Catégorie : Journal

Ici, c’est un journal de bord, un outil pour garder pied et garder le cap.

  • Le Survivant

    Le Survivant

    A dos de cheval, à travers les déserts de la Mésopotamie et de la Mongolie, il erre.

    « Que cherche-t-il ? » se demandent ceux qui, depuis leurs maisons, leurs villages, les rues de leurs villes, le voient passer, incapables d’imaginer qu’il ne cherche rien, qu’il se contente de suivre les inclinations de son âme. La route l’appelle et il la suit sans se fixer, ou jamais très longtemps. Il ne cherche rien, il vit, suivant la vibration que le monde fait vibrer pour lui.

    C’est un survivant. Il a vu la mort plus d’une fois. Il a accompagné des caravanes de voyageurs décimées par le froid, la faim, la fatigue. Il a fait son possible pour aider, réchauffer, réconforter ceux qui en avaient besoin: les femmes, les enfants, les vieillards et souvent aussi les hommes aux épaules solides à qui l’on interdit de montrer la vulnérabilité, la peur et la fragilité.

    Il porte son corps fatigué à travers les plaines et les vallées.

    Devenu vieux il sourit moins souvent. Sa peau desséchée se craquelle à la commissure des lèvres.

    La vie pour lui c’est la survie du plus fort. Se battre pour des miettes c’est déjà assurer de meilleurs gênes à sa lignée que d’attendre le bec qui nous vomira notre repas prédigéré dans le gosier. Survivre, se battre, résister. Se déplacer pour suivre les saisons, rester toujours à la frontière entre été et printemps, toujours dans l’abondance de la nature.

    « Le monde n’est pas fait pour les faibles », dit-il. Ils ont construit des cages pour se protéger du chaos mais leurs cages sont en papier et leurs protections sont en verre. Une simple fêlure et tout s’écroule.

    Le survivant s’est défait de l’illusion de stabilité. Il précède le changement, il se laisse porter par le vent. Un jour il a le ventre rempli, le lendemain il dîne d’un peu d’eau et ne s’en émeut pas. Il connaît le prix de sa liberté et il le sacrifie bien volontiers.

    Photo par Pawel Nolbert sur Unsplash

  • Débrancher le blender de l’art

    Débrancher le blender de l’art

    C’est une image que j’emprunte à Amanda Palmer. L’art, dit-elle, c’est prendre des bouts de réel et les mettre dans un blender. Le blender a dix niveaux de puissances et certains artistes modifient à peine le réel tandis que d’autres trouvent même un onzième cran et inventent des mondes entiers.

    Ma latitude personnelle est entre 3 et 8 je dirais, avec des histoires qui tordent à peine les événements et d’autres qui broient les frontières de l’existant pour le transformer en métaphore.

    Récemment, j’ai réglé mon blender sur 2 pour souligner une réalité simple: moi aussi j’en bave pour écrire. Ce n’était pas dans une oeuvre de fiction, c’était dans un mail adressé aux auteurs à qui j’enseigne et que j’accompagne dans leur devenir-auteur. Alors comme je parlais du réel, j’ai été négligent sur la partie fictionnelle.

    Et parce que j’avais laissé tous ces gros morceaux de réalité dans la purée, j’ai blessé quelqu’un à qui je tiens, même si je ne le montre pas souvent.

    Je vais débrancher le blender le temps de cet article, pour remettre les choses à leur juste place et j’espère réparer un peu.

    Quand je suis parti de mon mariage, je travaillais à mon compte et j’avais des obligations deux soirs par semaine et trois weekend par mois. Ma femme, elle, travaillait pour un patron et avait des horaires plus classiques. Genre 9h-18h du lundi au vendredi, même si souvent le 9h-18h se changeait en 9h-20h, ou peut-être plus. Je ne faisais pas trop attention. J’étais déjà parti dans ma tête et ça m’allait qu’elle rentre tard.

