Écouter Mark Hollis sous la pluie

Écouter Mark Hollis sous la pluie, c’est sûrement la meilleure expérience que je pouvais m’offrir aujourd’hui. Je repense à son silence post Talk Talk. Je repense à sa mort, que j’ai apprise par hasard, qui n’a pas fait de bruit. Je sors d’un cycle de vie d’une hyper intensité, très dans le monde, et à l’hiver qui se profile, au retour sur moi et sur l’écriture qu’il dessine.

Les événements de la société me paraissent lointain. Tellement énormes et absurdes qu’ils en deviennent irréels. On croirait de la fiction tant c’est démesuré et déconnecté de la vraie vie. Je me répète une phrase entendue cette semaine, que je déforme parce que je ne retiens jamais les mots, seulement le sens qu’ils ont pour moi : « ça ne m’intéresse pas de collectionner les expériences, ce qui m’intéresse c’est de continuer à me développer ». À cause de l’agitation du monde et de la superficialité des préoccupations médiatiques, je me sens souvent à côté de la plaque avec mon obsession de mon intériorité et du silence mental. C’est à travers ces deux axes que je sens le mieux vibrer l’existence, que je me sens le mieux en résonance avec le sens que peut avoir mon passage sous cette forme terrestre. L’écriture, à la fois sa pratique que la recherche théorique que je mène, le travail de recherche clownesque, ouvrent cet espace et le nourrissent. Entendre ma disposition en écho dans cet échange m’a réancré. Ça a comme balayé l’inquiétude de, peut-être, passer à côté de quelque chose.

Ça m’a redonné l’élan d’approfondir ce travail et de voir où je peux le pousser. C’est de ce travail que je désire remplir le temps et la disponibilité qui s’ouvrent devant moi pour les deux mois à venir.