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  • [1pàlf] Un atelier et un stage pour écrire à partir de ce qui vous touche

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    Bonjour,

    le printemps arrive et avec lui nos cordes sensibles se dénouent. L’hiver nous pousse souvent au repli et à une forme de minimalisme émotionnel.

    Avec les beaux jours, les nuances reviennent dans notre regard en même temps que les parterres fleurissent et que les terrasses se remplissent.

    C’est aussi parti pour une nouvelle fournée d’ateliers et de stages d’écriture chauds et moelleux comme des petits pains.

    Atelier | écrire à partir de l’expérience sensible

    C’est la saison idéale à célébrer avec un atelier sur l’écriture à partir de l’expérience sensible.

    Je l’ai créé à l’occasion de ma résidence d’écriture à la Corderie Royale de Rochefort l’an dernier, où il a fait salle comble.

    Nous avons souvent l’impression qu’une histoire doit être exceptionnelle pour être intéressante, mais c’est rarement vrai.

    Certaines des histoires qui nous marquent le plus racontent des événements très simples, voire quotidiens. Ce qui les rend singulières, c’est le regard de celui ou celle qui les écrit.

    Peut-être vous est-il déjà arrivé de vivre très fort quelque chose de très simple (une conversation, un paysage, une sensation intime) et de sentir qu’il y avait là matière à écriture, sans savoir quoi en faire.

    L’atelier part précisément de ces moments.

    Encore faut-il apprendre à :

    • capter ce qui vous touche
    • reconnaître le regard de votre sensibilité
    • l’écouter
    • le traduire en mots.

    C’est exactement ce que nous ferons pendant cet atelier.

    Pendant 4 heures, nous explorerons :

    • comment écrire à partir de sensations et d’émotions
    • comment traduire une expérience ordinaire en matière narrative
    • comment trouver votre point de vue singulier et l’exprimer dans l’écriture
    • comment retravailler le texte pour qu’il soit abouti

    Modalités

    📅 : Samedi 21 mars 2026
    ⏰ : 15h – 19h
    💻 : en visio
    👥 : 12 participants maximum, débutants ou confirmés
    📚 : ouvert à tous les genres (poésie, prose, journal, fiction, non-fiction…)
    💶 : 27 €

    Si vous avez envie de tenter l’expérience, vous pouvez vous inscrire ici : https://anaelverdier.thrivecart.com/ateliers-sensible/

    C’est le format le plus accessible que je propose, et une bonne opportunité de découvrir mes accompagnements.

    Ce sera un joyeux moment de partage en hommage au printemps et à l’écriture.

    Stage | Pour celles et ceux qui veulent aller plus loin

    Je propose également un stage d’écriture de nouvelles le week-end suivant.

    Cette fois, pendant deux jours, nous travaillerons la construction complète d’une histoire :

    • quels personnages développer
    • comment rendre les décors vivants
    • quelles péripéties sont nécessaires
    • comment commencer et finir l’histoire

    C’est un concentré de dramaturgie et de narration qui vous aidera à comprendre ce qui rend une histoire captivante.

    📅 : samedi 28 et dimanche 29 mars 2026
    ⏰ : 14h – 18h
    💻 : en visio
    👥 : 6 auteurs maximum
    📚 : pour les auteurs de fiction en prose (autofiction acceptée)(romans en cours acceptés)
    💶 : 160 €

    Chaque participant reçoit également un appel d’accompagnement individuel avant ou après le stage pour travailler son projet.

    Si vous vous inscrivez au stage et souhaitez participer à l’atelier du 21 mars, je vous l’offre. Il vous suffit de m’envoyer un mail au moment de votre inscription.

    Inscription ici : https://anaelverdier.thrivecart.com/stage-nouvelles-2026/

    Un exemple d’exercice

    Pour vous donner un aperçu du travail que nous ferons ensemble, voici un exemple d’exercice proposé dans l’atelier Écrire à partir de l’expérience sensible.

    Je vous demanderai de noter tous les mots qui vous viennent pour parler d’une chose (une situation, une œuvre, un événement) qui vous aura touchée cette semaine.

    Dans ces mots apparaîtront les indices de votre sensibilité,

    la manière dont cette chose vous a touché·e vous, spécifiquement.

    À partir de là commence à se dessiner la conscience de votre regard.

    Face à une image des fonds océaniques, certains écrivent : « angoisse », d’autres « rêve », « infini », « cauchemar », « lumière diffuse », « filaments » [d’algues]…

    Quels mots vous viennent déjà ?

    Au plaisir d’écrire avec vous,
    Anaël Verdier

    PS : dans les coulisses, je vous prépare de nouveaux articles de réflexion et de technique pour accompagner votre écriture, ainsi qu’un guide-compagnon consacré à la construction d’une pratique durable.

