Auteur/autrice : Anaël Verdier

  • 7 ans

    7 ans

    Ma vie n’a pas basculé quand tu y es entré. Je t’attendais. Je t’attendais depuis qu’à 6 ans ma tante m’apprenait les paroles de Pierrot.

    7 ans aujourd’hui et je continue de te découvrir et de redécouvrir le monde à travers tes yeux.

    C’est amusant comme tout a une importance différente quand tu es là. Parfois je m’agace d’impatience et je m’en veux.

    J’aime quand nous marchons côte à côte et que tu me racontes tes journées, et que tu me dis « j’ai inventé un jeu… »

    J’aime le soir que tu me fasses une place sur ton matelas et que tu te prépares pour l’histoire que tu as choisie. Je dis: « Juste un chapitre, parce qu’il est tard » et page après page c’est moi qui change d’avis: « Encore un autre ».

    Tu sais, ce n’est pas vraiment pour l’histoire que je reste, mais parce que je vois le temps qui passe et chaque trait sur le mur, un peu plus haut que le précédent, et tes vêtements trop petits, et les jouets qui ne t’intéressent plus et je compte les jours et je me dis qu’un jour tu partiras faire ta vie et tu n’auras plus envie de ces moments avec moi et tu me trouveras trop vieux, trop con, trop loin de toi.

    Alors ces pages que je te lis en plus chaque soir, c’est pour conjurer le sort. C’est pour repousser un peu l’échéance et profiter de toi juste une minute de plus, juste une petite minute de plus…

    Joyeux Anniversaire, bonhomme.

  • Mes coulisses (3)

    Mes coulisses (3)

    Certains débuts n’appellent pas de suite.

    Caro

    Au bras, elle portait en tatouage un lapin tiré d’Alice au Pays des Merveilles encadré par trois soldats. Pique. Coeur. Trèfle.

    « On pourrait tellement s’entendre. On voit le monde de la même manière. Comment se fait-il que je ne te supporte pas ?

    – Je ne te supporte pas davantage.

    – C’est dommage. Il y a assez de gens avec lesquels je n’ai rien en commun, tu me permets de ne pas me sentir seul avec mes idées dans ma réalité. Mais je ne peux pas être à ton contact. J’ai envie de t’étrangler au bout de cinq minutes.

    – Je sais. Je ressens la même chose.

    – Quel est le sens de tout cela ? Quelle blague perverse est-ce là ?

    – C’est un mauvais agencement, c’est tout. La pièce manquante qui empêche la machine de fonctionner. »

    Je la regardai en pensant avec nostalgie à l’amitié qui aurait pu naître de notre rencontre et qui, à cause de cette couleur absente, n’existerait jamais.

  • Immaturité chronique

    Immaturité chronique

    Comme mon fils le dit: « apprendre, cela ne s’arrête jamais ». Qu’avez-vous appris de nouveau aujourd’hui ? Qu’avez-vous fait d’inédit ?

    Toujours, après une journée sans productivité, quand la fatigue dénature mon jugement et me fait oublier l’objectivité des choses qui avancent, elles me saisissent.

    Ce soir j’ai vu un spectacle de danse. Je me suis dit: « il est primordial de continuer. Continuer à progresser, à apprendre, à écrire, à diffuser, à oser. Oser partager une vision de l’avenir faite de cet amour qui est l’acceptation inconditionnelle de l’altérité, de la sérénité à être soi, et de vigilance écologique ».

    Et puis je suis rentré et la fatigue, le soleil, l’inquiétude de la canicule, demain, avec mon fils à l’école (sera-t-il assez protégé ? Seront-ils assez vigilants ? Il a saigné du nez pour la première fois la semaine dernière à cause de la chaleur. J’ai oublié sa casquette dans le train), mon emploi du temps trop rempli (je veux que ça continue), mon compte en banque trop vide (il faut que ça cesse).

