En entendant mal le titre d’un livre que je vais recycler parce qu’il ne m’a pas plu, j’ai retenu Parler rafale. Ça m’a donné l’image d’une scansion. De mots précipités. Enchaînés. Peu de respiration. Un rythme rapide. « Rafale : coup de vent soudain ». Le cnrtl précise : « Augmentation soudaine et momentanée de la force d’un vent; coup de vent violent et de peu de durée. » À quoi ressemblerait un parlé rafale ? Des fragments soudains. À quoi jugerait-on l’augmentation de leur force ? La rafale n’existe-t-elle que par contraste avec un vent constant ? « L’augmentation soudaine et momentanée » n’existe que dans un contexte. Un fragment seul ne saurait être une rafale que s’il vient percer un silence ou accélérer un autre rythme. Je laisse mûrir cette intuition. Il reste trop de questions pour la changer déjà en projet. Je garde l’idée comme on garde un poussin égaré. En le cajolant, en lui donnant de la chaleur et de la tendresse pour le voir s’épanouir, peut-être.