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Un peu plus de patience dans le ton ne serait pas de trop.

Tiens, ça me serre encore dans le ventre. Quelque chose de la pression mentale des autres.

L’incompréhension quand on me déverse des flots de paroles sur la tête et que je cherche le sens opérationnel des informations mais la personne en face prend un million de détours, me noie de détails inutiles. Get to the point, please, you’re hurting my brain.

Si je ne réponds pas quand on frappe, quand on m’appelle, ce n’est peut-être pas que je n’entends pas, c’est peut-être une manière de répondre que je ne suis pas disponible. Alors, tu insistes ou tu captes le message ?

Face à l’envahissement de mes espaces invisibles (espace mental, espace créatif), je m’efforce de garder mon calme. L’effort de concentration, vu de l’extérieur, ne laisse rien voir de la lutte intérieure, de l’énergie dépensée et investie par le sujet. De dehors on ne voit qu’un corps immobile. La concentration n’est pas caricaturale, elle ne plisse pas le front. Elle s’appuie sur la détente corporelle. Un corps en tension se fatigue et capte des ressources dont l’esprit a besoin pour sa concentration.

Aucun degré de communication ne semble suffire à faire intégrer à l’entourage que l’immobilité du corps, son apparente décontraction n’est pas synonyme de disponibilité. Quand vous m’interrompez, ce qui pour vous paraît anecdotique, est pour moi le risque de perdre définitivement un fil volatile. Chaque once de mon attention qui est demandée par l’extérieur met en danger une matinée entière de travail.

Je ne comprends pas que ce soit si dur à percevoir. Est-ce si facile pour vous de trouver votre concentration ? De la retrouver ? Ou travaillez-vous plus en surface, sur des pensées plus solides parce que mûries depuis plus longtemps ou est-ce une spécificité de ma cognition qui serait moins agile que la vôtre ?

Quelle qu’en soit la raison, j’ai besoin de protéger et de défendre mes efforts de plongée en intériorité. Ne m’arrachez pas de mes profondeurs avec des questions qui concernent le monde de la surface sans m’offrir de sas de décompression.

Je suis comme un plongeur des abysses. Je ne peux pas remonter d’un seul coup.

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