
Hier, chez les copains du Médoc, j’ai chaussé le nez, encore, sous la chaleur.
Aujourd’hui j’ai besoin de me recentrer. M’adapter consciemment à la course du mois et à ses spécificités.
Toujours ce sas entre deux élans, cette reprise de souffle avant la prochaine plongée.
J’en suis où ? Je vais où ? Instruments de navigation à la main, j’interroge les étoiles, je reporte leur course sur ma carte, compare avec mon cap, vérifie que mon horizon est toujours le bon.
Dans ces périodes de grosse fatigue, c’est pas le plus évident à faire. Je remets en question toutes mes directions, je caresse l’idée de faire demi-tour, de faire marche arrière ou de juste jeter l’ancre là et ne plus bouger. C’est pas si mal ici, le ciel est beau, l’océan accueillant, les poissons en abondance, mais ici ça n’est pas là-bas, ici ça n’est plus être, c’est subir le mouvement.
Au moins, quand je navigue pour ailleurs, je peux justifier de me faire rincer par la tempête. La traverser est nécessaire pour arriver. Tu me diras, je pourrais justifier d’essuyer une tempête ici en me disant que c’est la condition pour y rester, mais je sais pas, ça fait pas le même effet. Quand t’es installé, il y a tout de suite un sentiment de propriété qui émerge et l’arrogance de vouloir contrôler l’état de mon morceau de pré. « Vanité des vanités ».
Alors je reprends mes instruments et je vérifie être bien dans l’axe mon horizon.