« Sois vulnérable », me rappelle Marie-Luce en prévision du clown que je serai le 28 septembre à Rochefort
« Écoute ta sensibilité plutôt que l’auto-protection », me rappelle le tarot que je consulte tous les jours.
Exprimer les choses telles qu’elles existent : une envie, une distance, une impossibilité, un rêve, un désir, une hâte, une curiosité, une tendresse, une liberté. La vie.
« Des mots », chante Yves Simon. « Des mots », ai-je glissé dans un message clandestin.
Les mots qui, bien qu’imprécis lorsqu’il s’agit de rendre compte du réel, parviennent à en esquisser les contours et à en évoquer la puissance.
À nouveau j’écris, libre de mes encombrements passés. À nouveau je vibre, délesté de responsabilités que je rends à leurs justes propriétaires.
Vulnérable, c’est accepter la perte, la rencontre, l’incompréhension, le gouffre, la main tendue, c’est reconnaître son impuissance parfois, et sa blessure, c’est accepter de montrer la fragilité profonde et existentielle et si parfaitement humaine. C’est cela que j’emporte avec mon clown, que je souffle dans mes messages et mes livres.
Loin de la séduction du contrôle et de l’hyper-rationalité.
Loin de la cacophonie de la ménagerie du mental.
C’est dans cet espace qui nous effraie tant, dans la faille de notre humanité, que naît l’art, que naît le sens du monde.