Catégorie : Statut

  • Sas printanier

    Couché à 2h. Levé à 10h.

    Bien avancé hier mais trop de distractions avant de m’y mettre.

    J’ai rêvé d’un cadeau pour Anja, qui fonctionnait et que je pouvais réutiliser. À mon réveil, pas moyen de m’en souvenir.

    C’est terrible cette sensation d’avoir trouvé une solution à un problème… de se souvenir qu’on a eu le sentiment d’une résolution mais pas du chemin de cette résolution.

    Et puis les fois où je me souviens du contenu de mes rêves, la solution qui semblait tellement évidente dans le rêve ne résiste pas à l’analyse éveillée.

    De doux parfums m’accueillent ce matin. Sucrés.

    Dernier jour de vacances. Journée volatile.

    Dès ce soir, je ferme les écoutilles de mon sous-marin et je produis, je produis, je produis, je produis.

    Mon équilibre est moins quotidien qu’il n’set annuel. D’intenses périodes d’activité suivies d’intenses périodes de détente.

    Je rêve d’un rythme plus étalé. De périodes de plusieurs années d’intense productivité suivies de plusieurs années d’intense improductivité.

    Comme un champ en jachère.

    Dans mes oreilles : Alchemy of Happiness sur brain.fm

    Dans mon cerveau : Le projet Alfred et mon prochain manuel d’écriture. Et cette question : quelle est ma prochaine offre ?

    Ce que je repousse : compiler les textes que j’ai écrits pour Rocambole/Doors dans un livre papier, pour mes archives personnelles.

    Ce à quoi je réfléchis : les relations parasociales qui naissent lorsqu’on a une vie publique, même à petite échelle. Steven King a écrit un roman à ce sujet — même s’il affirme que c’est un livre sur son addiction à la cocaïne (note le sujet et le thème d’un livre sont deux choses distinctes).

  • C’est dans la tête

    Ce « matin », je surprends une conversation derrière mes volets clos.

    « Tu montes une sci, tu les mets en nu-propriété, c’est très simple. C’est dans la tête [que ça bloque]. »

    « C’est dans la tête ».

    À la salle, quand tu en es à la onzième rep de ta dernière série, c’est dans la tête que tu trouves la force de continuer.

    À minuit, si tu regardes un film au lieu d’écrire, c’est que tu as abdiqué « dans la tête ».

    Le regard que tu poses sur le monde, l’idée que tu te fais de toi, les actions qui découlent de cette idée et ce que tu fais des résultats qui découlent de ces actions.

    « Dans la tête ».

    Suit une série de citations d’Enter the Dragon.

    « There is no opponent because the word « I » does not exist. »

    « What is the highest technique you hope to achieve ? — To have no technique »

    « A martial artist has to take responsibility for himself and to accept the consequences of his own doing. »

    Ce matin, je lis Triste vie, de Chi Li, un bon exemple de cette idée de « dans la tête ». Une journée dans la vie d’un jeune père de famille dans la Chine post maoiste. Sa journée rythmée moins par les événements qui la composent que par les pensées qui l’accablent ou élèvent son état d’esprit.

    « C’est dans la tête » résonne comme un mantra. Une extension de l’allégorie du cheval perdu. Un encouragement à garder la tête libre et l’esprit aiguisé.

    Même si ce n’est pas pour monter une SCI mais pour écrire un livre.

    Dehors : beau fixe et pollens.

  • Tiraillements professionnels

    Tiraillements professionnels

    Auteur, c’est tordre le langage (Palahniuk parle de brûler le langage).

    Alors quand un éditeur (ici dans l’acception de la personne qui accompagne la création du texte (editor), pas le fabricant/vendeur de l’objet (publisher)) obéit à une vision trop étriquée de la grammaire. Lorsqu’il cherche un langage grammaticalement juste, lorsqu’il utilise Antidote pour l’accompagner dans sa lecture, il nuit activement à la qualité littéraire du texte.

    On a d’un côté un Djian qui dit : la ponctuation est une faiblesse, le texte doit être assez clair pour que le lecteur pige si on a une phrase interrogative sans que la phrase ait besoin de s’appuyer sur la béquille du point d’interrogation.

    De l’autre, WORD évalue maintenant le niveau grammatical de votre texte.

    On a d’un côté les « IA » (pour faire simple) qui brassent l’existant, plagient, répètent des formules éculées, parce qu’elles sont programmées comme ça.

