2026 02 04

Une créature lubrique ! Sentez-la ! Sentez l’odeur de concupiscence qui se dégage de sa forme biscornue, qui suinte de ses sécrétions, de son cuir poisseux.

Imagine ses contours. Imagine son corps. Un sexe énorme. Qui se masque devant tout le reste. Qui inonde tout. Monstrueux. Absurde. Une créature qui assume ça, sa nature hypersexuelle. Pas de honte. Pas le cliché du pervers replié sur lui, qui fuit la lumière. L’opposé de ça. Pousser ça au boute. Exacerber la… presque la fierté du truc. En faire une créature qui, d’abord, peut rebuter, mais qui finit par mettre en évidence nos propres pudeurs, nos automatismes, nos a priori individuels et sociaux face à l’image de notre propre nature sexuelle. Et puis dépasser ça. Dépasser ça pour trouver de la tendresse. Dépasser ça et voir la beauté dans le désir charnel. Quel défi ! Quel programme !

J’ose ? J’ose incarner cette créature sur scène ? En public ? Lui prêter mon corps, lui prêter mon visage, mon nom ? L’ego en moi résiste. L’ego en moi dit « ça va pas la tête ! Tu vas me faire une réputation dégueulasse ! »

C’est ça, le travail, ne pas inviter l’ego dans la décision artistique. Laisser mourir l’image de soi, atteindre la vacuité (無) pour pouvoir endosser un autre corps, une autre identité.

À suivre