2026 02 13

Le sang coule noir dans mes veines à force de m’abreuver de cafés trop serrés. Le joual dans mes oreilles, la neige sous les yeux, je mute petit à petit en exilé québécois. Plus de place dans le Zap, va falloir refaire du stock. Mise à jour système. Descendre en soi est une routine quotidienne, un travail laborieux qui demande une discipline rigoureuse, répétée chaque jour dans l’espoir qu’émerge, de temps en temps, à force d’insistance, une étincelle d’universalité. Joyeux paradoxes que celui d’aller chercher l’universel dans le singulier. Si je plonge assez profondément en moi, je dépasse les limites étriquées de mon identité pour accéder à une vérité partagée. Une peine, un espoir, un rêve, une souffrance, une complainte, un cri rempli de vie, n’importe quoi de sincère qui dépasse le cadre étouffant du « je ». Faut s’arracher à la rumeur, s’arracher à l’urgence, trouver les espaces d’apaisement de la surface pour que s’ouvre l’espace qui conduit aux courants secrets par-delà les tourments intimes. Jamais parler de soi n’est parler de moi. Jamais discourir sur le monde n’est un simple commentaire sur son actualité. Tout propos est existentiel s’il est juste. Malheureusement, trop souvent, il ne l’est pas. Il reste en surface, pris dans l’illusion des histoires où se débat l’ego. Ah qu’il est raide le chemin qui mène à l’effacement ! Et chaque jour, repartir de zéro et tout recommencer.