Catégorie : Journal

Ici, c’est un journal de bord, un outil pour garder pied et garder le cap.

  • Entre-deux

    Entre deux projets, il y a le vide. Le vide et l’attente. C’est une attente qui n’a pas de visage, pas de forme. On attend. « Qu’attends-tu ?
    —Je ne sais pas.
    — Comment sauras-tu que tu as fini d’attendre ? »

    Haussement d’épaules. Je le saurai parce que je serai à nouveau entraîné par l’évidence de la clarté, comme un élan qui m’emportera et donnera sens au quotidien.

    En attendant, je savoure les petites choses. Réparer un four, regarder la pluie tomber, écouter le chant des oiseaux, apprendre de nouvelles choses. J’ai conduit un scooter pour la première fois le mois dernier, et je me suis mis au Kung fu, comme Marina dans Semaines Père.

    Recommencer à écrire. Même pour dire que je n’ai rien à écrire — alors que j’ai tant à écrire ! Plus d’histoires que je n’arrive à en produire !

    Je cherche quelque chose comme une justesse qui n’existe pas. Ou plutôt, qui existe mais en mouvement constant. Elle s’éloigne, se rapproche, s’éloigne à nouveau. Je ne cherche plus à l’atteindre. J’apprends à ne plus la convoiter. À accepter ce qui se présente et à l’apprécier. Les histoires vivent ensuite leur vie avec les lecteurs.

    Dans cet entre-deux, ce n’est pas la justesse que j’attends, c’est le prochain élan sur lequel elle cherchera à se greffer. C’est comme un état de flottement que je peux accompagner d’une réflexion consciente, de décisions intentionnelles : qu’ai-je envie de créer maintenant ? Où est le prochain défi que je veux relever ?

    Après avoir fait sauter plusieurs des verrous qui gardaient ma créativité enchaînée, vers quelles expériences ai-je envie d’aller ?

    C’est tout l’enjeu de cette rentrée.

  • Les ateliers en Octobre 2023

    Les ateliers en Octobre 2023

    Après plein de changements dans ma vie, après la livraison du projet Alfred (un long et éprouvant marathon d’écriture), c’est reparti pour une nouvelle saison d’ateliers.

    Si le calendrier des stages de nouvelles n’est pas encore défini, Octobre est déjà bien parti :

    Le lundi, j’anime un atelier narration sur le thème du Show and Tell. L’atelier est complet.

    Le samedi 15, à 15h, j’anime en présentiel à la médiathèque de Mérignac un atelier sur le thème « Quartier(s) d’Enfance ». Nostalgie joyeuse et sensations à la pelle ! L’atelier est gratuit. Inscriptions auprès de la médiathèque tant qu’il reste des places.

    Le mastermind est plus vif et dynamique que jamais. On a trouvé un bon rythme de croisière et maintenant je peux me concentrer sur de nouvelles ressources et la mise en expansion de l’existant. En Octobre, je collecte des exemples de techniques narratives dans divers textes de la littérature.

    Je prépare le retour du Podcast.

    Et un manuel de caractérisation de personnages basé sur l’atelier du printemps dernier.

    Tout ça en octobre, oui oui.

    En Novembre, le focus ira au Nanowrimo — productivité, chasser la procrastination, gestion de projets, négociations avec le censeur interne.

    Côté écriture, je replonge dans de vieux projets que j’ai envie de ramener sur le devant de la scène. Let’s go, comme on dit.

    Mon mot d’ordre en octobre sera efficacité 🙂

  • Q4 2023

    Q4 2023

    Le dernier trimestre de l’année commence.

    Le premier trimestre si on compte en années scolaires.

    Dans les deux cas, c’est une période importante pour les indépendants. L’opportunité de poser de nouvelles intentions, d’établir un axe de concentration pour clôturer l’année sur une note enthousiaste. Le dernier segment de route pour sprinter et atteindre ces objectifs qui ont glissé sur le bas-côté.

    Il est temps de

    1) faire un bilan de ce qui a été oublié.

    Je voulais publier 3 livres cette année. J’en ai fini un énorme (134.000 mots !) qui m’a pris 6 mois de travail exclusif. J’en ai d’autres sur le feu, de la fiction et de la non-fiction. 3 mois pour les finir, ce n’est pas impensable. Ça me demandera une excellente organisation. Je sais faire. Reste à voir si je déciderai de le faire.

