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  • 2026 03 25

    à l’intérieur ça se bouscule. les envies, les projets à finir, les nouvelles idées, l’estime, le sentiment de valeur intrinsèque ou son absence, les regrets, les espoirs, les réussites et les échecs. le soleil agite les notes musicales de mon épiderme. petit patapon la planète brûle et les rênes du monde sont tenus avec une vision maximaliste. Rien de bien nouveau. Il est temps de faire du shopping chez les bédouins. S’habituer à vivre sans eau, arpenter le désert, transporter des mètres de tissu pour se créer de l’ombre, vivre la nuit, s’habituer à porter des masques pour filtrer l’air. On pourrait en finir avec le pétrole mais il faudrait renoncer au confort moderne. Plastique, voitures individuelles, 20°C à l’intérieur en toute saison, fast-fashion, livraison le jour même. Aucune friction face à nos caprices. Tout tout de suite au prix (bas, certes) du sang des exploités. je suis fatigué.

  • 2026 03 21

    Printemps. Demons. Mise au propre des notes et des citations de ces derniers mois. Potochkine dans les oreilles. Je mets à jour les pages sur mes pratiques. Grandes pages vivantes. Vrac comme dans ma tête. Dans le futur, je ferai des hyperliens. Ça prend forme. Je découvre les éditions Do et c’est un gros coup de cœur. À l’étage, ça prépare les Escales. J’ai passé la tête par un séminaire IA pour savoir ce qui se prépare et c’était comme entrer dans une dimension parallèle. Je ne distingue plus le haut du bas de cette réalité-centrifugeuse. Je perds la tête. Je perds le Nord et le Sud. Je perds mes mots et toute retenue face à l’absurde nuée aveugle. Ça travaille. C’est là que ça travaille. Dans l’agitation face à un monde qui s’emballe. Dans l’appel à se recentrer. Moi, en premier. Pour le reste on verra après.

  • 2026 03 20

    J’en peux plus des newsletters écrites ou corrigées par IA. C’est pas x, c’est y. Mon Dieu ! Gardez l’inefficacité de l’humain. Je me désinscris et je fais de mon mieux pour casser mon écriture quand j’utilise des structures qui ont été imitées par l’IA. C’est bien là le défi : puisque les LLMs ont été éduqués sur de l’humain, on retrouve les structures syntaxiques de l’IA sous nos doigts sans le vouloir. Il s’agit alors de s’adapter en repérant les schémas récurrents de la voix-machine et les dézinguer quand ils apparaissent dans nos automatismes. Ça va des rythmes ternaires (auxquels je faisais déjà la chasse) aux structures symétriques comme celle que j’ai citée plus haut. C’est aussi une question de fond. Les LLMs ont tendance à simplifier et ne savent pas approfondir sans être fortement pris par la main. Alors ils reformulent et restent en surface parce qu’ils fonctionnent par association statistique. Nous avons cette faculté à l’association symbolique que les LLMs n’ont pas encore. Une idée nous fait rebondir sur une autre, juste parce qu’elles sont de la même famille ou parce qu’une expérience singulière nous a fait les rapprocher. Par exemple, un chat vous fera penser à vos grand-parents ce qui vous rappellera leur jardin et vous amènera au jardinage, aux tomates chaudes du soleil qui les baigne. Le LLMs peut associer le chat et la tomate par accident, mais ça ne sera pas chargé des émotions qu’apporte l’évocation de vos étés chez vos grands-parents, du deuil qui se fait à mesure qu’ils s’enfoncent dans la sénilité, de la réflexion sur votre propre finitude (pire que la mortalité, rester vivant sans être lucide). Et d’un coup, une bouchée de tomate se charge de vie. C’est là-dessus que je veux être vigilant. C’est à ces chemins singuliers de nos cerveaux que nous sensibilise la poésie. Et c’est cette absence de sens profond qui me rend insupportable de « parler » robot. Les gens qui utilisent ces outils perdent souvent de vue que ce qui fait la communication, ce ne sont pas les idées que l’on partage, mais ce qu’elles nous font vivre et ressentir. Plutôt que d’utiliser l’outil par paresse, nous pouvons l’employer pour redoubler d’exigence intellectuelle et émotionnelle. Cela nous pousse à plus de travail, pas moins, mais un travail moins mécanique et plus réfléchi.

  • 2026 03 19

    Sable et sel. Peaux gorgées d’UV. Jean sculpté par l’océan. Les vagues se démultiplient. Transe caféinée. Mille influences en même temps. Surcharge cognitive. Technophilie vs technophobie vs qui a-t-on envie d’être indépendamment de là où va le monde ? La posture artistique m’a déserté. Ma phase de production évince le reste. Ce sont des cycles. Pour l’instant, pas d’histoires mais des mots, des mots et leurs alternatives, des mots et le risque d’un épuisement perfectionniste. Vigilance accrue.

