2026 03 11

l’objectif de cet espace c’est d’expérimenter avec cette notion d’abîmer le langage que j’ai piquée à Palahniuk. Je suis super mauvais pour ça, mon langage est trop propre. Simple, sûrement, peu raffiné, mais trop académique, trop scolaire. je ressens de la réticence à briser le rythme à créer de la surprise dans la phrase à détourner les mots à heurter la syntaxe. C’est ça que je veux oser et que je n’ose pas. Parce que cet espace est public (c’est pourtant le meilleur endroit pour le faire, en public. Le clown peut m’apprendre des choses sur ce travail. Le clown abîme le réel. Le tord. Le clown vient avec son regard déformant dire mal dire à côté pour dire mieux. En ce moment je cherche à entendre le dialecte de ce clown qui m’habite. Il a peut-être ses mots. Peut-être qu’en fin de journée, il est aplati, pas fatigué, peut-être qu’il se sent tout torsaucissonné à l’intérieur de son corps, sûrement des choses moins mignonnes que ça. travailler le langage c’est travailler le réel, changer la structure du langage, changer la portée du signifiant, ébrécher le miroir parfait que renvoie le réel à notre idée du réel (il y a là une référence à inclure que je n’ai pas retrouvée). Abîmer la structure du langage demande d’abord de lâcher la sensation d’être un mauvais élève. Et d’inventer. Ne pas s’enfermer dans la recherche de néologisme ou le jeu des allitérations trop convenu. Aller chercher ailleurs, mais où ? Comment et pourquoi ? Quelle finalité d’évocation ou d’émotion ? J’ai besoin de jouer et je retombe trop vite dans les règles préétablies, déjà connues d’une langue familière. Le travail est en cours.