    J’ai abandonné mon podcast pendant l’écriture. J’avais annoncé 100 épisodes. Je me suis arrêté à 51. Je voudrais finir les 49 épisodes restants avant la fin de 2023. En reprenant mon rythme d’un épisode par jour (hors weekend), ça rentre tout juste.

    Pour faire de la place à l’écriture et à des trucs qui s’agitaient en moi qu’il fallait que je digère, j’ai diminué le nombre de mes ateliers. J’avais des choses à interroger sur mon écriture et mon rapport à l’écriture. Je reviens de 6 mois de mon marathon rempli d’une détermination toute neuve. J’ai déjà signé 3 interventions en médiathèque et une collaboration avec le théâtre du chapeau sur le thème « Clown et Écriture », sans compter mon mastermind et mes ateliers thématiques. Ça va être un beau chapitre pour les ateliers !

    2. Une fois que le bilan est fait, je me concentre sur ma vision

    Où je veux être dans 5 ans ? Qu’est-ce qui a bougé depuis la dernière fois où j’ai fait cet exercice ? Quel genre de vie ai-je envie de vivre au quotidien ? Quelle trace ai-je envie de laisser dans le monde ?

    Ma réponse fluctue.

    Dans cinq ans je veux être plus haut que jamais sur le chemin de ma notoriété de romancier… avec encore un chemin énorme à parcourir.

    Je veux arpenter le monde en nomade, sans attache géographique.

    Un road trip d’Est en Ouest au Canada serait une bonne manière d’incarner cette vision.

    Au quotidien, si j’écoute mon cap intérieur (en gros, ce qui me plaît), je veux une vie où je décide de mes horaires, où je travaille à mon rythme, qui alterne entre longues périodes d’immersion et longues périodes de relâche. Je veux me fixer mes propres objectifs. Je veux écrire, créer, ouvrir des chemins de création pour d’autres en facilitant le passage à l’écriture et à la maîtrise de leur écriture, ce fin fil entre décision consciente et surprise offerte par l’inconscient.

    Ce n’est pas tant la réponse qui fluctue que ma force de détermination. Les doutes sont fréquents : « Est-ce que je vais y arriver ? » ; « Mes circonstances sont-elles un trop grand frein ? » ;  »

    Ce n’est pas inhérent aux métiers créatifs. C’est valable pour toutes les démarches entrepreneuriales. C’est même devenu valable dans tous les corps de métier j’ai l’impression. Trop de pression. Trop d’inflation. Trop de priorités en conflit les unes avec les autres. Me rappeler cet axe : j’écris, je communique, j’accompagne les auteurs, je suis le maître de mes journées (c’est moins sexy que ça en a l’air, ça veut souvent dire que je travaille 12 heures par jour sans certitude de rétribution, mais à l’inverse, je peux prendre une journée en milieu de semaine pour me détendre si je me sens à bout, ça s’équilibre).

    Quant à la trace que je veux laisser ? Si je le prends comme les valeurs que je veux incarner, que je veux que mon travail reflète, je dirais une certaine approche ludique de la vie. On est là pour jouer, pas pour souffrir. Une légèreté, une facilité à pardonner, le goût de l’exploration et de la découverte et de l’effort, une certaine magie dans le regard, une belle qualité d’attention (pas forcément sur de longues périodes mais intense quand elle est là), et accompagner des vocations d’écriture, aider à construire de belles carrières, contribuer à faire fleurir de belles plumes, audacieuses et vulnérables.

    Les obstacles sont multiples. Rien d’exceptionnel là-dedans. Alors le mental joue. Il faut prendre soin de mon énergie, me rappeler régulièrement que le chemin en vaut la peine, que ce n’est peut-être pas le plus facile mais c’est celui qui me convient le mieux.

    C’est comme quand on est en montagne et qu’il est tard, qu’il commence à faire froid, à pleuvoir, que nos jambes ont du mal à nous porter. Il est facile de se dire « pfff, à quoi bon grimper sur cette montagne ? Je pourrais être bien tranquille dans mon canapé à la maison ».

    Le problème c’est que dans le canapé à la maison, on s’ennuie. Le paysage n’est pas aussi beau et notre corps s’ankylose.

    3. Je fixe mes objectifs pour le trimestre

    Une fois que j’ai fait le bilan et redéfini ma trajectoire, je décide où je vais mettre mes efforts ce trimestre. Je n’ai pas envie de me laisser seulement porter. J’ai envie d’agir. De me dépasser. De me donner des défis et de les surmonter ou d’échouer mais en ayant tout donné.

    J’échoue beaucoup.