    Je crois que quand on vit avec l’esprit ouvert, avec un esprit d’adaptation capable d’intégrer sans cesse de nouvelles données pour mieux les intégrer à son vécu, il est impossible de se sentir sûr de soi (paradoxalement, je ne me suis jamais senti aussi sûr de moi que depuis que j’ai fait le choix de l’incertitude). Est-ce une forme d’immaturité ?

    Diane me suggère: « Je ne peux m’empêcher de me dire que l’immaturité est peut-être une réalité quasi permanente de l’humain. Notre adaptabilité fait que l’on recommence sans cesse quelque chose ».

    Il faut parfois que l’on nous rappelle nos propres évidences. Plus tôt cette semaine, je disais exactement ça à une cliente qui se sentait au bout du rouleau: on est tous là sans savoir comment ça marche.

    J’ai beau être assertif, je suis en questionnement constant, toujours à la recherche des indices qui peuvent m’orienter vers une nouvelle connaissance de moi, du monde, du rapport que nous entretenons l’un envers l’autre. L’un nourrit l’autre (l’assertivité nourrit le questionnement et vice-versa).

    Postuler l’incertitude et la supériorité de la quête de l’inconnu sur la quête du connu n’empêche pas que, face à la réalité de l’inédit, une vieille et familière compagne ne se manifeste. La peur du neuf, la résistance face à l’inconfort, peuvent affoler la machine. Une légère oscillation de l’axe interne est naturelle face à l’altérité et il n’est pas rare que cette oscillation, amplifiée par le vertige qu’elle provoque, ne devienne un balancement si ample qu’elle en devienne bouleversante.

    Au bout d’un moment, le pendule retrouve un axe – le même ou un autre, plus ou moins décalé par rapport à l’axe initial.

    Nous sommes dimanche soir, je manque de sommeil et j’écoute des chansons propices à alimenter cet état dans lequel j’aime à me plonger. Certains, lorsqu’ils me voient passer comme ça de l’euphorie à la mélancolie, de l’hyperactivité à l’hypercontemplation, me croient torturé. C’est tout l’inverse. Voir le monde à travers tous ces états, par choix et sans passivité, m’invite à une vie plus riche et mieux remplie.

    Comme à travers la lentille d’un kaléidscope je regarde le monde sous l’angle de ses multiples configurations possibles, des petits morceaux arrachés ici, reflétés dans le miroir, juxtaposés à d’autres. Quelle vision magique !

    Ce soir au spectacle de danse, je me suis dit: il faut continuer à oser. Oser être moi. Oser écrire, diffuser, partager, donner, recevoir, accueillir, proposer, aimer, vivre, être.

    Avoir l’audace de mes idées, même lorsqu’elles sont incomplètes, avoir l’audace de mes sensations, mes émotions, mes sentiments, mes envies, mes désirs, mes aspirations, mes ambitions. L’ambition toujours comprise comme le fait de s’engager vis-à-vis de ses rêves, de leur rendre justice en faisant tout pour les réaliser, pas comme la quête du + mais la quête de la réinvention constante de soi pour se rapprocher un peu plus, un peu mieux, un peu moins maladroitement de soi.

    Pour revenir à ce que j’écrivais plus tôt: nous sommes en apprentissage perpétuel, en maturation constante, toujours immatures par rapport à ce que nous serons demain, l’an prochain, dans dix ans. Toujours ignorants par rapport à ce que nous saurons du monde et de nous. C’est dans cette démarche de curiosité et d’enthousiasme et d’excitation que j’aborde chaque nouvelle rencontre, chaque nouvelle expérience.

    Et avec une vigilance exacerbée face à mes besoins.

