Catégorie : Ateliers d’écriture

Depuis 2007 j’accompagne les auteurs dans leurs projets d’écriture. Sur cette page, vous trouverez les différentes formations ou formules d’accompagnement que je propose ainsi que plusieurs articles présentant les principes qui sous-tendent ma pédagogie.

  • [CDD] Ce qui m’attriste le plus pour les auteurs

    [CDD] Ce qui m’attriste le plus pour les auteurs

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    Il y a une croyance qui me remue le bide à chaque fois que je l’entends chez un auteur que j’accompagne. C’est l’idée que l’on doive se ranger dans un camp :

    • Architecte ou jardinier
    • Planificateur ou improvisateur
    • Cerveau droit ou cerveau gauche
    • Auteur de tel genre ou tel autre
    • Défini par tel style ou tel autre

    L’on aime bien catégoriser. Cela nous rassure en gommant une part de l’incertitude qui nous angoisse tellement.

    Et catégoriser, c’est très bien pour, disons, aider un lecteur à comprendre le livre qu’on lui propose. Ou pour offrir des quiz sur Internet, dont on pourra ensuite diffuser le résultat sur les réseaux sociaux.

    Ça l’est beaucoup moins pour fluidifier la créativité.

    La créativité se nourrit de curiosité, d’agilité, de ponts tirés entre les différentes parts de soi, de facilité à jongler avec tous les outils qui sont mis à notre disposition.

    On peut choisir de dessiner seulement en noir et blanc, parce que cela nous offre l’opportunité de travailler, par exemple, la valeur du trait et les ombrages, mais dire « je suis un dessinateur de noir et blanc », cela nous coupe toutes les nuances que la couleur pourrait apporter à notre dessin.

    Il ne s’agit pas de tout faire, mais de cultiver l’envie d’aller voir « comment c’est quand… »

    Comment c’est quand je tords le langage ?

    Comment c’est quand j’écris un huis clos ?

    Comment c’est quand je construis une épopée ?

    Comment c’est quand je joue avec des personnages qui me ressemblent trait pour trait ?

    Comment c’est quand mes personnages n’ont pas le même sexe, pas le même âge, pas les mêmes passions, et des valeurs opposées aux miennes ?

    Comment c’est quand j’écris à partir de ma vie ? À partir de celle de mon voisin ?

    Comment c’est quand j’invente de toute pièce au point de me demander d’où tout ça sort ?

    Comment c’est quand j’écris le matin ? Quand j’écris la nuit ? Le midi ? Par tranches de cinq minutes ? Par blocs de 5 heures ? Pendant une nuit blanche ? Des histoires longues ? Des histoires courtes ? Des histoires très courtes ? Tellement courtes qu’on ne sait pas dire si ce sont vraiment des histoires ?

    Juste ça, « comment c’est, quand… »

    Cela demande de s’affranchir de l’attente d’un résultat et de concentrer son attention sur autre chose.

    On pourrait dire qu’elle se concentre sur le plaisir d’écrire, sur la jouissance du texte, sur la dégustation des états de l’écriture, mais ce serait incomplet.

    L’attention, quand elle est nourrie par la curiosité, se concentre sur le sens des possibles. C’est une expansion de son champ d’écriture mais aussi une expansion de soi.

    On arrive à se surprendre soi-même : « wow ! je suis capable de faire ça ?! »

    Dans cet espace de surprise, c’est un peu de notre rigidité qui s’effrite. Et si j’étais plus vaste que ce que je croyais ? Et s’il n’y avait pas de limite à ce que je peux m’autoriser ?

    Et si c’était là, justement, dans cette exploration des frontières arbitraires par lesquelles je me définis, et par le fait de pousser plus loin l’exploration de moi-même, là justement que naissaient les œuvres d’art ?

    Il y a des livres confortables. Ceux que l’on se sait capable d’écrire, parce qu’ils correspondent à l’auteur que nous pensons être. Ces ont des livres impeccables, très maîtrisés, d’une technicité au cordeau.

    Et puis il y a les livres vrais. Ceux que l’on doute d’avoir su écrire, ceux qui nous maintiennent sur le cordeau de notre sensibilité et de notre vulnérabilité, ceux qui se nourrissent de notre curiosité et nous posent des défis que seule notre créativité la plus débridée peuvent résoudre.

    Quand je parle de créativité débridée, je ne parle absolument pas de grande imagination. Ça c’est un raccourci cognitif qui évite de se confronter à la bonne question. La créativité, ce n’est pas la faculté d’imagination, c’est notre faculté à trouver des solutions sur-mesure à des problèmes qui semblent insolubles.

    Cela peut être aussi simple que de changer une tournure de phrase. Ou un décor. Ou de penser son roman comme un bouquet plutôt que comme une chronologie. Ou de trouver une manière de restituer un accent régional.

    Oui, tous ces exemples viennent d’auteurs avec lesquels je travaille ou ai travaillé.

    Notre travail n’est pas d’appliquer des techniques. Il n’est pas non plus de prendre position face à telle ou telle approche méthodologique.

    Bien sûr, certaines nous viendront avec plus d’aisance. Certaines nous paraîtront évidentes et seront un match instantané. D’autres nous demanderont plus de travail et nous paraîtront plus laborieuses. Certaines réclameront un effort qui nous semblera plus important. Certaines nous sembleront vides de sens.

    Notre travail est de ne pas nous arrêter à ces sensations mais de simplement les observer. De dire « d’accord, voilà comment ça me fait réagir quand j’aborde le projet de cette façon-là », et de continuer le travail.

    Parce que si l’on ne sait jamais par où viendra la solution à un problème créatif, notre intuition sait nous guider. Si elle nous dit « change de modalité de travail », nous devons l’écouter.

    Mais sa voix n’est pas plus élevée qu’un murmure tandis que les doutes, les râleries, l’angoisse du perfectionnisme, la rigidité des apprentissages (du « c’est comme ça que ça doit être fait), la peur du jugement des autres si l’on s’autorise à écrire ça, toutes ces voix s’expriment plus fort.

