Être en recherche, ça part d’où ? C’est se jeter dans le gouffre de proposer quelque chose sans savoir où cela mène, ni si cela mène quelque part. C’est cultiver un état de curiosité totale. Tracer un trait, un geste, à partir de ce qui se présente, là. Ce qui se présente à l’extérieur, mais surtout ce que ça provoque à l’intérieur. À propos du Butō, Naomi me disait « ce qui le caractérise, c’est qu’il part de l’intériorité ». Le clown, pareil. L’écriture, pareil. Je passe mon temps à chercher des idées ou des impulsions en-dehors quand il faut au contraire que je crée un état de disponibilité intérieure, même si ça veut dire que pendant longtemps il ne se passe rien. Le vide. C’est le vide qui me panique. Que je m’empresse de combler. Être en recherche, c’est contempler le vide plus longtemps que ça n’est confortable. L’immobilité n’est pas l’absence de geste. Elle est définie par la suspension. L’écoute. En apparence, ça peut ressembler à une cacophonie. On peut noircir une page, s’agiter en plateau, on multiplie les tentatives dans l’attente qu’émerge une direction. Quand la direction apparaît, la suivre. La suivre et s’arrêter quand elle s’arrête. On repart dans la recherche. Gribouillage, expérimentations, si-je-fais-ça-ça-donne-quoi, chercher l’accident heureux qui donne une orientation au travail et dévoile non pas une forme (la forme vient après) mais une intention ou plutôt, une justesse. Être en en état de recherche, c’est ça. C’est cette énergie que je dois cultiver en ce moment et assumer et montrer. Pour dimanche, mais aussi pour ce moment de vie.