Failli oublier

Sous l’orage, les mots tombent et dessinent de délicates constellations sur le papier. Le pétrichor chatouille mon épithélium olfactif. Des nuages dérivent, portés par des courants invisibles et rapides. De temps en temps, un éclair zèbre le ciel. Dans ta campagne, tu dors sans doute tandis que je rêve d’ailleurs, de tracer la route et de vivre dans une maison mouvante. Dériver, moi aussi, au gré des souffles de l’air qui attend de m’emporter. Trois ans d’un chantier rigoureux pour réaliser cette ambition. Consolider ce qui a besoin de l’être. Commencer par de mini errances. Allonger la durée progressivement. Embrasser les enfants sur le front, garder une ligne directe avec eux. Puis tracer. Tranquille. Sans urgence ni précipitation. M’épanouir dans la solitude et les rencontres de hasard. Dis, tu viendras de temps en temps ?