    Il faut donc apprendre à ignorer la cacophonie pour mieux discerner la voix délicate qui sait, qui sent, même quand ce qu’elle a à nous dire ne nous plaît pas, même quand ce qu’elle nous souffle signifie qu’il va falloir redoubler d’efforts, rencontrer de nouveaux espaces d’incertitudes, aller au contact de notre vulnérabilité, assumer notre singularité.

    C’est cet apprentissage du discernement que je vous propose à partir du 12 décembre, au cours d’un cycle d’ateliers d’un genre un peu différents :

    • 8 séances préenregistrées d’écriture guidée : pendant 8 de 12 semaines, vous recevrez un enregistrement dans lequel j’accompagnerai votre écriture. Vous serez invité à écrire en m’écoutant, 5 fois par semaine, 5 fois la même guidance.
    • 12 séances d’intégration en groupe. Une fois par semaine, nous échangerons sur votre pratique, vos séances, les sensations qui auront émergé, les questions que cela soulève, et la manière dont vous pouvez intégrer cette expérience à votre pratique en général

    Vous développerez votre curiosité et rencontrerez vos espaces de résistance autant que vos espaces de confort.

    Vous affinerez votre discernement.

    Vous apprendrez à dissocier vos états pendant l’écriture du jugement que vous portez sur votre pratique.

    Vous apprendrez à renforcer votre présence à l’écriture tout en cultivant une juste distance par rapport au texte.

    À l’issue de ces 12 semaines de pratique, vous aurez gagné en expansion. Votre créativité sera moins rigide, plus libre de vous surprendre.

    Vous gagnerez en curiosité et en discernement.

    Votre écoute de votre intuition sera plus fine.

    Vous garderez accès aux modules et pourrez ainsi poursuivre vos explorations en solo aussi longtemps que vous le souhaiterez.

    Les 8 sessions guidées vous permettront d’explorer 8 modalités d’écriture différentes qui sont autant de piliers sur lesquelles asseoir solidement votre pratique.

    Pour cette première cohorte, puisque je vais la construire avec vous et que vos retours me permettront de l’améliorer, le tarif sera de 397€.

    Et si vous vous inscrivez avant le 30 Novembre (la formation commence le 12 Décembre), économisez 100€ de plus en profitant d’un tarif avancé de 297€.

    Je travaille encore à la page de présentation et au lien de paiement. Vous pouvez vous inscrire par retour de mail, je vous donnerai tous les détails.

    Si vous avez des questions sur le contenu de ce mail ou sur la formation, cliquez simplement sur « Répondre » 😉

    Anaël Verdier

    PS : Le 12 décembre commence une nouvelle formation destinée à construire votre confiance dans le processus créatif. Vous y explorerez plusieurs formes de scènes et ferez connaissance avec touuuuuuuus les états qui peuvent surgir pendant vos sessions d’écriture. En vous inscrivant avec le 30 novembre, vous économisez 100€ sur un tarif déjà réduit (c’est la première cohorte, on va le construire ensemble).

    PPS : le Mastermind offre un espace d’accueil de votre écriture et d’exploration guidée de vos projets. Vous y rencontrez d’autres auteurs et normalisez l’acte d’écrire et ses étapes. Vous y trouvez de l’écoute en période de doute et des outils pour retrouver le fil de vos projets. Vous y recevez un accompagnement sur-mesure pour explorer les modalités de votre écriture et prendre vos marques à l’intérieur de votre quotidien d’auteur, où que vous en soyez de votre parcours. Et quand vous ne doutez pas, que la confiance est au rendez-vous, vous y recevez de quoi consolider votre pratique et votre méthode d’une manière qui vous ressemble et vous convienne.

    *** *** *** ***
    Si vous voulez travailler avec moi, plusieurs options :

    1. Découvrez l’intégralité des formations Une Page à la Fois sur cette page. Les accompagnements en direct ne s’y trouvent pas.
    2. Si vous êtes sensible aux décors, apprenez comment ils peuvent vous ouvrir les portes de votre intrigue et de vos personnages. En vous concentrant sur les détails d’un lieu, vous pouvez donner vie à toute une histoire.
    3. Le mastermind s’adresse aux auteurs qui veulent apprendre, par la pratique, avec les contraintes de leur vie, sans faux-semblants ni fantasmes des conditions idéales de l’écriture. Une page à la fois, vous apprendrez à reconnaître les étapes de votre processus créatif, et vous les apprivoiserez.
    4. Si vous préférez entrer dans l’histoire par les personnages, apprenez comment leurs paradoxes, plus que n’importe quel élément de caractérisation visible, leur permettra de laisser une trace indélébile dans l’imaginaire de vos lecteurs.

    Et toujours mon podcast et ma chaîne Youtube pour explorer votre relation à votre écriture.

    ***

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  • [CDD] Nouvelle Formation ! Rester présent au texte

    [CDD] Nouvelle Formation ! Rester présent au texte

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    Je vous ai parlé la semaine dernière d’un nouveau programme que je vous prépare pour explorer différentes modalités d’écriture.

    Ce programme consistera en deux volet :

    8 sessions d’écriture guidée.

    Il s’agit d’enregistrements audio que vous pourrez télécharger et que vous écouterez pendant que vous écrirez.

    Je conseille une fréquence de 5 de ces sessions d’écriture par semaine, afin d’en expérimenter différentes nuances. Quand je dis « 5 », c’est bien cinq écoutes de la même séance guidée.

    Le texte qui résultera de ces sessions ne nous intéressera pas directement. C’est l’expérience d’écriture que vous vivrez qui fera l’objet de nos conversations.

    C’est le second volet :

    12 séances de coaching de groupe.

    Vous partagerez vos expériences, et nous travaillerons à intégrer à votre pratique ce que vous vivez lors de vos sessions d’écriture.

    Il ne naîtra pas une « méthodologie » de cet atelier, au sens où une méthodologie serait composée d’une série d’étapes à franchir de manière systématique.

