2026 01 21

Je suis seul au bureau.

Il est tôt, ça ne durera peut-être pas.

F. ne vient pas le mercredi.

Je ne viens pas le lundi.

Petit à petit, un rythme se dessine. 2 semaines auront suffit. Dans un mois, nous serons sur des rails. La danse du trio de la salle d’attente aura trouvé sa cadence.

Le lundi, je travaille au plateau. Je cherche, d’ailleurs, une salle où travailler seul les lundi matins.

La fin de semaine, je la consacre aux ateliers et au partage d’expérience entre pairs.

Persévérer dans la recherche artistique est une nécessité personnelle. De plus en plus, cela m’apparaît aussi comme une nécessité politique. Je n’irais pas jusqu’à dire « un acte de résistance », parce que je ne le ressens pas comme ça, mais comme un acte d’incarnation du monde que je désire.

Explorer la frange de l’expression. Trouver une dimension collective à cette expression, qu’elle ne se limite pas à un surgissement narcissique, mais serve de miroir cathartique. Repousser les limites. Casser les codes. Les casser encore.

Dans Frapper le Sol, Céline Wagner écrit « L’artiste sait qu’il n’y a pas d’authenticité en art. Juste le refus d’emprunter un chemin déjà tracé par d’autres. Et le désir de parler à tous ».

Ce qui m’intéresse particulièrement, c’est la recherche d’une expression d’avant-garde. L’avant-garde, d’abord définie par rapport à ma propre pratique. Aller là où je n’ai pas encore été. Aller là où je ne comprends pas encore la forme, le langage, ni leur(s) propos. Aller là où c’est inconfortable pour moi d’être, parce que mes repères ont été brouillés. M’appuyer pourtant sur les fondations solides de mes expériences passées et des mes réflexions sur le métier. Dans la recherche d’une expression singulière il y a la recherche d’un langage qui me rendrait compréhensible au monde, qui me rendrait le monde compréhensible.

C’est à cela que je suis attaché. À cela que je consacre mes ressources, et mon engagement, et ma vie.