













![[1pàlf] Donner sens au monde](https://anaelverdier.com/wp-content/uploads/2pLNQXSvbUzm644ksmeBY3.jpg)
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* cliquez ici si vous préférez lire ce message dans votre navigateur * * Transférez ce mail avec les auteurs de votre entourage et offrez-moi un café | On vous a transmis cet email : inscrivez-vous pour recevoir les suivants * Nous écrivons pour faire sens du monde et poser notre attention sur ces moments de nos vies qui sont les plus chargés de sens : … un rêve, … un morceau de notre imaginaire, … une rencontre réconfortante, … un moment pendant lequel nous échappons à la course inéluctable du quotidien, … un personnage qui nous intrigue ou nous attire, que nous voudrions être ou qui nous permet d’explorer des parts secrètes de nous-même. Nous écrivons pour suspendre le temps. Nous écrivons par besoin, parce que notre équilibre émotionnel et mental en dépend. Nous chargeons parfois notre écriture d’espoirs qui la dépassent : être publié, pouvoir ne faire qu’écrire. Écrire, cependant, ne saurait se substituer à la vie. Il nous faut d’abord vivre pour ressentir, pour avoir quelque chose à explorer. Ce peut-être le frisson causé par l’air du matin ou une plongée dans une faille que nous entre-apercevons dans les sous-sols de notre psyché. Nous vivons d’abord, puis cela se change en images et en sensations sur lesquelles nous n’arrivons pas toujours à mettre des mots ou du sens. Écrire nous permet alors de tracer des contours plus précis à notre expérience et d’aller voir au-delà de ce que le réel nous a permis. Certaines personnes y voient une fuite. J’y vois au contraire un engagement, une manière de refuser les distractions et les injonctions à faire plus, à produire plus, à courir plus, à s’enivrer plus. J’y vois un acte de résistance et de rébellion qui consiste à dire : je ralentis. Je prends le temps de laisser émerger de la conscience sans avoir besoin d’en faire quelque chose, juste raconter. Alors la magie des histoires peut opérer, cette magie qui charge de sous-texte une trame simple, lisible. Cette magie qui raconte l’universel sous-couvert de parler du singulier. C’est pour cela que j’écris. Et vous ? **** Quand vous serez prêt à travailler avec moi…
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Dans la guerre culturelle, la persévérance de la source discrète, souterraine, silencieuse, cette persévérance nourrit les fleuves qui, bientôt, inonderont les berges faussement solides des idées arrêtées et des concepts à la mode.
Juste parce que nous n’avons pas encore gagné, cela ne signifie pas que nous ayons été défaits. Regardez la « revanche des geeks », ces tempéraments qualifiés de losers pendant des décennies et qui, aujourd’hui, dirigent le monde avec un esprit revanchard aussi peu sexy qu’il est légitime.
Nous tenons quelque chose de vrai et fragile, voyons si nous pouvons continuer à le tenir dans la durée
Ne pas encore avoir gagné, c’est quand notre voix est minoritaire, quand nos idéaux sont ridiculisés, réduits à l’état de fantasme ou réduits à une forme de naïveté. La lutte ne cesse pas. La lutte pour la justesse et l’audace. Pour la révolution paradigmatique qui commence à l’intérieur de soi.
Même dans mon intériorité il m’arrive d’avoir envie de baisser les bras. Il arrive que les voix de la peur et du confort l’emportent, mais chaque bataille qui me voit battre en retraite est un appel à me relever et à me réaffirmer. Loin de la passivité ou de la réactivité d’un monde qui se replie sur lui-même, je veux repousser mes frontières, me défaire des limitent qui cimentent ma psyché et toujours repousser plus loin mon ouverture à la diversité, à la nouveauté, à la curiosité et à l’aventure.
Y compris aujourd’hui. Y compris lorsque je suis épuisé par le trop-plein cognitif et émotionnel. Y compris lorsque je ne vois pas quelle forme tout cela peut prendre. Y compris lorsque j’ai l’impression d’être prisonnier de mes inaboutis.

Impression que ça fait mille ans que je n’ai pas posé de mots. Vraiment posé. Pas dire pour dire, mais laisser jaillir la lave incandescente de la vérité du monde. Le mien. Du moins celui qui me traverse pour se rendre visible. Je ne m’y reconnais pas toujours. Ce n’est pas le propos. Écrire, ce n’est pas m’écrire. C’est me rendre disponible aux flux qui cherchent à s’exprimer à-travers moi.
Mille ans.
Mille ans à pas me sentir bien. Parce que ne pas écrire, c’est laisser moisir à l’intérieur ce qui devrait jaillir. Les mots ne sont pas faits pour être retenus. Rien ne sert de les laisser mûrir.
J’ai quarante ans devant moi à produire sans discontinuer. Les mots qui s’imposent, sans illusion de contrôle. J’arrête de me soucier de l’image qu’ils renvoient de moi. J’arrête de vouloir dominer une vérité qui me dépasse. J’ignore qui je suis. Je ne fais que le découvrir. Et tant pis si je n’aime pas tout ce que je découvre.
Impossible que je laisse comme ça passer mille ans en verrouillant les écoutilles. Tant pis si les circonstances ne sont pas idéales. Tant pis si mes responsabilités assèchent mon temps disponible et si je dois me remplir de café à en faire éclater mes nuits, pour voler une heure de plus à l’agitation.
J’apprends à me recoucher le matin.
J’apprends à faire passer le (réellement) plus important en priorité.
Pas le choix. Mille ans à ce régime, c’est insoutenable.
Photo de Dynamic Wang sur Unsplash

« Malheur à qui me frôle, je suis comme je suis. Plaisir à qui me prend. Malheur à qui me prend » (Lavilliers)
Pas de justification pour mes départs. Des fourmis dans les jambes et le ventre qui gronde. Je disparais sans prévenir, sans annoncer si oui ou non je reviendrai. C’est que j’en sais rien et que c’est cette incertitude qui m’habite.
Minuit. Enfin la maison se fait silencieuse. Enfin, la solitude. Je peux. Peut-être. Un peu. Relâcher mon dos. Relâcher mes épaules. Sentir monter les mots qui sont, d’abord, des courants furtifs, incendiaires, explosifs. Les laisser m’envahir en sachant le silence. Le silence durable de l’immobilité domestique. Personne pour surgir derrière moi et épier ma concentration. Pas un mot à filtrer. Pas d’interruption à prévoir. Rien qu’à me laisser envahir, envelopper, emporter.
Ah ben non, tiens. Du mouvement. Des gyrophares. Un couloir éclairé. Je sursaute. Crispé, arraché à mon élan. L’effort qu’il faut pour le retrouver. C’est tellement plus reposant de parler avec les robots. De cliquer sans y penser. De me dire « et si… » « je pourrais… ». J’esquive la souffrance d’être emporté/arraché/emporté/arraché/emporté/arraché/emporté/arraché… mais si j’esquive trop alors je ne crée plus rien. Juste l’ombre d’une idée ou la possibilité d’une œuvre.
Je n’ai pas soif de possibilités mais d’achevés.
Quand j’en ai fini avec mes responsabilités c’est enfin mon tour de recevoir mon attention.
Alors que ça gronde, mes crocs s’aiguisent. Mes grognements montent. Malheur à qui me frôle.
Photo de Forest Plum sur Unsplash
En frottant ma fêlure contre la tienne j’ai découvert un portail vers une caverne intérieure dont je n’ai pas terminé l’exploration.