2026 01 28 (2)


Je cherche je cherche mais ne trouve pas le chemin qui, dans ma tête, me mettra sur la piste des mots, ceux qui vibrent et qui viennent d’au-delà de moi. Partout dans mes cellules la tension entre esprit et matière. Je vibre de cette tension. Je vibre de cette irrésolution. Je cherche la fenêtre, la porte, la herse, le pont-levis à abattre pour qu’affluent rythme et langue et sens et justesse. « Tu me fais peur » m’a dit A. pendant l’exercice de regard. « Je te fais peur », ai-je répété. Poésie de l’écho. Question du ton qui teinte parfois jusqu’à la trahison la sonorité d’une phrase. Je cherche je cherche mais il n’est pas dans ma tête, ce chemin, mais dans mon corps. Descendre la conscience dans le plexus, dans le ventre, dans le périnée, dans la terre sous mes pieds. Garder le fil tendu au-dessus du crâne, pour rester relié au ciel. Des pétales de fleurs s’éparpillent en neige poudrée dans mes alentours. Je cherche je cherche et c’est ma concentration que je traque comme un braconnier sans vision claire de sa destination. La traque est-elle sa propre destination ? Compte-t-elle plus que la concentration débusquée ? Non ! Seule compte la sculpture du mot et l’objet auquel elle aboutit. Je guette les bruits de la maison, à l’affût des distractions. Je cherche, je cherche et du coin de l’œil et de l’estomac surveille la grande aiguille, minute ma fuite vers les maisons de nourriture pour échapper à la papote et me planquer dans un terrier sucré.