Redescendu de la montagne, je sens remonter mon énergie d’automne. C’est la période où je travaille le mieux. Je ne sais pas si une métaphore agricole s’applique ; si je récolte ce que j’ai semé : le fruit de mes projets, mes questionnements, mes habitudes, mes errances plus ou moins joyeuses. Comme je ne suis plutôt chasseur-cueilleur qu’agriculteur dans l’esprit, je ne suis pas sûr que la métaphore marche bien. Si je cherche une métaphore, disons que j’ai fui la chaleur et la sécheresse tout l’été et que le temps est venu de me poser dans mes quartiers d’hiver, de préparer le campement pour qu’il encaisse la neige et le froid. Il y a un grand besoin de concentration et d’intensité d’effort avant de profiter de l’hiver pour une période de production à la lumière de la bougie. C’est en général l’hiver que je me lève le plus tôt et que je travaille le plus longtemps. J’aime la nuit. Pour le moment, je laisse couler les derniers jours d’été.