    Que se passera-t-il demain ? Je l’ignore mais je veillerai à m’en saisir de façon à augmenter la qualité de mon être-au-monde et de mon être-à-moi. Demain je rencontre un coach vocal parce que j’ai décidé d’apprendre à chanter (juste d’abord, bien ensuite). J’ai décidé de passer un an à pratiquer le chant puis un an à faire le tour des bars, au moins un concert par mois. Peut-être davantage. Comme ça, sans raison, juste parce que j’en ai envie et que cela correspond à mes valeurs d’exploration créative, d’illimité de mes possibles, et de plaisir joyeux.

    Dans le même ordre d’idée, j’ai décidé de créer le premier groupe Toastmasters de Bordeaux, parce que j’aime être à l’origine des choses. Pareil, un an et je verrai si je continue ou si je laisse la structure vivre sans moi. Pourquoi je le fais ? juste parce que j’en ai envie et que je peux.

    Quand je lui ai parlé du Toastmasters, Eric m’a dit en riant: « Mais tu ne t’arrêtes jamais ». Et ma réaction a été de me dire: « Mec, je suis toujours en première, là. Attends que j’enclenche la seconde. »

    Evidemment, je me demande ce qui m’empêche d’être déjà à plein régime et j’ai mes réponses sous la forme de vieilles représentations et de peurs et le bagage habituel. Et je regarde comme j’avance et je réalise que j’ai déjà commencé à accélérer.

    C’est bon, tout a commencé.

    Je suis enfin l’homme que je voulais devenir. J’ai encore mille-et-une choses à découvrir, à stabiliser, à développer, mais le coeur de l’axe est à sa juste place. Enfin.

  • C’est ta faute

    C’est ta faute

    Les doutes existentiels, les joies, l’ambition, la sexualité, l’amour, j’ose dire. Je n’ai pas de problème à parler, à dire, à discuter. Mais ma peine. Ma peine, quand elle est vraie, je la garde pour moi. Je souris en disant « tout va bien » et je m’en détourne.

    Elle gratte dans mon coeur, avec ses petits ongles à peine griffus et ses bras fatigués et elle soupire: « écoute-moi, prends soin de moi ».

    Je connais les départs. Toujours de passage, je ne suis jamais resté plus de cinq ans dans la même ville, toute ma scolarité j’ai changé d’école (d’amis, d’amours, d’avenir) tous les deux ans.

    Je le connais ce déchirement du lien que l’on rompt.

    Les renards lorsqu’ils sont apprivoisés vont leur chemin. C’est dans l’ordre des choses.

    Cela m’a fait sourire, en cherchant cette citation, de voir que l’on retient surtout l’abstraction de « l’essentiel est invisible pour les yeux » et de « tisser des liens c’est quelque chose que les hommes ont oublié », mais qu’aucune carte postale ne s’attarde sur la partie très tangible de la peine du départ et sur le morceau de bonheur qui existe au-delà de cette peine.

    Comme à la fin du livre, quand le petit prince va pour mourir et dit « ne viens pas, tu risquerais d’avoir de la peine ». Et la conclusion sur les étoiles-grelots.

    Tout le monde veut bien l’euphorie de la rencontre et tout le monde voudrait échapper à la peine de la séparation, et pour échapper à cette peine, on oublie les champs de blé et les étoiles qui savent rire.

    C’est pourtant ça le plus important.

    Je n’ai pas peur d’avoir mal. Je ne crois pas que la vie soit meilleure lorsqu’elle est recouverte d’un voile de brume rosée, de cette joie constante et souvent artificielle. Être triste, c’est prendre le temps de dire au revoir, à bientôt et merci pour Birdy, et pour Selina, et pour Harley.

    Et prendre le temps de dire dommage pour tout ce qu’on n’aura pas eu le temps de faire. Et accepter cette nostalgie là aussi.

    Il reste, partout, des traces de ton passage qui donnent sens à mon monde. Des lieux où plane l’écho de tes pas, les 62 morceaux d’une playlist incomplète, et une scène ruinée dans Blade Runner ; le DVD défacé d’une comédie romantique américaine sans intérêt … Des étoiles qui rient et des champs de blé.