    Quand il a fallu décider quand notre fils serait chez l’un et quand il serait chez l’autre, il était clair pour tous les deux qu’il fallait qu’on soit au plus proche d’un 50/50. Il s’en est suivi un calcul complexe que je n’ai pas vraiment suivi, fait de journées pleines et de demi-journées, selon qu’il y avait école ou non.

    On s’est entendus sur le fait que trois weekend par mois il serait avec elle puisque j’avais des stages, et que le quatrième weekend il serait avec moi. La semaine, il serait avec moi tous les soirs sauf les soirs où j’avais des ateliers, le lundi et le jeudi. Et puis j’ai bougé mes ateliers et c’est devenu les lundi avec elle et du mardi au jeudi avec moi.

    Les vendredi, trois fois par mois avec elle, et une fois avec moi.

    Et les vacances scolaires, puisque j’ai plus de libertés sur le papier (ie pas de patron qui puisse m’imposer mes dates), il est avec elle trois semaines l’été et une semaine à Noël et le reste des vacances avec moi.

    Avec cette nuance les jours de semaine où je suis à l’école à 16h même les jours où il dort chez sa maman, qui le retrouve quand elle sort du travail.

    C’est le découpage objectif.

    Et le découpage objectif, c’est la partie facile.

    Parce que derrière il y a la réalité émotionnelle de chacun, les frustrations de chacun, les colères de chacun et les perceptions biaisées de chacun.

    Je vois les journées de travail qui s’arrêtent à 15h30. Elle voit les semaines de vacances où je confie notre fils à mes parents.

    Je vois la régularité de sa paye, elle voit la flexibilité de mon temps. Je vois le confort d’organisation que je lui offre au quotidien, elle voit qu’elle s’adapte à mes semaines de mission à Paris, de formation en Angleterre.

    Chacun regarde le monde de l’autre avec son regard et moi j’ai souvent un regard dur et accusateur. Et comme j’ai plein d’insécurités, en particularité dans la parentalité, et qu’elle a plein de certitudes, je me sens perdu. Et seul.

    Alors je dis ma détresse et j’oublie de me tourner vers la seule personne qui pourrait l’alléger: elle. Parce que même si nous sommes deux adultes séparés, nous restons deux parents soudés. Et que même si nos vies sont désunies, notre mission commune, celle sur laquelle ni l’un ni l’autre n’avons bougé d’un millimètre, c’est de donner toute son autonomie à ce petit être que nous avons créé.

    Et franchement, on fait plutôt une bonne équipe. Chacun apporte ses forces à l’équation et nos modes de vie se complètent assez bien pour offrir un panel d’expériences richissime à notre bambin.

    Je ne sais pas comment on trouvera le sentiment d’équité dans cette histoire parce que peu importe la réalité objective, nos regards sont teintés par nos blessures et nos préoccupations respectives.

    En attendant, parce que je vois tellement de couples qui se mutilent en se séparant, qui n’ont pas l’intelligence de reconnaître leurs blessures comme leur appartenant, qui projettent sur l’autre tous les maux de la Terre, je peux te dire Merci.

    Merci d’être à l’écoute.

    Merci de parler avec ton coeur.

    Merci d’avoir été là ce jeudi soir à Saint Augustin.

    Merci pour les pirates du 15 juillet.

    Merci de rester sur le chemin avec moi. J’oublie souvent que tu es là, j’oublie que je peux tendre la main vers toi. En fait non. J’ai peur que tu mordes cette main, que tu profites de ma détresse pour m’enfoncer la tête sous l’eau. Alors j’oublie de voir les tiennes, de main tendue, de peur.

    Et pardon. Pardon pour le blender sur 2. Pardon de ne pas avoir pu être le partenaire que tu aurais voulu.

  • 7 ans

    7 ans

    Ma vie n’a pas basculé quand tu y es entré. Je t’attendais. Je t’attendais depuis qu’à 6 ans ma tante m’apprenait les paroles de Pierrot.

