Comme souvent, et comme c’est l’heure des grands ménages, je cherche un nouveau prestataire pour mes newsletters. Kit est devenu trop lourd, trop complexe et me frustre. C’est une petite frustration, mais répétée semaine après semaine. À mesure que je cherche à limiter mes outils et simplifier mes process, pour m’extraire de la course à la puissance (des machines toujours plus puissantes, ça n’a pas de sens si mon activité principale c’est l’écriture), l’envie de quitter Kit me démange de plus en plus.
Le soleil n’en finit pas de briller (je note ça pour les mauvaises langues qui disent qu’il pleut tout le temps). J’ai re-migré au bureau après 3 semaines à bosser de la maison. Ces ruptures de routine ne me réussissent pas vraiment.
À mesure que je me re-coule dans ma peau de romancier, j’aspire à simplifier le reste de mes activités. Je clôture les projets qui n’auront pas lieu, faute d’envie ou de ressources. Je fais le vide dans mes archives (c’est fou le nombre de vieux trucs que l’on entasse), je recycle ce qui mérite de l’être et je détruis ce qui peut l’être. Gagner de l’espace m’allège. Tout ça donne une bonne vibe printanière. C’est le renouveau, on abandonne le confort des terriers d’hivernage pour mieux se jeter dans l’été.
Pendant ce temps, de l’autre côté du globe, c’est l’hiver. Je trouve toujours ça fascinant, de penser qu’il y a toujours une moitié de la planète en hiver et une moitié en été. Comme une respiration constante, un hémisphère inspire, l’autre expire, puis ça s’inverse, une forme d’équilibre est conservé.
Ici aussi j’aspire à la simplification. Je cherche une interface plus lisible, plus textuelle, comme un long rouleau que l’on pourrait faire défiler jusqu’au plus ancien des messages que j’ai posté ici. Ça me fait penser que je publie sur Internet depuis 1997 environ. Sur des forums, des bbs, des yahoo!Groups, des blogs, des embryons de sites, les premiers pas de Twitter, Tumblr. 97. Presque 30 ans. Et il en reste quoi ? Mais j’aborde ces espaces comme des moments de spectacle vivant. Vécus dans l’instant et captés. C’est comme une scène ouverte, avec ses moments forts et ses moments oubliables. Je ne sais pas où je vais avec cette observation.
Simplifier, pour moi, dans ce contexte, c’est limiter les distractions, redéfinir des cadres clairs à l’intérieur de mes journées, des rendez-vous : le mardi, la newsletter, le matin, le blog, etc. Scinder le temps avec des intentions plus lisibles, pour mieux finir les projets et leur donner une chance d’exister dans le monde.