2026 02 07

Le temps qui s’ouvre face à moi promet de belles heures de concentration et d’approfondissement. La nuit est tombée par la fenêtre, a rebondi sur les toits, s’est envolée jusqu’à la lune et aux étoiles. Un fond d’air printanier ferait presque oublié que ce n’est que février, nous rappelle que le monde brûle. Et moi, dans mon petit cocon, je m’enfonce dans la ouate d’une vie sans friction. Ça ne durera pas, mais pour le temps où c’est là, je savoure. Les mots fatiguent. Se hissent avec difficulté jusqu’à mes doigts. Je travaille à d’autres choses. Je travaille à l’argent. Dehors, l’air me fait tourner la tête. Je n’ai sûrement pas assez mangé, pas assez bougé. Je me laisse couler dans le sucré et le doucereux. Tout ça est très 好吃. J’accumule les livres que je ne prends pas le temps de lire. Trop fatigué quand je m’y mets, je m’endors au bout de deux pages. Dommage. En même temps, ils sont rares ceux qui parviennent encore à m’emporter plus que sur une simple curiosité. Je m’accroche. Je vais au bout parfois, et c’est rare que ma première impression s’avère erronée. En fait, je me laisse facilement happer par la facilité du simple divertissement. Ça passera. Je dis ça, la semaine dernière, j’ai lu trois livres. Mais ce n’est plus l’extase que c’était quand, enfant ou adolescent, je traversais la porte entre les mondes et j’étais encore épaté que ce soit possible de mettre les pieds dans une autre réalité comme si c’était la mienne. Le cerveau ne faisant pas la différence entre l’imagination et la réalité (nous vivons dans une simulation), j’ai visité des lieux incroyables. Aujourd’hui, d’autres médias prennent le relais en apportant la fraîcheur, l’innovation narrative et l’immersion que je cherchais dans mes lectures. Les livres jouent un autre rôle. Différent.