    Ça ne me pose pas de problème.

    Quand on regarde les statistiques des athlètes, on retient les buts marqués, les matchs remportés. On ne regarde pas le nombre d’échecs. Les tirs tentés qui n’ont pas aboutis. Mais tous les meilleurs athlètes essaient plus qu’ils ne réussissent. Ils tirent et le tir est bloqué. Ils tirent et ils visent mal. Ils tirent et la glace ne porte pas le palet comme ils le voudraient.

    La citation la plus connue de Wayne Gretzky, c’est « Tu rates 100% des tirs que tu n’effectues pas ».

    Un moyen de dédramatiser l’échec et de dézinguer la peur qui y est associée.

    Chuck Palanhiuk le dit en d’autres termes : « Tout n’est qu’expérimentation ». On tente des choses. Certaines fonctionnent, d’autres non, le résultat compte moins que la découverte, le plaisir de tenter quelque chose de neuf.

    Cet état d’esprit est au cœur de toute démarche artistique. De toute démarche indépendante, en fait. Quand nos actions ne sont pas dictées par les objectifs d’un autre (patron, ministère, église, mentor, modes, habitudes), on n’a d’autre choix que de se jeter dans le vide. Ça demande une certaine curiosité et une acceptation du risque d’échec.

    Mais entre l’échec potentiel et l’échec vécu, il y a une nuance. Celle de l’émotion ressentie. De la déception d’avoir investi de son temps et de son énergie dans un édifice qui ne tient pas debout.

    Quand je me fixe mes objectifs, il y a tout ça. Ça fait bientôt vingt ans que je fais ça. J’ai développé une certaine familiarité avec l’échec. À force je ressens plus de lassitude, plus de difficulté à me relever. Le danger est là : dans le fait que le confort nous empêche de nous lancer. Je ne dis pas que ça doive être inconfortable. On travaille moins bien dans le manque que dans l’abondance. Je parle du confort psychique, émotionnel, qu’il y a à rester dans ce que l’on connaît déjà. Ce confort-là, c’est la mort de l’acte créatif, qui consiste justement à tester ses limites, à élargir ses frontières.

    En posant mes objectifs, je veille à trouver un équilibre entre la prévisibilité de ce que je connais d’un côté, et la prise de risque qui consiste à essayer quelque chose de nouveau.

    Alors quels sont mes objectifs pour le prochain trimestre ?

    • Terminer le podcast. (49 nouveaux épisodes d’ici le 31 décembre)
    • Terminer le premier jet du projet RoadTrip (Atteindre 50.000 mots d’ici le 31 décembre)
    • Publier le manuel tiré de mon atelier d’écriture sur les personnages (d’ici le 15 octobre)
    • Apporter ma meilleure énergie dans mon atelier sur le show don’t tell et tous mes ateliers (venir avec une intention claire au début de chaque séance)
    • Me remettre dans les Larmes Félines pour en reprendre la publication au printemps 2024 (le texte actuel est en lecture chez ma ß)
    • Remplir mes ateliers d’écriture (Ça demande de risquer de me mettre certains abonnés à dos parce que je vais produire davantage de contenus, c’est aussi en créant des contenus de plus grande valeur que je vais le faire)
    • Reprendre en main ma communication d’auteur. (publications sur les réseaux sociaux ? contacts avec des éditeurs ? des chroniqueurs ?)
    • Choisir une pratique corporelle et m’y tenir au moins trois heures par semaine pour éviter la sensation de désincarnation qui me prend souvent en début d’aprèm après trop de temps passé dans ma tête. (J’expérimente avec le Wing Chun et le Qi Gong)

    Quelque chose comme ça.

    Comme tout ce que je fais, c’est flexible, ouvert au flow. Si j’ai une nouvelle idée en cours de route — ce qui arrivera, c’est certain — je me donne la liberté de lâcher un de ces objectifs et de me concentrer sur autre chose.

    Pour moi c’est là le point le plus important. Ces moments de détermination d’intentions sont programmatiques autant qu’ils constituent un outil de découverte. Découverte de moi, de ce qui est juste en moi, de ce qui est vraiment important (ce qui fait naître en moi un mélange d’excitation et de résistance, souvent).

    Je pars de ces moments de recul pour ajuster mon cap. J’avance, puis je m’adapte en fonction de ce qui émerge.

    Prochain point fin décembre/début janvier.

  • 2023 08 17

    23088 mots en 12 jours.

    De grandes étendues de nature où me dépenser après mes intenses séances d’écriture.

