Québec, paradigmes, canicule, décharge mentale

Une heure du matin. L’air frais chasse les derniers restes de la canicule récente. Petit à petit, à pas minuscules, microgramme par microgramme, la charge mentale qui m’écrase s’allège. Ce n’est pas parfait, mais c’est déjà mieux. Bientôt, j’y crois, je pourrai à nouveau respirer. Pas littéralement. Je suis ma routine d’exercices de respiration, je m’hydrate. Je ne prends pas autant soin de moi que tu le voudrais. Je fais de mon mieux dans ce monde vide de tes soupirs. Je questionne mes paradigmes. Plus rien ne tient debout sous mes pieds. La surface de la Terre s’est fendillée. Les fissures plongent jusqu’au cœur et quand elles l’auront traversé, tout explosera. Ou implosera ? Ça revient au même, tout va péter. Je fais style de garder l’équilibre sur cette surface fragile mais j’en mène pas large. Pour m’aider à rester debout dans ces vacillements, j’écoute des artistes québécois. C’est là-bas que je suis né à moi-même. Bizarre de me dire que la version la plus authentique de moi est un gamin de 16 ans traînant ses bottes dans la neige. S’il y a une vérité à mon sujet, c’est celle là. C’est peut-être même la seule. Le reste n’est qu’une succession de compromis et de négociations avec une vie qui exige de moi plus de sacrifices que je ne suis prêt à en consentir.