    7 ans aujourd’hui et je continue de te découvrir et de redécouvrir le monde à travers tes yeux.

    C’est amusant comme tout a une importance différente quand tu es là. Parfois je m’agace d’impatience et je m’en veux.

    J’aime quand nous marchons côte à côte et que tu me racontes tes journées, et que tu me dis « j’ai inventé un jeu… »

    J’aime le soir que tu me fasses une place sur ton matelas et que tu te prépares pour l’histoire que tu as choisie. Je dis: « Juste un chapitre, parce qu’il est tard » et page après page c’est moi qui change d’avis: « Encore un autre ».

    Tu sais, ce n’est pas vraiment pour l’histoire que je reste, mais parce que je vois le temps qui passe et chaque trait sur le mur, un peu plus haut que le précédent, et tes vêtements trop petits, et les jouets qui ne t’intéressent plus et je compte les jours et je me dis qu’un jour tu partiras faire ta vie et tu n’auras plus envie de ces moments avec moi et tu me trouveras trop vieux, trop con, trop loin de toi.

    Alors ces pages que je te lis en plus chaque soir, c’est pour conjurer le sort. C’est pour repousser un peu l’échéance et profiter de toi juste une minute de plus, juste une petite minute de plus…

    Joyeux Anniversaire, bonhomme.

  • Mes coulisses (3)

    Mes coulisses (3)

    Certains débuts n’appellent pas de suite.

    Caro

    Au bras, elle portait en tatouage un lapin tiré d’Alice au Pays des Merveilles encadré par trois soldats. Pique. Coeur. Trèfle.

    « On pourrait tellement s’entendre. On voit le monde de la même manière. Comment se fait-il que je ne te supporte pas ?

    – Je ne te supporte pas davantage.

    – C’est dommage. Il y a assez de gens avec lesquels je n’ai rien en commun, tu me permets de ne pas me sentir seul avec mes idées dans ma réalité. Mais je ne peux pas être à ton contact. J’ai envie de t’étrangler au bout de cinq minutes.

    – Je sais. Je ressens la même chose.

    – Quel est le sens de tout cela ? Quelle blague perverse est-ce là ?

    – C’est un mauvais agencement, c’est tout. La pièce manquante qui empêche la machine de fonctionner. »

    Je la regardai en pensant avec nostalgie à l’amitié qui aurait pu naître de notre rencontre et qui, à cause de cette couleur absente, n’existerait jamais.

  • Immaturité chronique

    Immaturité chronique

    Comme mon fils le dit: « apprendre, cela ne s’arrête jamais ». Qu’avez-vous appris de nouveau aujourd’hui ? Qu’avez-vous fait d’inédit ?

    Toujours, après une journée sans productivité, quand la fatigue dénature mon jugement et me fait oublier l’objectivité des choses qui avancent, elles me saisissent.

    Ce soir j’ai vu un spectacle de danse. Je me suis dit: « il est primordial de continuer. Continuer à progresser, à apprendre, à écrire, à diffuser, à oser. Oser partager une vision de l’avenir faite de cet amour qui est l’acceptation inconditionnelle de l’altérité, de la sérénité à être soi, et de vigilance écologique ».

    Et puis je suis rentré et la fatigue, le soleil, l’inquiétude de la canicule, demain, avec mon fils à l’école (sera-t-il assez protégé ? Seront-ils assez vigilants ? Il a saigné du nez pour la première fois la semaine dernière à cause de la chaleur. J’ai oublié sa casquette dans le train), mon emploi du temps trop rempli (je veux que ça continue), mon compte en banque trop vide (il faut que ça cesse).

    Je crois que quand on vit avec l’esprit ouvert, avec un esprit d’adaptation capable d’intégrer sans cesse de nouvelles données pour mieux les intégrer à son vécu, il est impossible de se sentir sûr de soi (paradoxalement, je ne me suis jamais senti aussi sûr de moi que depuis que j’ai fait le choix de l’incertitude). Est-ce une forme d’immaturité ?