    ***

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  • 2026 03 15

    Pas de day off. Rap queb dans l’appart, fenêtres ouvertes, repassage abandonné au milieu d’une manche. Boxers à 3-0 sur les Spartiates. Fenêtres sur ma vie. Ma vie simple. Odeur de savon noir. Troisième café. Minuteur sur 10 minutes. Jour d’élection, jour de sélection. Langue immonde. Écriture fatiguée. Trop préoccupé. Vite, vite, que je termine les projets poussiéreux. Encore quatre post-its avant de souffler et de passer à autre chose. Je me force à ne pas lever les yeux. Un horizon dégagé c’est une distraction au milieu de la masse de trucs à plier. Full focus. Vision tunnel. Faire de l’argent pour faire de l’art au milieu des flammes, bandana sur la bouche pour traverser la fumée. Peindre des lettres avec la suie. 10 minutes écoulées. 4e café. Next task, please.

  • 2026 03 14

    Faire le ménage à l’extérieur pour ordonner l’intérieur. Particulièrement après une grosse période de production en hyperfocus. Particulièrement à l’approche d’une période plus ouverte, avec plus de temps disponible pour des décisions autonomes, qui ne soient pas dictées par les calendriers des rendus ou des stages ou…

    Depuis janvier je me concentre sur le fait de terminer des projets qui prenaient la poussière. J’ai cette tendance à me concentrer davantage sur le prochain projet que sur le projet en cours, comme si attendre pouvait bonifier le projet en cours, comme si j’allais recevoir comme une évidence une soudaine mise en lumière qui m’aiderait à savoir pourquoi le projet n’est pas encore exactement ce que je voudrais et allait me permettre de le rendre … parfait.

    La frustration des projets qui ne sont pas parfaitement là où je le voudrais est motrice des projets suivants. C’est un effort conscient de décider : « ok, ce sera ça sa forme » et de laisser exister le projet. L’écart vient souvent de la distance entre l’intention vague qui nous pousse vers un projet et la matière qui permet sa réalisation. Je le sais. Intellectuellement, ça s’explique bien, mais émotionnellement, ce n’est pas toujours évident à traverser. Ce qui explique les projets qui prennent la poussière. Depuis janvier, j’ai décidé de finaliser les projets en évitant de tomber dans des spirales de perfectionnisme stérile. Je vire les dernières coquilles, je publie ou j’envoie en BL ou j’adresse aux éditeurs, et j’avance. Ma colonne de post-its diminue. Une nouvelle voix se met à murmurer, celle qui rêve aux projets suivants. « Chut, petite voix, ce n’est pas encore le moment de rêver trop fort ».

    J’attrape le nouveau post-it et je me mets à la tâche.

  • 2026 03 13

    Vendredi 13. L’occasion d’ouvrir la boîte à croyances désuètes. On ne passe pas sous une échelle, toujours sortir avec sa patte de lapin, ne pas poser le pain côté croûte (c’est le pain du bourreau et des putes), mon grand-père traçait une croix au dos du pain avec la pointe du couteau avant de l’entamer, pas croiser de chats noirs, pas ouvrir de parapluie à l’intérieur, les petites voix dans ma tête qui me soufflent que je ne suis pas assez méritant pour cette vie, pas assez « winner », que j’écris des trucs pas assez nobles, chez des éditeurs pas assez prestigieux, les doute qui s’insinuent au moindre caillou dans ma chaussure, qui s’invite comme ça, à l’improviste, comme un sale bâtard !

    Sinon, Eric Cantona a sorti un nouvel album, moins cacophonique que le précédent. Moins ma came.

    Je réécoute Asaf Avidan. Et en boucle, cet album de Saya Grey.

    Allez, on s’accroche. Ce weekend je ressortirai mes planches de lino, ça m’apaisera.

  • 2026 03 12

    *Cri* *Voix rauque* *Gesticulations* Le clown s’agite. Il gratte à l’intérieur. « Attends, ce n’est pas ton moment ». Il sait que le maquillage que j’ai commandé pour lui ne va pas tarder à arriver. Je regrette de ne pas avoir pris de couleur verte. J’en ajouterai à l’occasion. Je suis resté sur le classique blanc-noir-rouge, mais pour lui, le vert lézard s’impose. Une copine clown (une coplown ?) qui a découvert ma recherche en cours m’a redit combien celle-ci lui avait parlé. Je ne vois, moi, que ce qui n’est pas encore solide, pas encore assez bien fixé. J’attends d’avoir le budget pour retourner voir Naomi. C’est par le corps que ça passe, pas ailleurs. Ce lien corps-création-écriture, il m’obsède. Je voudrais le pousser plus loin je ne sais pas encore comment. Je cherche à faire écrire le clown mais il se désintéresse du clavier et du stylo. S’il écrit, ce sera en collant ses grosses pattes sur les murs. Peut-être que c’est par là que ça passe : dérouler de longs chemins de papier sur les murs et verser de la gouache dans des plats où il pourra immerger ses mains ? Harry l’a fait, à Castelnau, coller sa main enduite de peinture sur une toile. Si ça lui a plu à lui, qu’est-ce que ce sera pour Le Nouveau ? Comment il s’appelle ? Comment il vit ? L’autre jour, il a parlé pendant que j’étais sous la douche. La Maison s’est mise à rire. Il s’est carapaté à l’intérieur de moi. Ou alors c’est moi qui l’ai rentré en-dedans. Je veux aller plus loin, plus vite. Impatience.