  • [1pàlf] Écrivez à partir de vous-même

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    ***

    Un atelier pour réveiller votre écriture à la sortie de l’hiver, ce samedi, ça vous tente ?

    Bonjour,

    Ce matin, à Demons, je discutais avec Soulcié d’une question simple en apparence :

    Quelle est la différence entre le sujet et le thème d’une histoire ?

    Derrière cette question, il y en a une autre, plus essentielle :

    À partir de quoi écrit-on, vraiment ?

    Pour moi, la réponse est toujours la même : on écrit à partir de son expérience humaine.

    Une histoire devient universelle quand elle touche à un vécu partagé par d’autres humains comme :

    la quête de soi, la rencontre de l’altérité, la conscience de sa propre mortalité, le deuil, le rêve, le désir…

    Une question simple pour penser le thème :

    Qu’est-ce que traversent mes personnages que tous les êtres vivants traversent ?

    On affinera, bien sûr, en fonction de comment c’est vécu par les personnages, mais il faut ce point de départ.

    Une façon simple de faire la différence :

    • Le sujet, c’est ce que je raconte
    • Le thème, c’est ce dont je parle

    Le sujet se lit dans le contexte de l’histoire.

    Le thème n’est pas immédiatement perceptible. Il se trouve dans le sous-texte. Surtout, on le retrouve dans des histoires radicalement différentes.

    Par exemple, je peux parler de la recherche de vérité dans :

    • un biopic sur Socrate
    • une enquête journalistique
    • une romance
    • un roman d’aventure à la Indiana Jones

    Le sujet est propre à l’histoire, le thème traverse tous ces contextes.

    Écrire à partir de soi

    Le meilleur chemin pour accéder au thème, c’est de partir de soi.

    Il ne s’agit pas de raconter votre vie, mais de partir de ce qui, dans votre expérience, vous touche.

    Partez de quelque chose de simple.

    Par exemple, l’arrivée du printemps.

    Puis observez ce qui s’agite en vous :

    • quelles images
    • quelles sensations
    • quels souvenirs
    • quelles idées associées
    • quelles envies

    Accueillez tout sans jugement.

    Ne vous demandez pas ce que vous allez en faire. Ne reculez pas en vous disant que c’est convenu ou « culcul » ou que ça n’intéressera personne.

    L’idée n’a pas besoin d’être séduisante. La matière se sculpte et se module.

    Repérez, dans ce qui s’agite, le fil conducteur que vous avez envie de tirer.

    Comment, en racontant le printemps, vos cordes sensibles entrent en vibration.

    Ce fil vivant vous guide vers le thème de manière empirique.

    Samedi, en atelier, nous verrons comment faire un texte à partir de cette matière

    Pendant 4 heures, à partir d’une expérience simple, vous découvrirez la richesse de votre sensibilité et écrirez sans pression de résultat

    Vous pourrez écrire un fragment poétique ou une micro fiction ou un morceau de journal, toutes les formes sont les bienvenues.

    Vous allez surtout faire l’expérience concrète de comment un thème émerge sans forcer.

    Vous repartirez avec :

    • un texte
    • une matière vivante
    • un fil thématique clair
    • et surtout, une expérience d’écriture ancrée que vous pourrez réutiliser en autonomie.

    L’atelier est en visio (15h–19h).
    Il y a 12 places pour garder un cadre attentif.

    Le printemps c’est la saison du renouveau. Si vous sentez que votre écriture se réveille sous l’écorce de l’hiver, si vous voulez voir quels textes peuvent bourgeonner, ce moment d’écriture partagée s’adresse à vous.

    Vous pouvez vous inscrire ici : https://anaelverdier.thrivecart.com/ateliers-sensible/

    Sinon, aucun souci, relisez cette lettre tranquillement et prenez un moment aujourd’hui pour observer ce que l’approche du printemps remue en vous.

    À bientôt,

    Anaël Verdier

    PS : Si vous sentez que ce type d’exploration demande plus de temps, je propose aussi un stage d’écriture de nouvelles le week-end du 28 mars.

    Deux jours pour entrer dans une histoire et lui laisser l’espace de se déployer.

    (Je vous en reparlerai bientôt)

    ***

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  • 2026 03 17

    Reposé. Question du clown : « tout lui glisse dessus, comment unifier les différents personnages ? » Des moments où ça marche, d’autres non.

    Soulagement des factures honorées. Ne pas négliger l’importance du matériel.

    Bienfait de l’intensité du travail de plateau. Ne pas négliger l’importance du corporel. Ajouter une autre séance de sport dans la semaine.

    Le fil de mon écriture bouge, tortille, change de forme et de couleur. Comme d’hab. Et puis je retrouverai des chemins familiers et ce sera reparti. Pour l’instant je prends soin de l’existante et je réfrène l’envie de partir dans de nouvelles choses.