    Vivre, ça n’est pas ne jamais souffrir, c’est apprendre à accueillir la tristesse au même titre que le reste, c’est être heureux de la souffrance lorsqu’elle est le signe d’une ouverture sans frein, la conséquence d’un coeur offert plus qu’il n’a été enfermé sous son armure.

    Et je m’arrête là.

  • Ça me manque de ne plus me sentir perdu

    Ça me manque de ne plus me sentir perdu

    J’aimerais savoir qui a fait cette image, là, au-dessus, parce que ça me permettrait de créditer l’artiste, mais je l’ai trouvée sur Reddit…

    J’écoutais Simon & Garfunkel récemment et dans America j’aime cette phrase: « Kathy I’m lost, I said though I knew she was sleeping ».

    L’ambiance de cette phrase, pas juste la phrase elle-même, m’a envoyé des vibrations que j’ai aimées, un peu de nostalgie, des souvenirs de trajet en bus avec Aurélia en Suède, et le sentiment de passer à côté.

    Mais ces sentiments, je ne les ressens plus. Ma vie va bien, je sais où je vais, je suis sur des rails que je me suis forgés. Je ne rêve pas d’une autre vie mais seulement de vivre celle que j’ai fabriquée pour moi.

    Pourtant cet état, ce sentiment de nostalgie pour les vies non vécues, pour les rêves abandonnés, pour les choix qui n’étaient pas pour moi, cet état est propice à l’écriture. Un peu de mélancolie, un peu de douleur et d’amertume. J’aime l’idée de cet état, j’aime aussi sa saveur, le poids qu’il invite dans mon esprit et mon regard.

    Ce n’est pas un bon état pour vivre. Pas pour tous les jours. Même quand on est Hank Moody. C’est l’état qui pousse aux dépendances et au suicide et à toutes ces choses dont il semble intéressant de se passer si l’on veut vivre pleinement – après tout, le monde est plein de merveilles quand on le regarde avec lucidité.

    Ne pas vivre cette nostalgie pour mes vies non-vécues, pour l’audace que j’aurais aimé avoir, pour ces compromis que j’aurais toléré, ne m’empêche pas d’écrire sur des personnages qui la ressentent. Ce sont, après tout, les personnages qui ont peuplé mon imaginaire depuis toujours.

    La sensation d’être perdu apporte avec elle le souffle des histoires romantiques que j’aime écrire. Je peux la fabriquer. En mettant la bonne musique, en écrivant le soir si je ne suis pas trop fatigué, les lundi et certains weekend, quand O. est chez sa mère.

    Au mois d’août, pendant deux semaines, je trouve précisément ces émotions après lesquelles je cours, la mélancolie, la tristesse d’être en vie, le sentiment de tendre la main vers des rubans d’existence qui s’effilochent. En vain.

    Écrire de la fiction permet de visiter des territoires étrangers, d’aller là où la vie ne nous emmène pas, là où nous ne souhaitons pas qu’elle nous emmène. Dans la vie, malgré mes fréquentes crises existentielles, je suis plutôt solaire. Mais j’aime une fiction sombre, une action de la lose.

    Plus le temps passe plus l’écart se creuse entre la vie que je vis (plutôt tranquille et inintéressante: j’amène mon fils à l’école, j’écris, j’aide des auteurs à écrire, je vais chercher mon fils à l’école, j’écris (ou je dors) et rebelote) et la fiction que j’ai envie d’écrire (une fiction où les pères abandonnent leur enfant, où les enfants fuguent et se retrouvent dans la rue, où les couples se font et s’abîment, et les carrières explosent en vol après que l’on ait consacré toute son énergie et tout son temps à des patrons indifférents, que cela se passe dans l’espace ou sur Terre, et de préférence dans un futur proche marqué par le manque de ressources, le désespoir et l’anarchie).

    Mon futur mélancolique est sombre, avec des néons et de la pluie parce que j’ai grandi dans les années 80.

