Se connaître

De deux choses l’une : ou bien tout a été dit.

Ou bien la reconnaissance est telle que c’est nous et notre incompréhension, notre émerveillement du monde et l’élan sans cesse renouvelé de mettre en commun les aventures d’une existence en terre inconnue.

Et qu’est-ce d’autre, ce monde, qu’une terre dont l’inconnu se réinvente sans cesse ?

Au départ de toute rencontre, il y a une curiosité de l’autre. Un espoir de trouver un écho à notre expérience déroutante du monde, de trouver un miroir pour nos ombres. Là naît une complicité sans égale. Dans la reconnaissance (et la légitimation) de nos zones sombres, de nos bizarreries. Qu’un autre nous dévisage non pas avec un air de dégoût ou d’incompréhension mais avec cette incrédulité du « mais… toi aussi ? » et de reconnaissance.

Être bizarre pour l’autre, c’est sympa. C’est facile de surprendre, mais il y a quelque chose là-dedans qui me maintient sur mes gardes. Jamais complètement à l’aise d’être moi, toujours à l’affût du jugement qui nie, du regard qui invalide.

Être « jumeau », c’est une autre liberté. Celle de s’épancher sans avoir besoin de s’expliciter. Un regard, un soupir. On se comprend sur l’important. Les différences restent superficielles.