Il y a des journées de down qui surgissent sans vraiment de raison. Trop décentré, peut-être. La chaleur, c’est possible. Un manque de repos. Le sentiment de ne trouver sa place nulle part, qu’aucun projet n’aboutit, de passer trop de temps dans le messy middle, dont les frontières ne cessent de reculer. Un coup, c’est le milieu de la création, un coup c’est l’attente entre la fin de la création et l’envoi des projets. Ou juste un dérèglement du corps parce que j’ai mangé trop tard, hier, parce que je n’ai pas respecté mon rythme interne en me forçant à rester productif au-delà de mes capacités d’endurance. Ou juste parce que, je ne sais pas, les étoiles, la lune, la qualité de l’air, la danse de mes hormones. Je ne comprends pas tout à ces mouvements qui m’agitent, me bercent parfois, me secouent, m’élèvent, puis m’écrasent. D’un coup, plus rien n’a de sens, plus rien n’en vaut la peine. Parce que trop peu de choses aboutissent, parce que l’aboutissement que j’attends n’est pas celui que je désire, parce que parce que parce que parce que… Ce matin, ma pensée a rebondi sur un article à propos de Lalaland, sur une compréhension incomplète de mon travail de comédien, sur mon sentiment d’illégitimité, d’insuffisance, d’autodésertion. L’existence, une grande farce absurde. Vide de contenu. Beaucoup d’agitation en surface pour un simple jet de dés. Pourtant, hors de question d’abandonner. Je suis trop orgueilleux pour en finir prématurément. Alors, apprendre à vivre quand même. Vivre avec ce vide. Vivre avec l’absurde. Me révolter ? Contre quoi, l’univers ? Ah !