    Non, il naîtra bien mieux : une meilleure qualité de présence à l’écriture.

    Qu’est-ce que j’entends par là ?

    Le texte est une entité complexe. Il est constitué de multiples couches.

    Personnages, décors, intentions, émotions, sensations, rythme, mélodie, et d’autres encore.

    Nous pouvons écrire en nous concentrant sur l’une de ces couches à la fois, ou nous pouvons chercher à être présent à l’ensemble.

    À cela s’ajoute notre complexité à nous, d’être humain en train de vivre une expérience humaine. Écrire peut nous amener dans des états de conscience modifiée. Écrire peut amplifier nos ressentis, intensifier nos émotions. Écrire peut nous mettre en relation avec des expériences de nos vies que nous avons ou pouvons avoir du mal à intégrer ou gérer.

    Nous pouvons nous désengager de l’écriture lorsque l’intensité émotionnelle d’un texte devient trop grande, ou nous pouvons apprendre à rester présent avec le texte et avec l’écriture y compris dans ces moments de grande intensité.

    À cela s’ajoute un contexte d’écriture pas toujours favorable. Nous écrivons parfois fatigué, pressé par le temps, préoccupé par les choses de notre vie, dérangés par de l’agitation ou du bruit autour de nous, nous pouvons avoir l’impression de devoir « voler » du temps à d’autres activités pour le consacrer à notre écriture.

    À cause de ces contexte moins qu’idéaux, nous pouvons avoir de la difficulté à nous sentir « dans » le texte, nous pouvons nous sentir agités, dispersés, avoir envie d’être partout sauf avec le texte.

    Nous pouvons suivre cette impulsion qui nous éloigne de l’écriture ou choisir de rester présent dans l’acte d’écriture malgré notre contexte.

    Enfin, il y a la matière. La matière, c’est le texte lui-même, qui peut sortir avec plus ou moins de facilité. Les mots peuvent couler naturellement ou résister, les idées peuvent s’enchaîner de manière fluide ou faire des nœuds. La matière peut sembler revêche ou complice, alliée ou ennemie.

    Là encore, nous avons le choix : décider de nous détourner de toute matière un peu « difficile » ou rester présent avec toutes les natures de textes.

    Ces différents niveaux de présence, je me rends compte que beaucoup d’auteurs avec qui je travaille ne prennent pas le temps de les apprivoiser.

    Nous avons tendance à vouloir que notre écriture soit toujours plaisante, fluide, qu’elle ne nous paraisse jamais laborieuse, nous avons l’impression que l’écriture n’a de valeur que si elle est « plaisante ». Nous nous battons pour trouver le « plaisir du texte ».

    Or, la facilité de l’acte d’écriture ne présage en rien de la qualité du texte qui émerge.

    Et la forme initiale d’un texte ne présage en rien de ce qu’il peut devenir.

    Vous pouvez écrire avec beaucoup de difficulté un texte très laborieux et, en quelques sessions de réécriture, en faire l’une des plus pages de l’histoire de la littérature.

    Ou vous pouvez écrire avec énormément de facilité un texte fluide et harmonieux mais qui ne réussira jamais à être dense, riche ou capable de toucher un lecteur au cœur.

    Il me parait essentiel, dans un parcours d’auteur, d’apprivoiser les états du texte et d’augmenter notre capacité à rester présent avec l’écriture dans ses différentes modalités.

    Lorsque nous cessons d’être présents, l’écriture se désincarne. Elle reste en surface. Elle tend à nous paraître creuse.

    En renforçant notre aptitude à la présence, nous renforçant notre capacité à rester dans une écriture incarnée, c’est-à-dire une écriture solidement ancrée (elle n’est pas « perchée », elle reste cohérente et logique) et inspirée (elle puise à notre singularité et notre inconscient).

    C’est ce que je vais travailler avec vous si vous décidez de rejoindre cette formation.

    Les sessions d’écriture guidées concentreront votre attention sur les états qui accompagnent votre écriture au moment où vous les traversez. Vous vous habituerez à opérer sur deux niveaux de jeu simultanément : à la fois conscients de votre texte et de vous-même.

    Les sessions de coaching de groupe vous permettront de verbaliser et conscientiser, d’observer et d’intégrer et de questionner votre expérience.

    Nous ne travaillerons pas, durant cet atelier, sur des techniques externes mais sur votre agilité interne. L’objectif est d’assouplir votre rapport à votre pratique. De vous dégager de toute forme de crispation que vous pourriez ressentir autour de certaines idées figées de ce à quoi votre écriture devrait ressembler.

    Il n’y a pas de règle.

    Ce n’est pas parce que vous prenez plus de plaisir à certaines modalités que le résultat est meilleur.

    La fluidité n’est pas synonyme de qualité du résultat.

    Et le résultat lui-même n’est ni bon ni mauvais, c’est une matière brute sur laquelle, ensuite, vous pouvez travailler.

    À force de détacher sensations et jugements, vous reprogrammerez votre sentiment de plaisir. Plutôt que de l’associer uniquement à certaines sensations très restreintes et aléatoires (votre degré d’ »inspiration », la facilité avec laquelle les mots sortent, la clarté de vos idées, la perfection de votre contexte…), vous vous habituerez à vous réjouir de toutes vos sessions d’écriture et de toutes les matières que vous serez amenés à produire, parce que toutes, absolument toutes :

    • témoignent du fait que vous investissez de votre attention dans une activité et un projet qui vous tiennent à cœur et vous nourrissent
    • vous font progresser, même si vous ne le voyez pas
    • font exister votre projet, même si vous nagez en pleine confusion.

    Le programme débute le 12 Décembre et dure 12 semaines.

    Pendant ces douze semaines, nous explorerons huit modalités d’écriture.

    Vous recevrez un module par semaine pendant deux semaines, puis vous profiterez d’une semaine sans module qui servira de semaine d’intégration pour vous permettre de refaire certains exercices ou de rattraper votre retard.