    De l’autre des auteurs qui cherchent à briser les moules, à inventer des formes et des contenus qui parlent de la capacité de l’humain à parler du monde et de son expérience de son époque d’une façon inédite.

    D’un côté une nécessité d’écrire des choses facilement reconnaissables, parce que faciles à marketer et à vendre.

    De l’autre la nécessité de construire sa marque et son identité, d’affiner sa voix.

    ***

    Couché à 4h. Aujourd’hui, levé peu avant midi.

    Pas commencé à bosser avant tard, avec la brume de la fatigue d’une nuit en dentelle.

    Dans mes oreilles l’album Résilience, de Zaho. J’aime toujours autant l’univers de cette artiste. J’ai mis trois mois à écouter son album, parce que je n’étais pas dans le bon état d’esprit mais maintenant je suis là, dispo. Et c’est délicieux.

    Lecture : j’ai trouvé plein de livres des éditions Piquier abandonnés sur un rebord de fenêtre. J’en ai pris plusieurs que j’ai hâte de lire. Pourquoi j’aime autant la culture asiatique, c’est mystérieux.

    Sur le pont aujourd’hui : Réécriture 11 à 15 du projet Alfred.

    Demain : Podcast et commentaire des textes produits pour l’atelier personnages.

  • Comme Frankenstein

    Comme Frankenstein

    Réveil tardif. Beaucoup de rêves cette nuit. Des choses qui s’agencent, peut-être, en arrière-plan de ma conscience. Sans contrainte horaire (ce sont les vacances) mais avec des contraintes relationnelles (ce sont les vacances), je négocie mon absorption dans le texte.
    Quelque chose me chatouille depuis le début de ce projet : tracer un modèle 3D du décor, qui doit jouer un rôle central dans la construction et qui est loin d’être simple.
    Mais je n’ai pas la compétence et pas le temps de l’acquérir.
    Et les logiciels que je trouve ne m’offrent pas une solution simple.

    De toute façon, c’est sans doute une fausse bonne idée.

    Le genre qui donne l’impression d’être utile mais qui sert surtout à esquiver la partie difficile du travail, cette partie nécessaire et incertaine qui consiste à plonger les mains dans les viscères de l’histoire pour s’assurer que tout soit en place.

    On a un peu l’impression d’être le docteur Frankenstein dans ces moments.

    Dépeçant, électrifiant, pris d’une sorte de frénésie à mesure que les succès l’emportent sur les échecs, la création prend forme et s’agite des soubresauts d’une vie qui lui faisait défaut. Le texte prend du souffle.

    Sur une autre note, j’ai basculé mon téléphone en noir et blanc cette nuit après avoir lu que cela limitait le côté addictif de l’appareil. Pas sûr que ça change grand chose, je ne m’en sers déjà quasiment pas. Mais cela me réjouit et me donne l’illusion d’un nouvel appareil.

    Dehors : où nous irons jouer au soleil cet après-midi.

    À lire : les textes que je dois reprendre.

    En écoute : le silence de midi.

    Next step : me faire un thé et couper l’internet.

  • Le soleil réchauffe la peau mais quand il souffle, le vent nous glace

    Samedi après-midi en centre-ville pour retrouver des amis. Le bruit et la masse de gens m’épuisent. Je n’ai plus autant le goût des foules… si tant est que je l’aie jamais eu. L’attention d’une interaction sociale prolongée m’épuise. Déjà mardi, avec Isabelle, sur la fin, je me sentais partir. Plus souvent absent de la conversation, plus divaguant. La faute à la vie de reclus que je mène depuis trois ans, par choix et par goût.

    C’était bon, malgré la fatigue, ce moment.

    Je réécoute The Cure.

    Ces temps-ci se partagent entre Alfred, le mastermind et l’impression d’être à côté de mes pompes. Les heures passent et mon humeur joue au yoyo.

    En lecture : Le lit défait

    Je n’ai pas d’amis, disait-elle à Édouard qui s’en étonnait. Je n’ai jamais eu envie d’avoir des amis, ni le temps. J’ai mon métier et mes amants. Cela me suffit amplement.

    Dehors, le printemps est bien là. Le soleil réchauffe la peau mais quand il souffle, le vent nous glace.

    À écrire aujourd’hui : réécriture des chap 5 à 10 d’Alfred.