Ah les saisons de la vie d’un homme, comme son cœur enfle et se rétracte à mesure que ses préoccupations dégonflent et enflent, comme son univers s’élargit ou se concentre à la largeur de son regard dans ce monde aux rivières d’argent aux horizons fiscaux plutôt qu’artistiques qu’il est difficile d’avoir l’âme d’un saltimbanque on vous demande si l’on peut rester bohème toute sa vie on vous reproche d’être allergique au confort bourgeois et de fuir tout ce qui ressemble au franchissement du monde des adultes sans voir que ce monde n’est qu’un autre modèle de trompe-l’œil peint sur la rétine des gens ah les saisons de la vie d’un homme quand les profondeurs des comptes en banque deviennent la mesure de toute chose que les innovations techniques supplantent l’émerveillement face au miracle d’être en vie heureusement il reste l’art il reste le clown il reste la poésie.