    Donc, ça fait :

    Semaine 1 : module 1

    Semaine 2 : module 2

    Semaine 3 : intégration

    Semaine 4 : module 3

    etc.

    Il y aura bien 12 appels de groupe, donc un appel par semaine, y compris les semaines d’intégration.

    Chaque appel durera une heure trente.

    À terme, le tarif de cette formation sera de 997 €

    Pour cette première cohorte, puisque je vais la construire avec vous et que vos retours me permettront de l’améliorer, le tarif sera de 397€.

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    Anaël Verdier

    PS : Le 12 décembre commence une nouvelle formation destinée à construire votre confiance dans le processus créatif. Vous y explorerez plusieurs formes de scènes et ferez connaissance avec touuuuuuuus les états qui peuvent surgir pendant vos sessions d’écriture. En vous inscrivant avec le 30 novembre, vous économisez 100€ sur un tarif déjà réduit (c’est la première cohorte, on va le construire ensemble).

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    2. Si vous êtes sensible aux décors, apprenez comment ils peuvent vous ouvrir les portes de votre intrigue et de vos personnages. En vous concentrant sur les détails d’un lieu, vous pouvez donner vie à toute une histoire.
    3. Le mastermind s’adresse aux auteurs qui veulent apprendre, par la pratique, avec les contraintes de leur vie, sans faux-semblants ni fantasmes des conditions idéales de l’écriture. Une page à la fois, vous apprendrez à reconnaître les étapes de votre processus créatif, et vous les apprivoiserez.
    4. Si vous préférez entrer dans l’histoire par les personnages, apprenez comment leurs paradoxes, plus que n’importe quel élément de caractérisation visible, leur permettra de laisser une trace indélébile dans l’imaginaire de vos lecteurs.

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  • [CDD] Distinguer le ressenti de l’analyse

    [CDD] Distinguer le ressenti de l’analyse

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    Reader,

    Dans la lecture que nous faisons des différentes versions de nos textes, et aussi dans les retours que nous offrent nos lecteurs, à tous les stades du projet (de la ß à la version éditée), il convient de distinguer entre le ressenti, toujours juste, et l’analyse, qui peut être fausse.

    Le ressenti, c’est la sensation intime, subjective, qui trahit la réaction émotionnelle du lecteur face au texte.

    L’analyse c’est l’explication que nous construisons pour donner sens à ce ressenti.

    Nous pouvons ressentir un décrochage face à une scène mal construite parce que nous nous ennuyons.

    Nous pouvons analyser que cette scène nous a ennuyé parce qu’elle a manqué de rythme, par exemple.

    L’analyse est intéressante et utile parce qu’elle nous permet d’amener le texte vers la version qui colle le mieux à nos intentions.

    Ce n’est pas toujours pour le corriger — on peut vouloir rendre palpitantes les parties ennuyantes –, cela peut aussi être pour le pousser plus loin — on peut vouloir rendre encore plus déchirante une scène déjà émouvante.

    Pour pouvoir rapprocher le texte de nos intentions à partir d’un retour de lecture (que l’on se fasse ce retour à soi-même ou qu’il vienne d’un lecteur), nous avons besoin d’identifier avec justesse les causes (mécaniques) qui sont à l’origine du ressenti (instinctif).

    En identifiant les bonnes causes, nous identifier des leviers d’écriture pertinents. Par exemple, si l’ennui vient bien d’un manque de rythme, il me suffit de questionner et travailler le rythme de la scène pour chasser l’ennui.

    Là où cela se complique, c’est l’analyse n’est pas toujours bonne.

    Le ressenti, lui, l’est toujours. On ne peut pas douter d’un ressenti. Le lecteur vit ce qu’il vit.

    La difficulté vient de ce qu’un même ressenti peut venir d’une multitude de facteurs différents.

    Une partie de ces facteurs dépend du lecteur, et pas du texte : un sujet qui ne nous intéresse pas, un thème qui nous plonge dans l’inconfort, des circonstances de lecture qui nous empêchent « d’entrer dans le texte », une écriture qui ne correspond pas à notre sensibilité esthétique, sont autant de raisons de décrocher d’un texte qui n’ont rien à voir avec la technique de ce texte, et tout à voir avec la sensibilité particulière du lecteur;

    Vous pouvez être le meilleur romancier du monde, il y aura toujours des lecteurs pour rester hermétiques à votre travail parce qu’il ne leur correspond pas. C’est une histoire de rencontre et de relation. Parfois, ça ne prend pas, et on n’y peut rien.

    Les ressentis sont vrais, sincères, légitimes, entiers, et leurs causes, quand elles sont identifiées, nous permettent uniquement de dire : « Bon, tant pis ».

    Une autre partie des facteurs de ressenti viennent du texte. La sensibilité du lecteur s’accorde bien avec celle du texte, mais quelque chose dans l’agencement de l’histoire, du style, de l’intrigue, des personnages… manque de fluidité ou d’achèvement. Je ne vais pas énumérer tout ce qui peut, mécaniquement, empêcher un texte de faire son meilleur effet, parce qu’on y serait encore la semaine prochaine, mais entrent dans cette catégorie toutes les dimensions structurelles au sens large de tout ce qui permet à l’histoire d’être racontée, de l’intrigue au style en passant par le thème, l’univers et la narration.

    Quand l’analyse du ressenti fait ressortir un élément mécanique, c’est une aubaine, puisque nous pouvons fourbir notre savoir-faire d’auteur-technicien et mettre les mains dans le cambouis pour dégripper le texte.

    Le problème, c’est que le passage du ressenti à l’analyse est loin d’être évident. Étant donnée la complexité du millefeuille textuel, et étant donnée la complexité du tissu émotionnel agité par l’histoire, tisser des liens justes demande une part d’expertise, une part d’intuition et une part de chance.

    C’est pour cela que nous n’affirmons jamais rien en écriture, nous émettons des hypothèses. C’est seulement une fois que l’hypothèse a été testée et validée par l’expérimentation que nous acceptons que, peut-être, c’était la bonne piste.

