À quoi tient une rencontre manquée ? À quelles blessures qui se téléscopent, à quelles attentes insatisfaites ? Le script social questionne, mais les croyances individuelles ont aussi leur part. Il y a là matière à écriture et à spectacle. Ce sera l’objet d’un futur texte. D’abord, respecter la règle que je me suis fixé : pas de nouveau projet tant que je n’ai pas fini et livré les projets en cours. C’est la difficulté de la créativité exacerbée : les nouvelles idées se présentent plus vite que la réalisation des idées en cours. Finir pour retrouver et entretenir la tension délicieuse d’une matière qui résiste, d’une forme dont les contours se révèlent en les cherchant. C’est dans cette tension que l’on grandit, que les idées se transforment et évoluent vers des incarnations opérantes susceptibles de changer celui qui les réalise. Aller au bout d’une forme oblige à surmonter des questions profondes. En affrontant les résistances qui nous font face (la matière, quand elle est audacieuse et sincère, résiste souvent) nous découvrons de nouveaux aspects de notre vision du monde et de nous-même. Nous entrons dans une forme d’expansion existentielle qui nous accompagne longtemps après la réalisation du projet. Se poser des questions, c’est donc aussi se frotter à ce que ces questions dévoilent de nos parts d’ombre, de nos croyances et des certitudes qu’elles mettent à l’épreuve.