Revenir au corps. Réinvestir chaque cellule. Retrouver les sensations dont l’esprit suractivé, surstimulé, s’est coupé à cause du stress, de l’anticipation, de la gestion de l’urgence dont il a choisi de s’occuper cette fois-ci.
Apprendre ces sas de retour à soi et à sa justesse intérieure, celle d’où peuvent émerger les rêves et les mots. Sans elle, les mots ne sont que bouillie mentale, dépourvus de poésie, qui est le regard fin posé sur le monde. Sans elle, les rêves sont confinés au possible. Sans elle, les histoires ne sont que commentaire du réel.
Or créer c’est élargir le monde, ouvrir les possibles, s’attarder sur un instant pour le mettre en expansion, tel un petit univers de poche.
Revenir au corps, donc. Respirer, s’allonger au soleil, se caresser, écouter, jouer à nommer les senteurs que l’air fait cabrioler sous nos narines, vibrer.