    Les autres voix qui me parasitent le crâne sont celles des projets inachevés. Je me rends compte à quel point ils sont bruyants, ces projets dont je n’ai pas encore arrêté la forme. Ils tendent leurs petites mains fragiles et poussent leurs petits cris aigus qui exigent que je les jette dans le monde. Ils ont envie de ça, d’être mis dans un lance-pierre et propulsés dans le monde à grand coup d’élastique vibrant et claquant. Après, ils me laissent à peu près tranquille. Disons qu’après, la texture de notre relation change. Je m’occupe d’eux mais de plus loin. Ils font leur vie avec d’autres gens, ils sont libres de leurs rencontres et je suis libre de m’occuper des suivants. Ça me convient très bien comme ça. J’y gagne en disponibilité créative et en clarté mentale. Je dors mieux. Je suis plus tranquille. Alors la litanie des post-it jaunes sur mon bureau, faut que j’arrive au bout. Vite. Impatience (bis).

    Sinon, ça va. C’est bizarre ce calme en moi. Plusieurs points solides d’ancrage me permettent d’avancer sereinement vers l’horizon. Marrant.

    Ah, et j’ai nommé un autre truc, sur mon écriture : je suis un auteur du corps, je ne peux pas commencer un texte sans avoir quelqu’un qui ressente quelque chose ; la temporalité de mes histoires est généralement floue, les lieux ne m’intéressent que pour ce qu’ils mettent en écho de ce que vivent les personnages. Je suis les personnages dans ce qu’ils ressentent et comment ces états les mettent en mouvement et en relation (avec eux-mêmes, avec les autres, avec leur contexte). Quand je parle de mise en scène, je l’aborde toujours sous l’angle des « corps dans des décors ». J’écris sur l’intimité, c’est-à-dire l’intériorité, c’est-à-dire la corporéité, et j’écris sur le sentiment d’être à côté (de son époque, de sa société), et j’écris sur les paradigmes relationnels, beaucoup. Déjà à la fac de sciences humaines, ce qui m’intéressait c’était de réaliser que tout ce qui nous paraît évident est en fait un accident historique, l’embranchement qu’a pris une culture à un moment donné factorisé par la durée de son existence, et dans ma recherche artistique j’ai à cœur d’aller regarder là-dedans et de regarder comment ça peut être autrement.

    En toute chose, la diversité est vertueuse. Les monopoles paradigmatiques ou idéologiques m’angoissent. Et autres réflexions.

  • 2026 03 11

    l’objectif de cet espace c’est d’expérimenter avec cette notion d’abîmer le langage que j’ai piquée à Palahniuk. Je suis super mauvais pour ça, mon langage est trop propre. Simple, sûrement, peu raffiné, mais trop académique, trop scolaire. je ressens de la réticence à briser le rythme à créer de la surprise dans la phrase à détourner les mots à heurter la syntaxe. C’est ça que je veux oser et que je n’ose pas. Parce que cet espace est public (c’est pourtant le meilleur endroit pour le faire, en public. Le clown peut m’apprendre des choses sur ce travail. Le clown abîme le réel. Le tord. Le clown vient avec son regard déformant dire mal dire à côté pour dire mieux. En ce moment je cherche à entendre le dialecte de ce clown qui m’habite. Il a peut-être ses mots. Peut-être qu’en fin de journée, il est aplati, pas fatigué, peut-être qu’il se sent tout torsaucissonné à l’intérieur de son corps, sûrement des choses moins mignonnes que ça. travailler le langage c’est travailler le réel, changer la structure du langage, changer la portée du signifiant, ébrécher le miroir parfait que renvoie le réel à notre idée du réel (il y a là une référence à inclure que je n’ai pas retrouvée). Abîmer la structure du langage demande d’abord de lâcher la sensation d’être un mauvais élève. Et d’inventer. Ne pas s’enfermer dans la recherche de néologisme ou le jeu des allitérations trop convenu. Aller chercher ailleurs, mais où ? Comment et pourquoi ? Quelle finalité d’évocation ou d’émotion ? J’ai besoin de jouer et je retombe trop vite dans les règles préétablies, déjà connues d’une langue familière. Le travail est en cours.