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Colère. Honte. Indignation. Incompréhension. Comment peut-on afficher un tel cynisme ? S’émouvoir pour le matériel plus que pour l’humain ? Combien faut-il que nos dirigeants soient narcissiques ? Et vers qui se tourne-t-on quand nos institutions défaillent ? Qui alerte-t-on pour faire valoir nos droits fondamentaux, pour défendre et faire prévaloir notre liberté ? Les routes parlementaires encombrées par les calculs électoraux des uns et des autres, étouffées par l’indécence des 49.3 et par la corruption lobbyiste. La police qui n’a plus de mandat de protection du citoyen, qui n’est plus que le bras répressif des banquiers. Je ne suis que furie. Je ne suis que rage. Je ne suis qu’une boule prête à exploser empêchée par le manque et la précarité, empêchée par la nécessité de boucler les fins de mois, de remplir le frigo, d’assurer un semblant de continuité pour mes enfants qui s’apprêtent à entrer dans la vie, dans une société qui leur crache à la gueule son venin, ses gaz, et ses charges muselantes. Mon corps brûle de l’intérieur. Il me faut de conscients et constants efforts pour fabriquer de l’espoir, pour projeter un avenir décent pour les miens. Je n’ai pas été préparé. J’ai grandi dans l’idée que l’infamie appartenait au passé. J’ai grandi sur les ruines du mur de Berlin. J’ai cru voir s’abattre les derniers vestiges de l’obscurantisme en Europe. Ça n’aura pas duré. Ça n’aura été qu’un court moment d’accalmie, une percée dans les nuages de l’Histoire. Les crises s’enchaînent sans nous laisser de répit. Annoncées, elles l’ont été. On ne peut pas faire comme si on n’avait pas été prévenus. Je suis fier de notre jeunesse, fier de leur courage et de leur intelligence. J’ai honte que nous laissions sur eux s’abattre la matraque et pleuvoir les grenades sans répliquer. Parents qui partagez l’indignation, il est temps de nous soulever.

Écrivons à nos députés, écrivons à nos préfets. Exigeons que cesse la répression. Exigeons des moratoires sur la propagande dans les médias.

Rappelons aux fonctionnaires qui ils représentent.

S’il le faut, confisquons l’impôt, puisqu’ils ne comprennent que le langage de l’argent.

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