Catégorie : Journal

Ici, c’est un journal de bord, un outil pour garder pied et garder le cap.

  • Le bruit et le monde

    Une vie sans silence, une vie sans solitude est une vie où l’on ne peut pas construire sa propre pensée.

    Consommateur des idées des autres, soumis aux impératifs arbitraires répétés à longueur de spot publicitaire par les propagandistes de toute les allégeances.

    L’esprit, mon esprit, a besoin de bulles d’isolement, que dis-je, de planètes entières où errer sans croiser âme qui vive. Parce que ma vie intérieure est bien assez vivace pour alimenter mille incarnations.

    D’où, la mer.

  • (Ré) Invention

    Se trouver.

    Se connaître.

    S’approfondir.

    Trouver de nouvelles choses pour se stimuler. Pour se rencontrer. Pour se consolider.

    Ce matin je refais quelque chose que je faisais, que je ne fais plus. M’asseoir dans un café pour réfléchir.

    Ça ne marche plus. Ça me crispe.

    J’aspire au silence.

    À l’horizon. Au large. Symbolique ou littéral. Symbolique ET littéral.

  • Écrire pour avancer

    Ne pas s’entendre penser, c’est aussi le fait de la cacophonie. L’écriture, à cause des contraintes du langage, oblige à mettre de l’ordre.

    Au début, les mots se révèlent poussifs. Ils rechignent à sortir. Ils peinent à s’aligner.

    En persévérant, ils se chargent de nuances, de textures. Ils deviennent plus riches et les pensées qui les accompagnent s’affinent. Les sensations naissent ou rejaillissent en pleine lumière.

    Il faut de la patience.

    Il faut une pratique, lente, régulière.

    Et du silence, même si ce n’est qu’une petite poche.
    ******

    (je n’ai pas retrouvé la source de cette BD)

  • J’arrive pas à m’entendre penser

    La complainte revient dans les pages de mon journal de bord, lancinante. Un truc en lien avec mon indécision (ou qui cause mon indécision). En mastermind aujourd’hui, c’est revenu en écho dans la bouche d’une amie. L’écho, c’est presque une validation qui donne une forme de légitimité à s’entendre : « Je ne suis pas seul ».

    Je vis la nuit à la recherche de pistes, de réponses qui m’échappent. « Et Maintenant ? »

    Et maintenant ?

    L’impression d’avoir vécu ce que j’avais à vivre, mais il reste du temps.

    Je sais mieux ce que je ne veux pas, moins ce que je veux. Alors j’essaie de m’entendre penser.

  • Retrouver le chemin

    Retrouver le chemin

    On est déjà lundi ! J’ai passé le weekend à chercher à retrouver le chemin de mon écriture créative. Après une nécessaire et salutaire pause d’écriture de presque 2 mois, j’ai senti remonter l’envie d’un désir toute la semaine dernière. Je ne peux pas dire que ça a été facile. Je me suis agité, énervé, j’ai rencontré beaucoup d’impasses, je me suis entendu penser « et si c’était fini ? Si je n’avais plus rien à raconter ? »

    J’ai décalé mon rythme de sommeil (la nuit a toujours été une bonne compagne d’écriture, sûrement parce que le reste du monde dort et que le silence (au sens large) s’installe). Finalement, c’est en passant par le visuel que c’est revenu.

    Hier j’ai fait des listes (des mindmaps, vraiment) — ça fait longtemps que je n’ai pas mentionné cet exercice : on fait des listes des choses qu’on aime, qui nous font peur, qui nous rendent triste, joyeux, qui nous mettent en colère — c’est notre matière première, une source à laquelle on peut piocher en étant à peu près sûr qu’elle va nourrir notre créativité.
    J’ai changé un peu le cadre, j’ai fait : « ce que j’aime », « ce qui me fait peur et/ou que je déteste », « ce sur quoi ça me ferait du bien d’écrire »
    Et, parce que j’ai un genre en tête, une autre sur le genre lui-même.
    Ça a commencé à bouger des trucs.
    Je fais ça avec de la musique et avec un film muet, de la musique et un film qui nourrissent habituellement ma créativité. En même temps, j’ajoute des parfums qui me portent.

    Je me suis un peu endormi. Dormir (ou ne pas dormir) et rêver ont toujours été des piliers de mon écriture.

    Je n’ai pas trouvé l’histoire par ce biais-là mais j’ai décidé de faire des moodboards. J’avais pris quelques décisions sur le sous-genre que je voulais et sur une certaine esthétique (encore floue mais qui commence à se préciser). J’ai été sur Pinterest et j’ai collecté une grosse centaine d’images, que j’ai assemblé dans des montages sur :

    • Les personnages principaux
    • L’univers
    • Le ton général
    • L’intrigue (trèèèèès vaste)
    • L’émotion dominante de la fin

    C’est visuel visuel visuel.

    J’ajoute quelques mots clefs que m’évoquent les montages et les images. Ça m’aide à faire du lien.

    J’ajoute des citations que je choppe à droite à gauche — dans ces moments-là je papillonne beaucoup, j’ouvre des livres, je lis deux pages, je passe à autre chose, je lance des films, je regarde cinq minutes, je passe à autre chose, etc. J’ai besoin de me remplir de sensations. Je mange aussi beaucoup, c’est très étrange.

    Bref. Ça prend la journée et des choses commencent à émerger. Je ne sais pas si ça donnera quelque chose d’intéressant, je ne sais pas si je saurai l’écrire, je ne sais pas si ça fonctionnera, mais c’est un début.

  • (sur)charge mentale

    Le gros gros chantier de ma vie ces dernières années est celui de la surcharge mentale.

    Je ne sais pas si c’est un truc dans mon alimentation, l’âge ou juste une période de vie particulièrement éprouvante, une question d’équilibre précaire entre les moments que je me réserve pour me recharger et les moments productifs et/ou passés à … juste gérer la vie. C’est un cercle vicieux aussi. Plus je me sens débordé moins je prends de temps pour moi, plus je me sens débordé.

    C’est comme cette phrase collée comme une intention pieuse sur ma bibliothèque : « Méditez 15 minutes tous les jours, sauf les jours où vous n’avez pas le temps. Ces jours-là, méditez 2 heures ».

    C’est quand tout déborde qu’il est le plus urgent de reconcentrer le regard. On peut le faire sans cesser d’avancer, sans ralentir, mais en coupant le nombre des distractions, en réduisant au maximum le bruit et les parasites. Réduire la liste de tâches à une seule priorité. Chaque jour ne faire que ça. Le reste attendra.

    Cela demande une excellente capacité à dire non. À ignorer volontairement tout ce qui n’est pas dans le viseur. Focus suprême pour regagner un sentiment de maîtrise, avoir l’impression d’aller quelque part. Je n’ai même plus le luxe de la mélancolie tant ma tête est remplie de trop-plein. Alors écrire, dans ces conditions…