24.5.23

Le vide d’après, c’est une bonne source de procrastination, ça.

Là je sais ce que j’ai. Le projet en attente. Le projet qui va prendre du temps. Le projet qui pourrait être fini en un mois si je me bougeais. Rien ne m’empêche en fait de m’y mettre à fond. De m’enfermer dans ma bulle, pas d’internet, pas de distraction, juste moi et le projet et 3-4000 mots par jour. Hop, 100.000 en un mois. Un petit mois de réécriture. Fin de l’histoire.

Mais je n’aime pas cette version. C’est pas que ce soit difficile de faire ça. C’est que c’est difficile de me dire qu’après c’est back to square one. Back to uncertainty. Une autre incertitude. Celle de savoir sur quoi je travaille maintenant, comment j’avance, dans quelle direction.

Je ne pensais pas que ça me pesait autant. Je veux dire, je sais que l’incertitude me pèse. J’ai choisi cet inconfort, pas de problème. J’aime pas mais c’est un maigre désagrément pour la liberté qu’elle permet. C’est plus que ça m’a surpris de ressentir avec autant d’évidence que, oui, c’est une source d’évitement. Que là, je suis bien. Je vis ma meilleure vie comme on dit. Il y a un éditeur qui attend mon texte, je suis payé pour. C’est assez idéal.

Je n’avais pas compute que de l’autre côté, quand le texte sera rendu et le contrat rempli, ce sera le vide. Je ne sais pas s’il y aura un autre projet avec lui. Peut-être, peut-être pas. Je ne sais pas quand. Je sais juste qu’une fois ce projet rendu, je redeviens un auteur en prospection avec cette question latente, toujours : « et si je ne trouve rien d’autre ? » qui, pour absurde qu’elle soit, m’empêche de dormir sereinement.

J’ai fait un grand pas ce matin en mettant le doigt là-dessus.

Parce que maintenant je peux travailler sur cette sensation. J’allais dire cette crainte. Ce n’est pas juste une crainte, c’est une expérience que je connais bien, cette expérience d’être « en prospection ». Je ne sais pas encore ce que je vais faire pour me la rendre moins bloquante, cette période qui s’annonce. Je trouverai. Je trouve toujours.

Ce dont je suis curieux maintenant c’est de savoir si cette réalisation (et le travail d’apaisement qui va suivre) vont changer ma manière de travailler, ma rapidité et mon efficacité. Je me demandais pourquoi j’étais si lent. Si distrait. Je sentais bien que ce n’était pas le projet le problème, le projet est cool, l’histoire est claire, les persos bien définis, ma méthode solide.

À suivre.

Projet Alfred : [wppb progress= »35/100 épisodes » location=inside]

Dehors : Le printemps n’en finit pas.

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