2026 03 14

Faire le ménage à l’extérieur pour ordonner l’intérieur. Particulièrement après une grosse période de production en hyperfocus. Particulièrement à l’approche d’une période plus ouverte, avec plus de temps disponible pour des décisions autonomes, qui ne soient pas dictées par les calendriers des rendus ou des stages ou…

Depuis janvier je me concentre sur le fait de terminer des projets qui prenaient la poussière. J’ai cette tendance à me concentrer davantage sur le prochain projet que sur le projet en cours, comme si attendre pouvait bonifier le projet en cours, comme si j’allais recevoir comme une évidence une soudaine mise en lumière qui m’aiderait à savoir pourquoi le projet n’est pas encore exactement ce que je voudrais et allait me permettre de le rendre … parfait.

La frustration des projets qui ne sont pas parfaitement là où je le voudrais est motrice des projets suivants. C’est un effort conscient de décider : « ok, ce sera ça sa forme » et de laisser exister le projet. L’écart vient souvent de la distance entre l’intention vague qui nous pousse vers un projet et la matière qui permet sa réalisation. Je le sais. Intellectuellement, ça s’explique bien, mais émotionnellement, ce n’est pas toujours évident à traverser. Ce qui explique les projets qui prennent la poussière. Depuis janvier, j’ai décidé de finaliser les projets en évitant de tomber dans des spirales de perfectionnisme stérile. Je vire les dernières coquilles, je publie ou j’envoie en BL ou j’adresse aux éditeurs, et j’avance. Ma colonne de post-its diminue. Une nouvelle voix se met à murmurer, celle qui rêve aux projets suivants. « Chut, petite voix, ce n’est pas encore le moment de rêver trop fort ».

J’attrape le nouveau post-it et je me mets à la tâche.