lecteurs. Ils veulent émouvoir, laisser une trace dans l’imaginaire de leurs lecteurs. Que leur livre devienne un doudou, un livre de cœur.
Pour y parvenir, il faut écrire avec sincérité. La sincérité a peu à voir avec le contenu factuel de l’histoire, ou avec le fait que vous ayez ou non une expérience directe et personnelle de ce que vous racontez. La sincérité, c’est une affaire de présence.
Êtes-vous présent à vous-même, à vos personnages, aux événements qu’ils vivent, et racontez-vous sincèrement ce qu’ils ressentent, leurs réactions même les moins nobles, leurs fragilités, leurs difficultés à faire face, leurs dénis, leurs colères, leurs joies ?
Pour écrire de cette façon, cela commence par soi. Par vous.
Vous avez besoin de vous relier à un état d’être particulier. De vous mettre dans un état de disponibilité pour ce que vivent les personnages.
Le moment où la logique ou la censure ou le jugement intervient, vous avez perdu le fil.
Recommencez. Cherchez l’émotion. Où se situe-t-elle dans votre corps ?
Comment la reconnaissez–vous ?
Comment pouvez-vous la retrouver ?
Il ne s’agit pas de l’imiter, ou de la singer, au risque de tomber dans la caricature, mais de la convoquer en vous, pour écrire à partir d’elle.
C’est en écrivant depuis l’émotion, qui peut se trouver dans votre gorge, dans votre plexus, votre ventre, votre périnée, dans le bout de vos doigts, que vous trouver la justesse du texte.
La logique et le langage viennent en soutien. Ils sont l’écrin de l’émotion, ils la mettent en lumière et la font briller mais ne s’y substituent pas.
Vous aurez toujours plus de force avec un texte maladroit mais sincère qu’avec un texte parfait qui ne dévoile rien des failles de votre intention.
L’exercice est simple, ce qui ne le rend pas facile à réaliser :
Chaque jour, connectez-vous à une de vos émotions. Celle de votre choix.
Ressentez-la. Ressentez-la vraiment, dans votre corps. Elle doit changer quelque chose dans votre physiologie. Vous donner chaud, vous donner l’impression de vibrer de l’intérieur, vous glacer le sang, hacher votre respiration…
Ressentez l’émotion et accompagnez-la. Observez comment elle réagit, si elle se déplace, si elle diminue, si elle se change en autre chose.
Observez comment vous réagissez. Trouvez-vous cela inconfortable ? Avez-vous envie que ça s’arrête ? Ou au contraire, prenez-vous du plaisir ?
Si vous y arrivez, jouez à amplifier puis diminuer l’émotion que vous ressentez. Transformez-la en autre chose, puis revenez à l’émotion initiale.
Ces entraînements vous aideront pendant l’écriture.
Il ne s’agit pas de décrire les manifestations corporelles de l’émotion, surtout pas.
Il s’agit plutôt de reconnaître ce qu’il se passe dans un personnage quand vous le confrontez à une situation. Il s’agit d’entretenir votre outil (votre sensibilité) pour qu’il soit aiguisé, précis et réactif quand vous en aurez besoin, c’est-à-dire à chaque instant de l’écriture.
En suivant la logique interne des personnages, la structure s’impose, à condition de vous concentrer sur les axes de transformation de vos personnages et de les pousser vers le changement.
C’est là que le choix des situations a son importance. Choisissez celles qui forcent le personnage à s’engager dans la transformation (celle que vous avez choisie), à faire des choix (difficiles), et qui le mettent dos au mur.
Nous aurons l’occasion d’en reparler.
D’ici là, écrivez bien !
Anaël
PS : Ma dernière vidéo postée sur Youtube parle de comment garder confiance quand vos résultats ne sont pas à la hauteur de vos attentes.
PPS : cet été j’organiserai un nouveau stage d’écriture de nouvelles. Si vous voulez en savoir plus, répondez directement à cet email.
Retrouvez mes conseils d’écriture sur Youtube.
