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Remettre de l’intentionnalité dans mon parcours. Saisir les opportunités. Des dessins partout sur les tables, les dos d’enveloppes, les vieux textes, les vieilles factures, sur des post-its. Des textes empilés à terminer. Des projets en pagaille qui demandent un peu d’organisation et d’ordre, un peu de pragmatisme. Trop peu d’heures dans une journée. Encore moins si l’on compte les heures effectives, celles où la concentration et l’énergie se rencontrent, où la clarté d’esprit est présente, suffisamment du moins pour qu’émerge quelque chose. Esquiver les distractions, la tentation de rester en surface (« et si j’affinais ma stratégie »), aller au charbon.

Poser des mots.

Tous.

Les.

Jours.

Et les publier. Et les envoyer. Et recommencer. J’ai assez de matière pour trois mois. Assez de projets initiés pour tenir l’année, un peu moins. Aujourd’hui, je me sens à la fois à un tournant et dans une continuité.

Elle est bizarre, cette expression « c’est un tournant », parce qu’elle n’évoque pas vraiment un changement de cap. N’importe qui ayant emprunté un jour une route de montagne sait combien les tournants peuvent nous amener à notre destination initiale. Quand on dit « il est à un tournant de sa vie », ça implique généralement une rupture, une bifurcation conduisant à un nouveau point d’arrivée.

Pour moi le tournant aujourd’hui est plutôt comme un changement de file. Mon attention se (re)concentre sur mes projets littéraires, une décision déjà prise, sans être pleinement actée. Disons qu’elle était actée de fait, qu’il faut maintenant que j’ai l’audace de l’officialiser. Réduire à un jour par semaine le temps consacré aux ateliers et accompagnements. Disons 5 à 15 heures par semaine, le reste du temps allant à l’aboutissement et la promotion de mes livres en cours et existants. Et une journée, toujours, consacrée au clown. Voilà, ne tournons pas autour du pot, disons les choses.

Pour les 21 prochains mois, ce sera là qu’ira mon attention.