    Peu de lecteurs ont un niveau d’expertise technique, ou un recul sur eux-même suffisants pour émettre des hypothèses ou des analyses justes et utiles, mais tous ont un vécu sincère et un ressenti juste et authentique.

    Lorsque vous recevez des retours de lecture, en particulier en bêta-lecture, essayez d’entendre ce qui s’exprime entre les lignes. Ne vous attardez pas à la raison qui est formulée, mais tentez d’entendre le vécu du lecteur.

    Interrogez, investiguez, cherchez à faire émerger un vocabulaire émotionnel, à entendre quelles cordes sensibles votre texte a fait vibrer chez le lecteur (et je précise que ce lecteur, ça peut être vous).

    N’attendez pas un retour clef en main qui vous donnera le mode d’emploi étape par étape qui vous permettra d’aboutir votre texte.

    L’expert de votre histoire, c’est vous. C’est à vous qu’incombe la responsabilité d’émettre les hypothèses de travail.

    Et cela commence par le fait de distinguer entre le ressenti et l’analyse.

    Dans mes ateliers, dans le mastermind, quand je lis vos textes, ma priorité c’est de vous faire adopter ce regard. Comment reconnaître ce qui est en jeu dans la lecture et comment éviter les erreurs d’analyse. Il ne s’agit pas de poser une grille de lecture arbitraire sur le texte mais d’interroger ce qui se joue dans la lecture.

    Qu’est-ce qui me fait dire « c’est nul » ? Comment traduire, en termes mécaniques, ce qui s’exprime quand j’ai l’impression que mon histoire manque de densité ?

    La technique est au service de cette analyse.

    Anaël « Analyste des ressentis » Verdier

    PS : Le mastermind vous offre un espace où partager votre expérience de la pratique avec d’autres auteurs en activité, et de les entendre parler, eux-aussi, de leurs expériences et de leurs états et de ce que ça leur fait et de comment ils rebondissent et surfent sur leur pratique. Normaliser ce que vous vivez en constatant que pour les autres, c’est pareil, vous aide à en faire une expérience normale, neutre, puis jubilatoire.

    *** *** *** ***
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    1. Si vous êtes sensible aux décors, apprenez comment ils peuvent vous ouvrir les portes de votre intrigue et de vos personnages. En vous concentrant sur les détails d’un lieu, vous pouvez donner vie à toute une histoire.
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    3. Si vous préférez entrer dans l’histoire par les personnages, apprenez comment leurs paradoxes, plus que n’importe quel élément de caractérisation visible, leur permettra de laisser une trace indélébile dans l’imaginaire de vos lecteurs.

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    Reader,

    Faisons un point.

    Si vous venez de vous inscrire sur cette liste, vous vous demandez peut-être pourquoi j’écris si peu. Si vous êtes abonné depuis longtemps, vous avez peut-être remarqué que ma régularité s’est distendue.

    J’ai eu à réfléchir à l’objet de ma pratique d’accompagnateur. Ainsi qu’à ma pratique d’auteur.

    Tout a changé en très peu de temps.

    Le confinement a propulsé un tas de nouveaux « profs d’écriture » sur le web. L’IA est venue questionner nos pratiques. J’ai beaucoup travaillé et publié. Le paysage a changé, la culture a bougé, des prix ont cessé, d’autres sont nés, avec plus ou moins de bonheur. Les chiffres officiels de la lecture ne cessent de chuter, mais ils ne prennent pas en compte l’autoédition qui, elle, continue à monter.

    Cette autoédition qui n’était que le fruit d’une poignée d’auteurs avant-gardistes et expérimentaux s’est mué en une industrie à part entière, avec ses grands succès, ses grandes promesses, ses grandes déceptions et ses humbles réussites.

    Le milieu est en crise, mais seulement si on le regarde par un certain angle. D’un autre angle, on se rend compte qu’il est vivace, plein de propositions innovantes et jubilatoires, peut-être plus éclaté mais aussi plus divers.

    Je suis, à une certaine distance, ce que proposent mes collègues et quelque chose se tord dans mon ventre. L’intuition d’un manque, d’une direction qui ne me satisfait plus. L’impression que les formations offertes passent à côté. Je m’inclus dans le lot. Avant de lancer les cycles d’accompagnement, avant de lancer le mastermind, j’ai essayé mille et une formes d’enseignement qui « y étaient presque ».

    Avec le temps, avec l’expérience, je réalise deux choses :

    1. Je suis résolument punk. Très peu pour moi les promesses de best sellers et les conseils qui poussent à s’inscrire dans les mouvances du moment.
    2. Je prône l’écriture d’abord, le projet ensuite. Cela peut sembler paradoxal, puisque je répète à l’envi qu’il faut finir vite et finir souvent. J’y reviendrai.
    3. Tout le monde, ou presque, s’adresse aux auteurs qui n’ont pas encore écrit, qui se débattent avec un premier roman. Presque personne ne s’adresse aux problématiques d’écriture globales, c’est-à-dire à celles qui concernent les auteurs de tout niveau, de toute méthode, aux questions du quotidien, à la question de l’identité d’auteur (la vision que je veux explorer et développer et réaliser et élargir dans ma pratique sur la durée).
    4. La plupart des approches visent à restreindre le champ de la pratique en prônant une méthode, qui serait LA méthode qui les unirait toutes, qui fonctionnerait tout le temps pour tous les projets et pour tous les auteurs. Rien ne saurait être plus éloigné de la réalité vécue par les auteurs dont la pratique, par essence, se nourrit de créativité, de curiosité, d’exploration, d’innovation constante.

    À partir de ces constats, je prends conscience de mon programme : donner aux auteurs, où qu’ils se situent sur leur parcours, les moyens de s’épanouir à leur façon, favoriser leur individuation et encourager leur singularité.