    Diane me suggère: « Je ne peux m’empêcher de me dire que l’immaturité est peut-être une réalité quasi permanente de l’humain. Notre adaptabilité fait que l’on recommence sans cesse quelque chose ».

    Il faut parfois que l’on nous rappelle nos propres évidences. Plus tôt cette semaine, je disais exactement ça à une cliente qui se sentait au bout du rouleau: on est tous là sans savoir comment ça marche.

    J’ai beau être assertif, je suis en questionnement constant, toujours à la recherche des indices qui peuvent m’orienter vers une nouvelle connaissance de moi, du monde, du rapport que nous entretenons l’un envers l’autre. L’un nourrit l’autre (l’assertivité nourrit le questionnement et vice-versa).

    Postuler l’incertitude et la supériorité de la quête de l’inconnu sur la quête du connu n’empêche pas que, face à la réalité de l’inédit, une vieille et familière compagne ne se manifeste. La peur du neuf, la résistance face à l’inconfort, peuvent affoler la machine. Une légère oscillation de l’axe interne est naturelle face à l’altérité et il n’est pas rare que cette oscillation, amplifiée par le vertige qu’elle provoque, ne devienne un balancement si ample qu’elle en devienne bouleversante.

    Au bout d’un moment, le pendule retrouve un axe – le même ou un autre, plus ou moins décalé par rapport à l’axe initial.

    Nous sommes dimanche soir, je manque de sommeil et j’écoute des chansons propices à alimenter cet état dans lequel j’aime à me plonger. Certains, lorsqu’ils me voient passer comme ça de l’euphorie à la mélancolie, de l’hyperactivité à l’hypercontemplation, me croient torturé. C’est tout l’inverse. Voir le monde à travers tous ces états, par choix et sans passivité, m’invite à une vie plus riche et mieux remplie.

    Comme à travers la lentille d’un kaléidscope je regarde le monde sous l’angle de ses multiples configurations possibles, des petits morceaux arrachés ici, reflétés dans le miroir, juxtaposés à d’autres. Quelle vision magique !

    Ce soir au spectacle de danse, je me suis dit: il faut continuer à oser. Oser être moi. Oser écrire, diffuser, partager, donner, recevoir, accueillir, proposer, aimer, vivre, être.

    Avoir l’audace de mes idées, même lorsqu’elles sont incomplètes, avoir l’audace de mes sensations, mes émotions, mes sentiments, mes envies, mes désirs, mes aspirations, mes ambitions. L’ambition toujours comprise comme le fait de s’engager vis-à-vis de ses rêves, de leur rendre justice en faisant tout pour les réaliser, pas comme la quête du + mais la quête de la réinvention constante de soi pour se rapprocher un peu plus, un peu mieux, un peu moins maladroitement de soi.

    Pour revenir à ce que j’écrivais plus tôt: nous sommes en apprentissage perpétuel, en maturation constante, toujours immatures par rapport à ce que nous serons demain, l’an prochain, dans dix ans. Toujours ignorants par rapport à ce que nous saurons du monde et de nous. C’est dans cette démarche de curiosité et d’enthousiasme et d’excitation que j’aborde chaque nouvelle rencontre, chaque nouvelle expérience.

    Et avec une vigilance exacerbée face à mes besoins.

    Que se passera-t-il demain ? Je l’ignore mais je veillerai à m’en saisir de façon à augmenter la qualité de mon être-au-monde et de mon être-à-moi. Demain je rencontre un coach vocal parce que j’ai décidé d’apprendre à chanter (juste d’abord, bien ensuite). J’ai décidé de passer un an à pratiquer le chant puis un an à faire le tour des bars, au moins un concert par mois. Peut-être davantage. Comme ça, sans raison, juste parce que j’en ai envie et que cela correspond à mes valeurs d’exploration créative, d’illimité de mes possibles, et de plaisir joyeux.

