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La chaleur ralentit ma pensée. Juillet piétine mon cerveau. Je me tiens loin de l’actu broyeuse de volonté. Tente de me construire de l’espoir. À l’automne, la fin du monde sera remplacée par les urgences de la rentrée et les conversations reprendront des airs quotidiens. Nous minimiserons les chaleurs et les inondations. Nous nous préoccuperons d’étouffer notre anxiété plutôt que de construire un avenir apaisé. Ça prendrait de la patience, la capacité de retarder notre satisfaction, de vivre avec l’inconfort de l’incertitude pour nous sentir apaisés.

L’art est une bonne école pour ça. Repérer des lignes de tension et les entretenir. Jusqu’au bout ne pas savoir si ça tient, comment ça peut tenir, jusqu’où ça résiste. C’est ça, créer. Ça vaut aussi pour une société, une amitié, une vie dont on soit fier. Je sais pas si je serai jamais fier de la mienne, je suis trop révolté contre le réel. C’est comme ça. Il faut que je relise Camus. Que je me souvienne que ce qui a du sens, c’est ce qui nous éloigne du suicide.

Je n’ai que ça, alors, des choses qui ont du sens. Reste à trouver la joie.

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