La lumière venue de l’est m’éblouit l’œil gauche. Le droit, lui, va bien. Toute la lumière, en fait, vient de la gauche. Je devrais peut-être rééquilibrer. Éviter la migraine. J’aime la pénombre. Elle me garde à l’intérieur de moi. Hier, sur une chaise ancienne posée de l’autre côté de ma table, M. me racontait comment elle descend en elle pour entendre la voix de son corps. L’intelligence de son corps.
Je suis resté assis trop longtemps ce matin, je commence à me sentir coincé. Ce weekend, je danse. Je vais parler à Naomi de mon projet de trouver une forme qui parle de masculinité à l’écart des archétypes, même si l’intitulé du stage, c’est Archétypes (2). Je me demande si on sera le même groupe qu’en novembre. Il pleuvait ce matin. Maintenant, le ciel est dégagé. Ou alors c’est une illusion créée par la lumière rasante du soleil matinal. Le dessinateur cherche son sujet dans le journal. On est entrés dans la fin de la semaine. Demain, je ne viendrai pas, j’ai besoin d’un espace de silence pour accompagner les auteurs. La poésie naît du regard langoureux que l’on pose sur le réel. Tout est dans la langueur, qui est une forme de silence et de ralentissement en même temps que d’intensité soutenue et, à sa manière, bruyante. Beaucoup de formes poétiques contemporaines s’affranchissent radicalement de la ponctuation. Je ne m’y résous pas encore. Je ne sais même pas si j’y aspire.
c’est une manière de restituer l’enchaînement de la pensée et ses arborescence qui sont continuité là où la ponctuation est rupture force la respiration sans ponctuation le souffle est à la discrétion du lecteur sauf si c’est dans le cadre d’une lecture publique bien sûr dans ce cas l’auteur impose quand même sa respiration mais si c’est un texte lu la charge repose sur le lecteur or la charge du souffle = la charge du sens alors c’est intéressant de se demander est-ce que je peux écrire le texte sans ponctuation de sorte à induire tout de même le souffle comme ça le sens que je veux pourra passer ou est-ce que vouloir un sens est illusoire puisque chaque subjectivité projette sa sensibilité sur les mots y compris lorsqu’ils suivent gentiment les chiens de bergers que sont les points et les virgules et les signes plus expressifs de la syntaxe le texte est-il réellement un espace de communication ou celui de la confrontation de deux regards à la recherche de leur reflet
Bon, je m’y suis résolu, à cette lutte contre mes réflexes syntaxiques.