Catégorie : Journal

Ici, c’est un journal de bord, un outil pour garder pied et garder le cap.

  • Leçons reçues

    « Sois vulnérable », me rappelle Marie-Luce en prévision du clown que je serai le 28 septembre à Rochefort

    « Écoute ta sensibilité plutôt que l’auto-protection », me rappelle le tarot que je consulte tous les jours.

    Exprimer les choses telles qu’elles existent : une envie, une distance, une impossibilité, un rêve, un désir, une hâte, une curiosité, une tendresse, une liberté. La vie.

    « Des mots », chante Yves Simon. « Des mots », ai-je glissé dans un message clandestin.

    Les mots qui, bien qu’imprécis lorsqu’il s’agit de rendre compte du réel, parviennent à en esquisser les contours et à en évoquer la puissance.

    À nouveau j’écris, libre de mes encombrements passés. À nouveau je vibre, délesté de responsabilités que je rends à leurs justes propriétaires.

    Vulnérable, c’est accepter la perte, la rencontre, l’incompréhension, le gouffre, la main tendue, c’est reconnaître son impuissance parfois, et sa blessure, c’est accepter de montrer la fragilité profonde et existentielle et si parfaitement humaine. C’est cela que j’emporte avec mon clown, que je souffle dans mes messages et mes livres.

    Loin de la séduction du contrôle et de l’hyper-rationalité.

    Loin de la cacophonie de la ménagerie du mental.

    C’est dans cet espace qui nous effraie tant, dans la faille de notre humanité, que naît l’art, que naît le sens du monde.

  • Distances

    Relatives, subjectives, courtes, longues, infinies, interminables, physiques, temporelles, émotionnelles, internes, externes.

    La distance juste c’est celle que l’on habite pleinement, sans la fuir, sans la romancer, sans nier l’écartèlement qu’elle engendre.

    Il existe distances qui effacent le désir et des distances qui l’excitent.

    Dans la distance à soi-même, on apprend à se repérer. Pendant des années, il est possible de nous chercher entre les venelles torves de notre inconscient. Osons alors descendre dans les profondeurs de notre honte d’être, de n’être que nous-même, pour découvrir la noblesse qu’il y a à être pleinement nous-même, sans artifice ni excès.

    Alors, rejaillir, dégoulinant de liquide amniotique à nouveau.

    Vivant à nouveau après des années à attendre la mort.

  • Passer du temps avec toi

    Lire un livre que tu as aimé.

    Écouter ta musique.

    Flotter dans ton parfum.

    Marcher dans tes pas.

    Effleurer ta main.

    Soutenir ton regard.

    Prolonger tes silences et m’y plaire.

  • États d’agir

    Du clown je retiens la nécessité d’un « training », une mise en énergie, une entrée dans l’espace interne (headspace) qui préside à l’action créative.Quels états pour l’écriture ?

    Quelle pratique m’y amène ?

    Quelle disponibilité me permet de l’atteindre ?

    Méditer. Revenir au corps.

    Être à l’écoute des sensations, des impressions, des émotions. Méditation, connecté aux espaces intérieurs.

    Descendre en soi.

  • Brassées

    tempête-réveil
    ta main brûle encore
    ma paume
    rivière ancrée
    volcan ouvert
    vent fou
    voltige dans les interstices
    et puis retombe,
    nu.

  • Féérie

    Clochettes. Perce-neige. Chouettes chouettes qui hululent dans la nuit éclairez le chemin vers les royaumes oubliés où s’égayent fées et lutins. Maîtres et maîtresses faes, recevez l’humble offrande de mes rêves. Prenez les rênes et guidez-moi loin des lumières criardes de ce monde assourdissant, au milieu des brumes et du silence mousseux de votre pays. Prenez, je m’abandonne. Guidez. Où vous me mènerez j’irai.