    Encore 12 jours. Midpoint de ma retraite (pas du projet, là, c’est le dernier sprint. 5 mois de travail non stop, 20 épisodes par mois à part en juillet où je n’en ai écrit que 10.)

    C’est la première fois que je porte un projet d’une telle ampleur. Tout ce qui a précédé m’a préparé à pouvoir l’honorer.

    Midpoint aussi de ma vie. On le sait depuis 18 mois, que je suis en brouillon.

    Je n’ai jamais été aussi proche de vivre ma vie telle que je la rêvais.

    J’ai commencé comme ça, par une année sabbatique. 9 mois consacrés à la rédaction de mon premier roman. Full time.

    Maintenant comme à l’époque, ça ne suffit pas.

    Maintenant, contrairement à l’époque, je ne suis pas excité à la perspective de ma carrière qui commence, un peu fier, un peu inquiet.

    Maintenant, je suis un peu blasé. Je fais le job et je me dis que je commencerais bien autre chose. Une autre carrière. Moins sédentaire.

    À l’origine, le rêve c’était un mélange de création et de voyage. Corto Maltese comme avatar de l’homme que je cherchais à devenir.

    Il paraît qu’on me voit comme l’aventurier que je rêvais d’être. À cette nuance près que mes voyages sont immobiles, mes explorations intérieures et relationnelles, mais essentiellement statiques.

    Alors j’ai décidé de foutre en l’air le château de carte. Je vends tout.

    Je donne tout.

    Je commence autre chose.

    Je n’arrête pas d’écrire mais je démarre une nouvelle carrière. Quelque chose où je serai à nouveau débutant. Où j’ai tout à apprendre. Le savoir-faire comme le savoir-être. Une carrière avec un horizon large large large. Du boulot à la pelle et de vastes perspectives d’évolution. Vastes au sens où les embranchements possibles sont nombreux. Ce qui laisse beaucoup de place à l’aventure, à la découverte, aux fausses pistes, aux retours en arrière.

    Ça me rappelle l’une des deux histoires qui a marqué mon enfance : Le Piège à Ennui. C’était l’un de ces petits « romans » jeunesse publiés dans des périodiques mensuels. L’histoire d’un roi qui avait tout. À qui l’on faisait cadeau d’un Piège à Ennui perpétuel. Il s’agissait d’une Quête. La quête d’une fleur qui n’existait pas. Toute sa vie, le roi échoue. Il expérimente. Il passe à côté. Il apprend la botanique et les greffes, il délaisse ses anciens jouets pour se consacrer à cette recherche.

    Finalement, dans son vieil âge, il réussit et décide que, maintenant, il est prêt à s’ennuyer.

    Bon. Cette nouvelle carrière c’est mon piège à ennui. J’ai déjà tout ce que je voulais.

    Je fais partie d’une génération qui a été encouragée à suivre sa passion, à structurer sa vie autour de sa passion.

    Nos parents étaient passés à ça de le faire. Ils avaient découvert qu’ils avaient le droit de rêver leurs vies mais tout restait à inventer : comment fait-on ça, « rêver sa vie » ? Ils ont essuyé les plâtres et nous ont confié le plan. À nous de bâtir la machine.

    Peu importait la validation sociale, la réussite financière, mieux valait une vie épanouie de bohème qu’une réussite sociale vide de sens.

    Ce qu’ils ignoraient. Ce que nous avons découvert, c’est que la passion ne suffit pas. Ce n’est pas qu’elle ne dure pas. Je suis plus passionné par mon métier aujourd’hui que je ne l’étais à 20 ans. C’est quelque chose comme … une étincelle a été cultivée en nous. L’étincelle qui pousse à chercher, fabriquer, rêver, traquer, désirer toujours l’état de passion.

    Pas le résultat de la passion.

    Pas la pratique passionnée.

    Non, la recherche elle-même est devenue notre objectif.

    On a un moment de désarroi quand, en plein dans la réalisation de notre rêve, en plein dans notre vie idéale, on se rend compte d’un désir qui nous taraude : « qu’y a-t-il de l’autre côté de la prochaine butte ? »

    On se dit « il y a un problème. Je devrais être content d’être arrivé là ».

    Le secret est de réaliser que cette aspiration perpétuelle n’est pas le problème, c’est la réponse.

    Vivre c’est désirer, et réciproquement.

    Cesser de chercher la satisfaction, se réjouir de la recherche.

