2026 02 23

Tension. Lutte avec la matière. Attention. Concentration. Hyperfocus. Tous ces termes parlent du travail de création, de la manière dont il m’habite et vient me chercher, en particulier quand l’échéance est courte (3 jours pour chorégraphier une pièce, par exemple). Je perds le contact avec l’extérieur. Je perds la disponibilité sociale. De dehors on peut me croire stressé, parce que je suis tendu, sur les nerfs. Cette tension, c’est le travail qui s’opère, c’est la tension de l’effort de construction, d’analyse, d’ajustements, de recherche. Dans la création, je cherche la justesse. Quelqu’un dans le groupe m’a dit « on cherche la vérité, on ne peut pas se cacher ». Cette justesse là. Pas la justesse technique. Est-ce que ça résonne ? Est-ce que c’est vrai ? Est-ce que c’est fidèle à ce qui vibre ? Même si la vibration est infime, presque imperceptible, c’est elle qui sert de point d’appui au travail. La recherche est à la fois écoute de cette vibration, mise en disponibilité de soi, et recherche formelle. À quoi est-ce que cela va ressembler ? Comment le rythme, les contours, l’enchaînement que je propose, la continuité, les ruptures aussi, reflètent la vibration intérieure. Ça ne peut pas rester que dans la psyché, caché à l’intérieur du corps. Ça veut et ça doit sortir. La tension vise cette émergence.