La Révolution des Zèbres se commande désormais en librairie. Aujourd’hui commencent 4 jours de création butô, que j’inscris dans la continuité de la forme que je suis en train d’imaginer en clown, autour du thème d’être vu, vraiment vu, ce fantasme qui me pousse à créer sans cesse, à entrer en relation sans relâche. L’espoir qu’un jour quelqu’un pourra voir mon essence en même temps que mon apparence et me dire qui je suis. Le fond est là. Dans un reflet sans cesse changeant, dans les œillères qui m’empêchent de me voir pleinement, je peine à me reconnaître. C’est comme disait Camus dans l’un de ses Carnets, et que je paraphrase, si le moi du matin et le moi du soir sont à l’opposé l’un de l’autre, auquel puis-je me fier ? Dans une newsletter la semaine dernière je lisais « je ne peux pas me fier à mon esprit nocturne, cette voix qui me réveille à 4 heures du matin et me chante la litanie de mes échecs » (encore une paraphrase), « j’ai appris à, juste, l’ignorer ». Je vois bien les constantes dans mes obsessions (l’art, l’expression, l’écriture, les relations, l’intensité émotionnelle) mais aucune ne suffit à me définir. Je vois mes comportements, je vois mon tempérament, mais ça n’est que l’enveloppe. Ils changent aussi vite que la météo, ils changent en fonction de mes humeurs ou du contexte social, par exemple, ou de la qualité de mon sommeil. Cette question de « est-ce que vous me voyez vraiment ? » c’est l’obsession que j’explore avec le clown. Avec, en sous-texte, cette idée que si j’arrive à savoir qui je suis, je pourrai concentrer ma vie sur ce point au lieu de me disperser, ce qui est un autre fantasme.