Tête vide, cuisses en feu d’avoir tant absorbé de dénivelé. Je sors de la lecture d’Igor Grabonstine et le Shining et ça me chatouille de trouver des images exagérées pour mes idées. Ce serait une manière d’écrire à la façon de… et d’élargir mon spectre stylistique, mais ce serait juste ça, un exercice de style. Je suis en jogging, ce qui est contraire à mon caractère et contribue à ma difficulté à me concentrer. Et puis je suis fatigué d’avoir fui toutes la nuit une apocalypse zombie remplie de bars à vin clandestins cachés dans les sous-sols d’hypermarchés londoniens, de chiens-loups géants et de femmes à la musculature hypertrophiée par les radiations. Je repousse le moment de boire un troisième café, me demandant s’il sera de trop ou s’il me donnera le petit coup de fouet capable de me faire démarrer. Le téléphone me déclenche des migraines, alors je coupe court aux conversations. Face à moi s’étend la montagne crénelée comme un mur d’enceinte gigantesque.