    Finir les projets, s’investir dans ce que l’on entreprend, bien sûr, et emporter tout ça avec soi comme un bagage du cœur sur les chemins de traverse qui nous mènent de l’autre côté de la prochaine butte, justement.

    Bref. Je change. J’accepte cette voix qui appelle en moi, qui appelle la nouveauté, qui appelle la découverte, le renouvellement de moi. Cette voix qui s’appelle passion. Cette voix qui s’appelle désir. Cette voix qui dit « je vis ! »

    Ce projet, c’est un secret.

    Je le préserve comme une braise qu’il ne faut pas exposer aux quatre vents sous peine qu’elle s’éteigne.

    Le temps venu, je soulèverai les pans du mystère.

    En attendant, j’ai un roman à terminer.

    Projet Alfred : 86/100.
    Dehors, d’où je tape ces mots : la montagne, le soleil couchant qui me caresse la joue, l’odeur de la mousse et du pin trop sec.

  • 7.8.23

    Les semaines se suivent sans se ressembler. Quelle aventure que cette écriture marathonienne.

    Longtemps que je n’ai plus eu envie d’écrire ici. Pas seulement un manque d’envie mais un repli de l’écriture sur elle-même. Peut-être qu’elle était plus dure, qu’elle avait besoin de mûrir dans son coin. Peut-être, simplement, qu’il y avait trop de poids sur mon esprit et que je n’avais pas l’espace pour, en plus, penser. Je ne prétends pas comprendre ce qu’il se passe en moi.

    J’ai commencé ce projet à la montagne il y a 6 mois. Je suis de retour, installé sur la même banquette, pour le finir.

    Isolé mais pas trop. En retraite pour le sprint final de la rédaction. Ensuite viendra le travail éditorial puis ce sera le grand vide.

    De ce temps un peu fou ne resteront que quelques mots sur des pages virtuelles, quelques émotions qui traverseront la vie d’inconnus. Je passerai à autre chose.

    J’ignore quoi. Le grand large.

    Cette semaine, l’Éveil de Shakti ressort sous label Vivlio Studio.

    Je l’aime tellement cette histoire ! Elle condense mon obsession pour les relations non conventionnelles, pour la sagesse du tantra, pour la vraie inconditionnalité de l’amour, pour l’exploration amoureuse et intime, pour l’épanouissement par la sexualité décomplexée, libre et joyeuse.

    C’est un livre sur le tantra, un peu. C’est surtout une histoire de rencontre avec soi-même pour mieux rencontrer autrui.

    C’est une histoire qui raconte la beauté des frictions.

    Aujourd’hui j’ai été ému jusqu’à fleur de cœur par le plus récent texte d’Élodie Lauret.

    J’y ai retrouvé la douceur de la nostalgie joyeuse, celle qui célèbre le passé qui est le chemin qui nous a permis de devenir qui nous sommes.

    J’ai voyagé en la lisant au royaume de mes seize ans. Les rues enneigées de Montréal, les amitiés à la vie à la mort, les longues marches et les discussions plus longues encore à une époque où le monde nous paraissait infini et nos vies offertes au mystère d’un avenir aussi vertigineux qu’il était libre.

    Je retrouve ces sensations aujourd’hui, à 41 ans. Cette sensation que tout est possible, cette excitation d’une vie encore à construire. N’est-ce pas cela, le grand défi de l’existence ? Ne jamais cesser de rêver et de se mettre en mouvement pour la réalisation de nos rêves ?

    Allez, je retourne écrire !

    Projet Alfred : 71/100 (dernière ligne droite)

    Musique : Mandarine, Les Innocents.

    Dehors : il pleut sur la montagne silencieuse.

  • À l’aventure

    Depuis combien de temps suis-je complaisant ?
    Depuis combien de temps n’ai-je pas tout lâché pour me jeter dans l’inconnu ?

    On dit « c’est la maturité qui fait que l’on réfléchit davantage aux conséquences de ses actes ».

    Je crois que c’est une forme de paresse. On sait mieux que peu de choses sont vraiment risquées. On sait aussi mieux combien la plupart sont éprouvantes, et, à l’arrivée, décevantes.

    « Tout ça pour ça ? »

    C’est oublier que c’est le chemin qui compte. Pas parce qu’il est particulièrement plaisant mais parce que c’est dans l’expérience que l’on est vivant. Partir à l’aventure, c’est ça le sens de la vie. Le reste n’est qu’un joli habillage jeté par-dessus nos renoncements.

    Je m’arrache à l’écran et je repars dans le monde.