    C’est déjà ce que je cherchais à faire, trop en force, à l’époque de mon Académie d’écriture. C’est ce que j’ai cherché à faire, trop dans la technique, à l’époque de Seshat.

    C’est ce que je continue à chercher aujourd’hui dans le Mastermind, cet espace où je préconise le moins possible, où j’écoute le plus possible. L’espace du Mastermind se veut un safe space pour les auteurs, un lieu où elles se sentent libres d’explorer et d’apprivoiser leur pratique, libres d’oser toutes les formes, des plus conventionnelles aux plus expérimentales.

    Un espace où l’on ne parle pas d’architectes ou de jardiniers, mais où l’on accueille les états et les étapes des projets telles qu’elles se dévoilent dans la pratique.

    Un espace, enfin, où les auteurs construisent une vraie confiance dans leur compétence et leur capacité à faire, de manière authentique et alignée, dans le respect de leurs singularités et de leur vision.

    Un espace où les auteurs s’habituent à respecter leur rythme, dans l’écoute de leurs disponibilités émotionnelle, créative, physique, psychique… (la vie peut imposer ses propres priorités).

    L’écriture se conjugue sur le temps long.

    On ne fait pas un auteur sur un seul livre.

    On se découvre auteur, ou plutôt, l’auteur que l’on est, tout au long de sa vie, au fil des projets et des crises, des rencontres et des ruptures.

    C’est pour cela que, même si je place la pratique (l’acte d’écrire) avant le projet (le fait de produire un livre), je recommande aussi de concentrer la pratique sur des projets. La nuance, subtile, revient à se soucier moins de la réussite du projet que de ce que cela nous fait d’écrire ce projet, de lutter, de prendre des décisions, de rencontrer la fluidité, de douter, de finir, de faire lire.

    Comment l’expérience de l’écriture dévoile-t-elle de nouveaux pans de notre vision ?

    Comment ce projet nous informe-t-il des livres que nous aimons/n’aimons pas, voulons/ne voulons pas écrire ?

    Comment l’expérience de la matière du projet (l’histoire, les personnages, l’intrigue, l’univers, la langue, etc.) révèle-t-elle notre identité d’auteur, les traits singuliers de notre manière d’écrire ?

    C’est très différent d’inscrire le projet dans une Histoire, la nôtre, celle de « notre auteur », que de se concentrer sur le projet uniquement.

    En déplaçant le regard du projet vers la pratique, nous nous libérons du besoin de trouver LA méthode définitive qui règlera une fois pour toutes nos questions d’écriture et nous affranchira de nos doutes.

    Nous apprenons que la matière, de l’écriture cette fois, ce sont ces doutes, ces décisions à prendre, ces motifs, cette couleur à donner à la langue, aux personnages, à nous-même dans l’instant où, fesses sur la chaise, doigts sur le clavier (ou le stylo), nous plongeons dans cette transe propre à l’écriture, où nous rencontrons cet autre nous-même, qui est l’auteur en nous.

    C’est pour poser des mots sur ces intuitions que j’ai pris du recul ces derniers mois, parce que mes expériences d’écriture et mon exposition aux propositions pédagogiques de mes collègues et le travail hebdomadaire avec les auteurs qui m’offrent leur confiance dans le Mastermind et les cycles d’accompagnement ont permis l’émergence de ces lignes de force.

    Dès Septembre, je m’attacherai à formaliser ces directions clarifiées dans un essai/manifeste, d’abord, que j’écrirai en retraite cet été.

    En consolidant ma communication, ensuite. Puis en restructurant mon offre d’accompagnement autour des pôles qui émergent de cette réflexion.

    Comme toute pensée en cours de formation, celle-ci sera tâtonnante, se contredira parfois, suivra des pistes qui ne mèneront nulle part et d’autres qui la renforceront. Je mènerai ce travail tantôt en privé, tantôt en public, aussi pour dédramatiser le processus.

    Écrire, penser, ce ne sont pas des activités linéaires ou propres. Elles sont brouillonnes, souvent chaotiques et désordonnées. Ce qui importe, c’est notre capacité à tisser des liens, pas la fantasmée discipline d’une matière qui se plierait à nos besoins de clarté.

    Anaël « en mouvement » Verdier

    PS : il n’existe pas UNE méthode, mais des OUTILS qui, comme tout outil, ont chacun un domaine d’application précis. Apprendre ces outils vous donne de la liberté mais ne doit pas vous enfermer. Les outils sont à votre service, pas l’inverse.

    PS : Le mastermind vous offre un espace où partager votre expérience de la pratique avec d’autres auteurs en activité, et de les entendre parler, eux-aussi, de leurs expériences et de leurs états et de ce que ça leur fait et de comment ils rebondissent et surfent sur leur pratique. Normaliser ce que vous vivez en constatant que pour les autres, c’est pareil, vous aide à en faire une expérience normale, neutre, puis jubilatoire.

    *** *** *** ***
    Si vous voulez travailler avec moi, plusieurs options :

    1. Si vous êtes sensible aux décors, apprenez comment ils peuvent vous ouvrir les portes de votre intrigue et de vos personnages. En vous concentrant sur les détails d’un lieu, vous pouvez donner vie à toute une histoire.
    2. Le mastermind s’adresse aux auteurs qui veulent apprendre, par la pratique, avec les contraintes de leur vie, sans faux-semblants ni fantasmes des conditions idéales de l’écriture. Une page à la fois, vous apprendrez à reconnaître les étapes de votre processus créatif, et vous les apprivoiserez.
    3. Si vous préférez entrer dans l’histoire par les personnages, apprenez comment leurs paradoxes, plus que n’importe quel élément de caractérisation visible, leur permettra de laisser une trace indélébile dans l’imaginaire de vos lecteurs.

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  • [CDD] Les états de l’écriture

    [CDD] Les états de l’écriture

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    Reader,

    Je termine de coanimer 4 séances d’ateliers de 3 heures sur la thématique « Le clown et l’écriture » avec le Théâtre du Chapeau. C’était une expérience enrichissante à de nombreux niveaux.