    Dans le même ordre d’idée, j’ai décidé de créer le premier groupe Toastmasters de Bordeaux, parce que j’aime être à l’origine des choses. Pareil, un an et je verrai si je continue ou si je laisse la structure vivre sans moi. Pourquoi je le fais ? juste parce que j’en ai envie et que je peux.

    Quand je lui ai parlé du Toastmasters, Eric m’a dit en riant: « Mais tu ne t’arrêtes jamais ». Et ma réaction a été de me dire: « Mec, je suis toujours en première, là. Attends que j’enclenche la seconde. »

    Evidemment, je me demande ce qui m’empêche d’être déjà à plein régime et j’ai mes réponses sous la forme de vieilles représentations et de peurs et le bagage habituel. Et je regarde comme j’avance et je réalise que j’ai déjà commencé à accélérer.

    C’est bon, tout a commencé.

    Je suis enfin l’homme que je voulais devenir. J’ai encore mille-et-une choses à découvrir, à stabiliser, à développer, mais le coeur de l’axe est à sa juste place. Enfin.

  • C’est ta faute

    C’est ta faute

    Les doutes existentiels, les joies, l’ambition, la sexualité, l’amour, j’ose dire. Je n’ai pas de problème à parler, à dire, à discuter. Mais ma peine. Ma peine, quand elle est vraie, je la garde pour moi. Je souris en disant « tout va bien » et je m’en détourne.

    Elle gratte dans mon coeur, avec ses petits ongles à peine griffus et ses bras fatigués et elle soupire: « écoute-moi, prends soin de moi ».

    Je connais les départs. Toujours de passage, je ne suis jamais resté plus de cinq ans dans la même ville, toute ma scolarité j’ai changé d’école (d’amis, d’amours, d’avenir) tous les deux ans.

    Je le connais ce déchirement du lien que l’on rompt.

    Les renards lorsqu’ils sont apprivoisés vont leur chemin. C’est dans l’ordre des choses.

    Cela m’a fait sourire, en cherchant cette citation, de voir que l’on retient surtout l’abstraction de « l’essentiel est invisible pour les yeux » et de « tisser des liens c’est quelque chose que les hommes ont oublié », mais qu’aucune carte postale ne s’attarde sur la partie très tangible de la peine du départ et sur le morceau de bonheur qui existe au-delà de cette peine.

    Comme à la fin du livre, quand le petit prince va pour mourir et dit « ne viens pas, tu risquerais d’avoir de la peine ». Et la conclusion sur les étoiles-grelots.

    Tout le monde veut bien l’euphorie de la rencontre et tout le monde voudrait échapper à la peine de la séparation, et pour échapper à cette peine, on oublie les champs de blé et les étoiles qui savent rire.

    C’est pourtant ça le plus important.

    Je n’ai pas peur d’avoir mal. Je ne crois pas que la vie soit meilleure lorsqu’elle est recouverte d’un voile de brume rosée, de cette joie constante et souvent artificielle. Être triste, c’est prendre le temps de dire au revoir, à bientôt et merci pour Birdy, et pour Selina, et pour Harley.

    Et prendre le temps de dire dommage pour tout ce qu’on n’aura pas eu le temps de faire. Et accepter cette nostalgie là aussi.

    Il reste, partout, des traces de ton passage qui donnent sens à mon monde. Des lieux où plane l’écho de tes pas, les 62 morceaux d’une playlist incomplète, et une scène ruinée dans Blade Runner ; le DVD défacé d’une comédie romantique américaine sans intérêt … Des étoiles qui rient et des champs de blé.

    Vivre, ça n’est pas ne jamais souffrir, c’est apprendre à accueillir la tristesse au même titre que le reste, c’est être heureux de la souffrance lorsqu’elle est le signe d’une ouverture sans frein, la conséquence d’un coeur offert plus qu’il n’a été enfermé sous son armure.

    Et je m’arrête là.