    Quand j’ai écrit Recharger ? on m’a demandé pourquoi j’avais une vision pessimiste de l’avenir. J’ai réalisé que ce n’était pas le cas. J’ai confiance dans la créativité, dans la technologie et dans l’instinct de survie de l’humanité [même si je commence à revoir ma copie] mais je crois que l’un des rôles de l’auteur de fiction c’est d’imaginer comment le monde pourrait être, pour avertir et infléchir le cours du temps.

    Que serait le monde si Orwell n’avait pas écrit 1984 ? On n’a pas une grande vigilance quant à la surveillance permanente à laquelle nous sommes soumis, mais cela serait-il pire si l’on n’avait pas été averti ?

    Bah.

    Je me pose des questions qui n’ont pas de réponse.

    C’est une affaire de foi, l’écriture. On ne sait pas à quoi elle peut aboutir. Peut-être qu’elle ne sert à rien, peut-être qu’elle a le pouvoir de dessiner l’avenir du monde (et son présent).

    J’aime écrire à partir de sentiments sombres. Je n’aime pas vivre avec ces sentiments. Ça me rappelle l’époque où j’aimais l’idée du café mais pas le goût du café. Je me servais des mugs de liquide noir juste à cause de l’image que j’en avais.

    C’est aussi une des fonctions de l’auteur, je crois, de percevoir l’impact d’une idée, d’une image. Et de prendre la responsabilité de celles qu’il crée. Chaque livre est une forme de propagande. Chaque livre a le pouvoir de faire naître dans le monde de nouveaux paradigmes alors en tant qu’auteur je réfléchis à ceux que je dispense dans mes histoires.

    Je dis ça et il y a longtemps que je n’ai pas publié un texte. « Combien de temps ? », m’a demandé une copine récemment. Je crois que ça faisait quatre mois. « C’est longtemps, ça, pour toi ? » elle m’a demandé.

    J’ai répondu que oui mais je n’en étais plus si sûr. Surtout que je n’ai rien à dire en ce moment. Et que je travaille sur des projets plus longs. Des réécritures. Des écritures. Des trucs funs que j’ai repoussés trop longtemps et qui ne sont pas mélancoliques.

    Dommage, peut-être que c’est un truc saisonnier.

    Il paraît que c’est important d’apprendre à gérer ses états émotionnels, de ne pas se laisser déborder par eux. Le paradoxe pour un auteur c’est qu’il faut aussi qu’il soit capable de les retrouver à volonté et de les provoquer et de les vivre quand il a besoin que ses personnages s’y retrouvent.

     

    Je voulais une image qui évoque l’errance. Avec le brouillard et tout je me suis dit que ça irait.

    Il paraît que c’est quelque chose que je sais bien faire: passer subitement d’un état à l’autre. Et il paraît que ça déstabilise les gens. Moi je vois surtout que ça me permet de contribuer au monde exactement comme j’ai envie d’y contribuer. Alors je continue. Et si j’ai l’air d’errer, vous saurez que c’est par choix et pas parce que je suis perdu.

  • Mes coulisses (2)

    Mes coulisses (2)

    Certains débuts ont des airs d’achevé.

    Alice

    Les mains rentrées dans les manches de son pull à capuche, quand je l’ai rencontrée, Alice mordillait le tissu qui enveloppait son poignet droit. Elle graffait les ruelles. J’aidais les grosses fortunes à choisir leurs investissements. Je ne comprenais pas qu’elle s’intéresse autant à son art. Que pouvait-elle en espérer ?

    « Du sens, me répondit-elle.

    – Le sens ne met pas un toit sur ta tête, l’avais-je reprise

    – L’argent ne chasse pas tes monstres, avait-elle rétorquée.

    J’ignorais de quoi elle parlait. Les monstres n’existaient pas.

    – Tu es trop terre à terre. Ta vie est d’une tristesse contagieuse. »

    Elle était partie sur ces mots.