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J’aime ce rush, cette petite pression pour finir, qui me met dans un tunnel d’indisponibilité et concentre mon rapport au monde. Moins de flottement. Moins de temps pour les pensées qui brassent, les pensées qui questionnent. Faut faire le travail, rien d’autre. Musique. Calme autour. Le chien de S. à mes pieds dans la salle d’att’. J’avance dans le manuscrit, je tourne les pages. Je relis (encore) et j’applique des corrections. Le texte est abouti mais il y a toujours des petits trucs que je peux améliorer. Des changements imperceptibles souvent, une description un peu plus précise, un dialogue mieux rythmé. Ce n’est pas « wow, c’est tellement mieux maintenant », mais des petits détails qui feront la différence. Je ne me perds pas dans les fioritures (pas le délai pour ça), mais je profite des derniers jours avant l’envoi pour améliorer encore le texte. Après, je n’y touche plus. Et dans la dentelle de mai, je me faufile entre les lignes, je fais en sorte de bosser quand les autres non, c’est même encore plus confortable comme ça. Le calme ambiant me porte et me pose, ça m’aide à me concentrer.