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Sorti de convalescence pour de bon cette fois, retrouvé un peu de ma profondeur d’être hier, un peu de mon ambition aujourd’hui. C’est comme des systèmes qui se remettent en marche. Inventaire : sur quoi je bosse, déjà ? Un peu de flou, ici, des projets à longue très longue échéance, pas toujours facile de me sentir engagé tant l’issue est lointaine et paraît incertaine. Dans les moments de fatigue, incertain se traduit facilement en découragement. C’est dans ces moments-là que la force de caractère s’impose. Le « mental », dirait un coach sportif. La persévérance, nourrie par un socle solide qui permet la projection en sécurité et avec sérénité. « Ça pourrait ne pas marcher » est le sous-titre de toute entreprise créative. Se lancer dans un projet que personne ne commande ni n’attend, c’est risquer de produire quelque chose dont personne ne veut à part soi (et parfois, même pas soi).

Une partie du plaisir se trouve là, dans l’inconnu, dans l’espace à déchiffrer. La maturité professionnelle voudrait que l’on réunisse des données sur le marché, que l’on tente de proposer quelque chose qui pourrait fonctionner un minimum. Ce n’est pas toujours le cas. Parfois, on le fait pour l’amour de l’art, avec en arrière plan cette idée que l’art impose sa grammaire et ses codes. Souvent, je me demande de quel côté (immaturité ou vision) je me situe. La frontière est peut-être poreuse, moins bien tracée que je n’ai envie de le croire.

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