    Celui qui m’intéresse aujourd’hui c’est la question des états de l’écriture.

    Le clown est un personnage de théâtre qui ne vit que pour et par les états émotionnels qui le traversent. Tout ce qu’il fait, tout ce qu’il voit, tout ce qu’il expérimente, toutes ses relations, font naître en lui une réaction instinctive, brute, qu’il partage avec le public et qui informe ses réactions.

    C’est une version exacerbée de ce que nous faisons lorsque nous jetons nos personnages dans des situations pour encourager leur transformation.

    Nous les jetons dans l’arène et demandons : comment ça leur fait ? où est-ce que ça les touche ?

    C’est ainsi que progressent les histoires.

    Et pour l’auteur ?

    Pour l’auteur c’est différent.

    Les états que nous traversons servent rarement à nous rapprocher de notre objectif (finir le livre). Souvent, même, ils nous en éloignent.

    Nous nous sentons fatigués par le travail d’écriture de la journée et nous disons : « ça ne sert à rien de continuer ».

    Nous relisons une scène dont nous sommes fier et nous pensons : « je suis génial, les mots coulent à travers moi sans effort », et le lendemain, quand la production se révèle plus laborieuse, nous croyons que c’est un problème. Nous suspectons le projet d’avoir pris une mauvaise direction, alors que c’est juste notre expérience de la pratique qui diffère.

    Certains jours, nous n’arrivons pas à produire et nous construisons toute une histoire autour du fait que nous ne savons plus faire, que n’avons jamais su faire, que l’écriture c’est pour les autres, pas pour nous.

    Et une infinité d’autres états entre ces extrêmes, de la dissipation à la perte de concentration, de la fascination pour un détail à la dispersion dans une vision trop générale de l’histoire.

    Ces états, tous ces états, sont normaux.

    Aucun n’est extraordinaire.

    Aucun n’est, à lui seul, le révélateur de ce qui fonctionne ou ne fonctionne pas dans notre pratique ou notre projet.

    Prenons ces états pour ce qu’ils sont : des vagues d’émotions et de sensations liées à notre contexte et à une myriade de facteurs dont un bon nombre n’a rien à voir avec l’acte d’écrire.

    Des vagues fugaces, temporaires, animées par un rythme de va et vient dont la fréquence évolue avec les saisons, les phases de la lune et les mouvements telluriques.

    Pas un discours sur notre compétence.

    Pas un commentaire de notre psyché sur la qualité de notre projet.

    Plutôt quelque chose comme la météo de votre pratique. Un jour il fait beau, un jour il pleut. La météo ne dit rien de vous. Elle peut vous affecter, mais ne vous concerne pas directement.

    Alors bien sûr, si certains attitudes se répètent de manière trop systématique (par exemple une soudaine envie de changer de projet à chaque fois que vous atteignez la moitié d’une histoire), ça vaut le coup d’explorer davantage ce qui vous arrive à cet endroit-là, mais le comportement et l’état sont deux choses différentes.

    Vous pouvez bloquer et vous sentir mal. Comme vous pouvez bloquer et rester indifférent.

    L’une des pistes pour atteindre la productivité dont vous rêvez, c’est d’atteindre ce détachement par rapport aux états qui accompagnent l’écriture.

    « Détachement » ne signifie pas que vous ne ressentiez plus rien. C’est simplement que vous avez la capacité à ne pas prendre vos états personnellement. Vous pouvez être agacé par votre projet mais ne pas en tirer un commentaire sur votre pratique ou votre compétence ou la validité de votre projet.

    Les clowns apportent cette distance en nommant leurs états pendant l’écriture et en s’interrogeant après coup : « qu’est-ce que ça me fait d’avoir eu du mal à écrire ? ». Si, au moment de la lutte intérieure entre le besoin de se concentrer et la difficulté à maintenir le cap, la réponse peut être « c’est horrible » ; après coup, une fois le cahier refermé, le constat peut être « c’était fun ! » ou « je m’en moque ».

    Oui, « c’était fun », parce que l’expérience de l’écriture et une forme de jeu, un moment que l’on s’offre à soi-même d’exploration de notre imaginaire et des histoires qu’il contient, et des émotions qu’il porte et nous propose.

    Même si c’est parfois exigeant, parfois rageant, même si parfois ça n’est pas fluide, et même quand c’est fluide et que ça nous régale, ce que nous cherchons, ce n’est pas une expérience unique, toujours la même, toujours limpide, c’est la richesse de tout ce que vivre l’écriture nous offre.

    C’est comment écrire, l’acte même d’écrire, met en exergue notre capacité à vivre, c’est-à-dire à ressentir une multitude de choses, à être traversé par toute un dégradé de sensations et d’images et même, parfois, n’être traversé par rien d’autre qu’un vide désespérant et s’en réjouir.

    Pouvez-vous vous entraîner cette semaine à distinguer l’expérience des états que votre pratique vous permet de vivre des discours que vous portez sur ces états ?

    Pour gagner en détachement et gagner en légèreté et en jubilation d’écriture.

    Anaël Verdier

    PS : Le mastermind vous offre un espace où partager votre expérience de la pratique avec d’autres auteurs en activité, et de les entendre parler, eux-aussi, de leurs expériences et de leurs états et de ce que ça leur fait et de comment ils rebondissent et surfent sur leur pratique. Normaliser ce que vous vivez en constatant que pour les autres, c’est pareil, vous aide à en faire une expérience normale, neutre, puis jubilatoire.

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    2. Le mastermind s’adresse aux auteurs qui veulent apprendre, par la pratique, avec les contraintes de leur vie, sans faux-semblants ni fantasmes des conditions idéales de l’écriture. Une page à la fois, vous apprendrez à reconnaître les étapes de votre processus créatif, et vous les apprivoiserez.
    3. Si vous préférez entrer dans l’histoire par les personnages, apprenez comment leurs paradoxes, plus que n’importe quel élément de caractérisation visible, leur permettra de laisser une trace indélébile dans l’imaginaire de vos lecteurs.

