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Un peu de vanité, parfois, pour donner un coup de boost. Quelqu’un qui aime un texte, qui me remercie pour mon travail. Des témoignages de la valeur que je peux apporter. Ça aide à garder le cap. On le dit, en cours de management, je crois, qu’il faut valoriser les collaborateurs. Il y a sûrement des gars qui ont optimisé ça, avec des feuilles de calcul boostées à l’IA, qui savent quand et comment et à quel sujet et à quelle fréquence lâcher un mot d’encouragement, un « merci », pour optimiser le rendement des travailleurs. Dans le travail artistique, c’est plutôt par vagues que ça se passe. Pendant longtemps, tu travailles derrière des portes fermées avec un regard d’exigence, des pairs qui t’aident à aller plus loin techniquement, le nez dans la mécanique du texte ou du spectacle. Puis tu montres le résultat, tu te baignes d’applaudissements (idéalement), tu prends les quelques encouragements que tu peux recevoir, et c’est reparti pour un tour. Il n’y a pas d’optimisation de l’encouragement, juste l’exigence, assez de bienveillance vis-à-vis de toi-même pour accepter la temporalité capricieuse du projet, les frictions avec la matière et la frustration qu’elle engendre, le perpétuel sentiment d’insatisfaction parce que rien de ce que tu produis n’est jamais la reproduction parfaite de ce que tu portes pourtant dans tout ton être.

Je continue mon tunnel de réécriture, entrecoupé de quelques vacances scolaires et des heurts de la vie humaine. Je n’avance jamais assez vite à mon goût, mais j’avance.