Ma rage ressemble à de la nonchalance.
Mon chagrin me sonne.
10 tonnes dans la tempe.
Crochet du droit, uppercut qui te coupe le souffle.
Et mon cerveau qui refuse, qui résiste : « c’est pas vrai, hein, c’était qu’un rêve très élaboré ? »
La tragédie m’a mis K.O.
Pourtant, il faut rester droit, la vie continue, les autres ignorent tout du gouffre qui s’est ouvert sous mes pieds.
Comment pourrait-il en être autrement. Tu n’étais pas pour eux comme pour nous cette présence d’amour et de solidité, ce point d’ancrage dont la présence permettait notre lâcher prise.
Sous ton regard vigilant, nous flottions librement dans ce grand inconnu délimité par la corde et le mur violet (orange, désormais) de ce théâtre caché, le secret le mieux gardé de la ville. Dans ton rire nous poussaient les ailes nécessaires à notre envol dans les états, dans l’incarnation de tout ce que nous disions.
Ta main n’est plus là pour nous retenir, ni tes bras pour nous envelopper.
Ton souvenir reste, joyeux et bien vivant, qui nous souffle ses encouragements à chaque entrée sur scène.