Rappel pour moi-même. Les 8000 nouveaux mots que j’ai écrits pour Isphelia il y 2 semaines ont été l’une des meilleures expériences de mon été. C’est pas que les mots aient été incroyables, c’est qu’écrire des histoires est ce qui me fait sentir à ma place. C’est ce pour quoi je suis fait, faut croire.
Alors pourquoi m’en priver ? Pourquoi, sous prétexte que c’est difficile de trouver des lecteurs et de vendre des livres, me priver de ce qui me fait le plus de bien dans cette vie ?
Pourquoi est-ce que je dépense autant d’énergie à me faire croire que ça n’en vaut pas la peine ? Que ça n’intéresse personne ? Que c’est du temps perdu, alors que je n’ai jamais tant l’impression de perdre mon temps que quand je n’écris pas ?
Chaque minute passée sans écrire est une minute à attendre de m’y remettre. Et je ne parle pas d’écrire n’importe quoi. Par exemple ceci ne compte pas. Je parle de plonger dans mon imaginaire et d’en revenir avec une histoire ou un fragment d’histoire, avec des personnages et un monde, avec des émotions et des espoirs.
Qu’y a-t-il de plus magique que de donner forme à ce qui n’existait pas avant ? Qu’y a-t-il de plus magique que de faire communiquer nos imaginaires par le truchement des mots posés sur la page. Je n’écris plus pour être compris mais pour rêver à voix haute et vous embarquer dans mes rêves.
J’ai dépassé le stade où je m’identifiais à mes livres, où chaque histoire devait endosser l’ensemble de ma vérité. Au lieu de ça, je laisse chaque histoire porter la sincérité d’une part de moi ou du monde. Un extrait, une petite étincelle grossie au microscope, prenant toute la place le temps d’un récit.
Je n’en peux plus d’attendre pour écrire de nouvelles choses. Le deal, c’était de finir les textes en réécriture avant de démarrer quelque chose de neuf. Je romps le deal. Je suis malheureux dans le deal. Je trouverai la routine qui me permettra de finir les textes en attente tout en explorant de nouvelles choses. L a Bête en moi, celle qui fabrique des rêves et me les confie pour que je les change en mots, est sur le point d’exploser. Je dois la libérer de l’excédent d’images et de sensations qui lui écrase la trachée.
Peut-être, rien n’est sûr, que cet espace, ce « journal », va recommencer à accueillir des fictions flash. À suivre…