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  • [CDD] Technique et intuition

    [CDD] Technique et intuition

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    Reader,

    Ce qu’on apprend très vite en écriture c’est qu’on a tous une intuition super affûtée et développée de ce qui marche ou pas dans une histoire. On le sent, quand ça ne marche pas. On ne sait pas pourquoi, mais on le sent.

    Le problème, c’est que cette intuition ne communique pas toujours de manière hyper efficace avec notre logique (la part de nous qui est capable de prendre un problème et de le solutionner méthodiquement).

    Par exemple, l’intuition va ressentir qu’on a une décision à prendre à propos d’un personnage.

    Elle pourrait toquer à la porte de la conscience et lui faire un rapport : « salut, j’ai vu que t’étais pas fixée sur tes personnages, là, et tant que tu ne décideras pas si elle le quitte ou non, ça ne marchera pas. Parce que ça traîne en longueur, là. Elle veut, elle veut pas, c’est bon, on a compris ! »

    La créativité consciente n’aurait qu’à dire  » ah ben ouais, t’as raison, attends, je m’en occupe « .

    Ce serait pratique.

    Mais non !

    Ça ne se passe pas comme ça.

    L’intuition communique par des canaux différents.

    Elle s’exprime dans le corps (« rho, j’ai vachement envie d’aller faire un tour tout d’un coup » ou « je me ferais bien un petit sandwich »),

    Elle passe aussi par la voix du critique interne (« c’est nul », « ça marchera jamais », « un escargot écrirait mieux que moi ! », « ça ne sert à rien de toute façon », vous connaissez),

    Elle peut aussi passer par une perte de concentration moins flagrante, mais tout aussi signifiante.

    L’apprentissage d’une certaine technique a comme effet, entre autres, de fluidifier la communication entre ces deux dimensions de nous.

    En apprenant à reconnaître, puis à nommer ce qui se passe au moment où cela se passe, vous pouvez plus facilement agir à partir des signaux envoyés par votre intuition.

    Plutôt que de dire : « je crois qu’il y a un truc qui ne va pas mais je ne sais pas quoi », vous pouvez émettre une hypothèse sur la source du problème et imaginer une solution adaptée.

    Quand vous avez un vocabulaire pour nommer ce que vous vivez, vous pouvez plus facilement sortir de la confusion qui accompagne souvent la création pure.

    En fiction, même avec beaucoup de préparation, vous découvrez l’histoire sous vos doigts. C’est en l’écrivant que vous lui donnez naissance, ce qui signifie qu’elle peut exister avec beaucoup de détails dans votre imagination, c’est seulement quand l’encre a séché sur le papier que vous pouvez dire : « ah ! c’est donc ça que j’écrivais ».

    Du coup, on se retrouve à vivre des tas de trucs pendant qu’on écrit, et à voir les résultats sur la page sans forcément savoir comment ces deux aspects de nous communiquent, ni savoir quoi en faire.

    L’apprentissage d’un regard précis, informé par une certaine technicité, la faculté, par exemple, à savoir distinguer la dramaturgie de la narration*, permet de donner du sens à ce « tas de trucs » qui, autrement, peut être source de confusion.

    Une part de la confusion vient du fait que, lorsque vous posez les mots sur le papier, ils ne reflètent pas assez bien la réalité de ce qui est dans votre tête.

    Cela s’explique par le fait que, dans votre tête, coexistent toutes les versions possibles de votre histoire tandis que sur la page, il n’y a qu’une seule version.

    C’est comme dans Le Petit Prince. Chaque fois que le narrateur dessine un mouton, il y a quelque chose qui ne va pas. Le mouton est trop ci, ou trop ça. Et c’est seulement quand le mouton n’est pas dessiné, quand il reste dans la boîte, que le Petit Prince est satisfait.

    Mais le mouton, dans sa boîte, il ne peut pas vivre. Et le Petit Prince, pardon de vous le dire, mais c’est un petit emmerdeur.

    Notre travail, la partie à mon avis la plus difficile de notre travail, en tant que créateurs, c’est de faire le deuil de l’histoire qui pourrait être et d’accepter celle qui est.

    Ça ne veut pas dire qu’on ne cherche pas à nous rapprocher le plus possible de ce qu’on voudrait être capable de produire, mais je crois qu’un mouton vivant, libre de gambader, même s’il est trop vieux ou trop maigre ou je ne sais quoi, ce mouton-là vaut mille fois mieux qu’un mouton idéal enfermé dans une boîte.

    Et ce qui aide à faire ce deuil, c’est d’apprendre à reconnaître quand l’histoire marche, quand sa forme est assez proche de son intention.

    La chose la plus importante que peut vous apporter l’apprentissage de la technique, c’est cette capacité à reconnaître l’horlogerie fine qui sous-tend votre projet et l’aptitude à agir sur ses mécanismes les plus fins.

    Ainsi, vous laisserez votre perfectionnisme au placard et finirez enfin ces projets qui vous tiennent tant à cœur.

    Anaël Verdier

    * Pour rappel, la dramaturgie, c’est le travail (urgos) des actions (drama) ; et la narration c’est l’art de raconter (narrare) ces actions.

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    1. Si vous êtes sensible aux décors, apprenez comment ils peuvent vous ouvrir les portes de votre intrigue et de vos personnages. En vous concentrant sur les détails d’un lieu, vous pouvez donner vie à toute une histoire.
    2. Le mastermind s’adresse aux auteurs qui veulent apprendre, par la pratique, avec les contraintes de leur vie, sans faux-semblants ni fantasmes des conditions idéales de l’écriture. Une page à la fois, vous apprendrez à reconnaître les étapes de votre processus créatif, et vous les apprivoiserez.
    3. Si vous préférez entrer dans l’histoire par les personnages, apprenez comment leurs paradoxes, plus que n’importe quel élément de caractérisation visible, leur permettra de laisser une trace indélébile dans l’imaginaire de vos lecteurs.

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