Raconter le manque sans l’obsession ni l’abstraction. Le manque qui n’est pas manque de l’idée de l’autre, mais de sa présence.
Dans ce cas, le manque cesse d’être un vide à remplir pour devenir une attente.
Dans ce cas, dans l’esprit n’existe pas l’idée, toujours déformée par l’imaginaire et une forme d’idéalisation.
L’attente cesse alors d’être un vide dévorant pour devenir le vide serein de l’absence et la promesse d’un moment à venir où le réel se remplira à nouveau de présence. Une présence qui n’est pas anticipée, qui est sans besoin de résultat, sans scénario préécrit.
Dans cette forme de manque, ce n’est pas un besoin obsessionnel qui s’exprime mais le plaisir de s’habiller le cœur pour les retrouvailles et l’envie de la rencontre.
Ce manque, il faudrait trouver des récits pour le faire exister plus fort que l’autre, celui qu’on nous vend dans les mauvais drames et les romances de gare. Il faudrait lui trouver un nouveau nom. Un nom qui célèbre l’absence et la pureté du désir.