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Course effrénée sous un soleil joyeux, j’arrive à l’état liquide dans mon refuge de bois et de poussière. Là je m’apaise. Mon système nerveux se régule, mes épaules se décoincent, ma respiration se fait plus ample. Ce besoin d’un espace sanctuarisé de création, je le constate sans l’expliquer. A-t-on besoin de tout comprendre ? Je suis rassuré ici. Je constate que je suis bien celui que je dis être. Dans l’abstraction du bureau-maison qui n’est pas vraiment un bureau mais un bout de table au milieu de l’agitation quotidienne, je viens à en douter. Ce n’est pas tant la faute des interruptions constantes que l’arrachement à la concentration par les petites choses de la domesticité et la vigilance permanente aux pas-encore-adultes, ces créatures flottant entre deux âges qui réclament l’autonomie mais nécessitent une attention nerveuse. Et la crainte de ne pas être assez bien présent, fantôme de mon enfant passé et de son exigence d’une attention indivise. Je garde de lui le fantasme d’une disponibilité totale, que je vivrais comme un étouffement si elle m’était demandée ou accordée. Alors cette crainte latente de me faire reprocher un manque d’écoute ou une présence trop spectrale, c’est cela qui me crispe dans le bureau-maison qui n’est pas vraiment un bureau mais un bout de table au milieu de l’agitation et des choses domestiques. Ce matin un vase s’est brisé, trop léger pour les fleurs qu’il contenait. Le drame n’a pas encore éclaté. Il viendra. En attendant, je savoure la paix.

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